LE FIL

Canada, Irlande et Suède

Trois marchés d'export et d’avenir pour les vins français

Vendredi 23 octobre 2020 par Alexandre Abellan

Le livre blanc de Business France a été présenté ce 22 octobre par le ministre de l'Agriculture (quatrième à droite).
Le livre blanc de Business France a été présenté ce 22 octobre par le ministre de l'Agriculture (quatrième à droite). - crédit photo : DR
Dévoilant son livre blanc « où exporter en 2021 », l’agence Business France liste les opportunités commerciales à prospecter malgré la crise sanitaire.

« Par ces temps incertains, nous avons chacun et chacune un choix : est-ce que l’on reste inactifs, à subir, ou est-ce qu’au contraire on se met dans une position proactive en essayant de saisir les opportunités qui peuvent exister ? » résume Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture en ouverture de la journée France Export Agroalimentaire organisée ce 22 octobre par Business France.

Présentant son livre blanc de l’export (« Agro, Où Exporter en 2021 ? »), l’agence souligne qu’il existe des opportunités malgré l’exposition des vins français premiums à la crise sanitaire et aux multiples contraintes géopolitiques (taxes Trump, Brexit, repli chinois…). « La crise a eu un effet sur la sensibilisation de consommateurs à la protection de l’environnement et la responsabilité sociale des entreprises. Il est alors important pour les producteurs français de travailler les emballages, l’offre low/no alcool et vins certifiés bio et biodynamique » estiment les experts de Business France. Si le livre blanc liste des marchés à prospecter en général pour les vins français (l’Europe rhénane, la Scandinavie, l’Asie du Nord-Est et les pays anglo-saxons), il détaille trois destinations à fort potentiel.

Marchés d’avenir

A commencer par le Canada (+19 % d’importations de vins depuis 2014), où « les vins blancs, rosés et effervescents sont les secteurs les plus porteurs », alors que « les achats se font davantage en ligne, une tendance accentuée par la crise sanitaire ». Profitant de l’accord de libre-échange CETA, les vins français consolident leur place de fournisseur leader en valeur (23 % de parts de marché).

L’Irlande est également un pays cible selon Business France, même si « la crise Covid-19 impacte fortement le secteur (car 19 % de la consommation de vin se fait sur le Réseau Hors Docimicile) », les importations ont augmenté sur le premier semestre 2020 (+11% en valeur, +27% en volume). Ce qui « peut en partie s'expliquer par des surstockages et la relocalisation de centrales d'achats de grands opérateurs britanniques » indique Business France. En termes de tendances pour le marché irlandais, « si les rouges et les blancs dominent, les rosés, bios, effervescents et les appellations confidentielles progressent ».

Le marché suédois est également prometteur pour Business France, qui indique que « les vins français bénéficient de la grande diversité de l’offre française où cohabitent appellations historiques et une nouvelle génération de vignerons défendant des pratiques respectueuses de l'environnement ». Géré par un monopole d’Etat, Systembolaget, le marché suédois demande de plus en plus de vins bio, biodynamiques et naturels (46 millions de litres vendus en 2019, soit un cinquième des ventes de vins). A noter « un intérêt grandissant pour les vins de Loire, du Jura et de Savoie surtout dans les bars à vins branchés » souligne Business France.

"Chèque relance export"

Dans ce contexte incertain, « le maintien d'actions de promotion sera essentiel pour une bonne reprise » souligne Business France. Pour inciter les opérateurs à se lancer, le ministère de l’Agriculture lance un « Chèque Relance Export ». Comme l’explique Julien Denormandie, « toute entreprise participant à un pavillon Business France sur un salon à l’étranger bénéficiera d’un chèque d’un montant maximal de 2 500 euros. Avec pour les entreprises participant à un Tastin'France un chèque d’un montant maximum de 1 500 €. » Défendant le choix de l’action, le ministre de l’Agriculture ajoutant que « l’un des freins à l’exportation, c’est de prendre pari, qui a un coût. Plus le contexte est incertain, plus le rapport bénéfice sur coût est dans les têtes. »


 

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