LE FIL

Avec prudence

Le vignoble Anjou-Saumur adapte ses rendements

Vendredi 28 août 2020 par Patrick Touchais

Les vendanges sont lancées en Anjou-Saumur où les rendements ont été globalement revus à la baisse.
Les vendanges sont lancées en Anjou-Saumur où les rendements ont été globalement revus à la baisse. - crédit photo : Patrick Touchais
Face à une récolte qu’on annonçait abondante au début de l’été, les responsables des AOC angevines ont voulu maitriser les volumes de l’année en jouant sur le VCI.

Ni trop, ni trop peu. L’exercice délicat de fixation des rendements de l’année en Anjou-Saumur a amené les responsables des appellations à jouer la carte de la prudence.

Toutes les AOC de volume (Cabernet d’Anjou, Saumur Champigny, Crémant de Loire, Saumur Fines Bulles, sauf le Rosé d’Anjou) ont décidé de baisser le rendement 2020 de 5 à 7 hl/ha par rapport au rendement de base inscrit au cahier des charges. Pour compenser, des VCI de 10 à 12 hl/ha ont été demandés et validés par l’Inao.

Ce travail a été orchestré par l’ODG (la Fédération viticole de l’Anjou-Saumur) avec les présidents des appellations concernées, car dans ce vignoble, une même parcelle de cabernet franc, par exemple, peut produire plusieurs appellations.

Pour ceux qui vendent au négoce, les arbitrages se font le plus souvent au revenu-hectare. « On a mené un travail collectif sur ce point pour essayer de rééquilibrer l’attrait vers certaines appellations. C’est pour cela qu’on a demandé le rendement de base en Rosé d’Anjou car on en manque », indique Laurent Ménestreau le président.

Et pour travailler au mieux les niveaux de rendements, les AOC se sont appuyées sur le retour des déclarations d’intention de production (prévision de surface et volume) qu’ont remplies et adressées à l’ODG, 70 % des producteurs angevins. « On a senti une vraie prise de conscience de la nécessité de bien gérer nos volumes cette année », souligne Laurent Ménestreau. L’effet post-covid sans doute…

Incertitudes sur les volumes et les cours

Désormais, deux incertitudes sont dans l’air. La première : quels volumes seront effectivement dans les vignes. On annonçait une année pléthorique, mais la sécheresse et les chaleurs de juillet jusqu’à mi-août ont perturbé la maturité et provoqué un peu de grillure.

Deuxième question : les cours. La crise sanitaire a bouleversé les marchés et les entreprises de négoce, qui pourraient être tentées de tirer un peu les prix. « Au regard de nos stocks, il n’y a aucune raison pour que ça baisse », martèle le président de la Fédération angevine.

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