LE FIL

Le troisième homme

Anthony Brun préside le syndicat des viticulteurs de Cognac

Vendredi 10 juillet 2020 par Alexandre Abellan

A 36 ans, Anthony Brun est bouilleur de cru à façon. Il siège au Comité permanent du BNIC, où il est membre de la commission de développement de l’appellation.
A 36 ans, Anthony Brun est bouilleur de cru à façon. Il siège au Comité permanent du BNIC, où il est membre de la commission de développement de l’appellation. - crédit photo : UGVC (Emilie Chapalain)
N’ayant pas réussi à départager deux candidats à sa présidence, l’UGVC en désigne finalement un troisième, apaisant les tensions entre les tenants d’un développement soutenu du vignoble et ceux craignant un emballement des nouvelles plantations.

Le troisième homme n’est pas un troisième couteau. Viticulteur à Saint-Bonnet-sur-Gironde (Fins Bois), Anthony Brun prend la présidence de l’Union Générale des Viticulteurs pour l’AOC Cognac (UGVC), après un nouveau vote d’un conseil d’administration électif ce 8 juillet. N’ayant pas réussi à départager les deux candidats se présentant la semaine précédente, Nicolas Baudry (Fins Bois) et l’annoncé Stéphane Roy (Petite et Grande Champagne), les 54 administrateurs du syndicat viticole charentais ont réussi à trancher après le retrait des deux impétrants, remplacés par le candidat initialement attendu.

Secrétaire général pendant les trois années de mandat du précédent président de l’UGVC, Christophe Véral, Anthony Brun était le candidat naturel à sa succession. N’ayant d’abord pas souhaité se présenter suite à un drame familial, la perte de son père, le viticulteur a permis au syndicalisme charentais de s’apaiser. L’incontournable débat sur le rythme des nouvelles plantations n’étant jamais loin, d’autant plus que la mise à jour du Business Plan approche, avec l’élection en novembre prochain du nouveau président de l’interprofession (Christophe Véral est le candidat officiel de la viticulture).

"Curseur dans la vitesse de développement"

« Aujourd’hui nous faisons des projections pour prendre des décisions nécessaires, mais nous avons conscience que personne ne sait ce qu’il va se passer [avec la pandémie de coronavirus] » souligne Anthony Brun, mettant l’accent sur les possibilités de mise à jour du Business Plan selon les tendances de marché. Entre les deux candidatures ayant fait dérailler l’élection de l’UGVC, « c’est une question de curseur dans la vitesse de développement de la filière » résume Stéphane Roy, notant que « le positif dans tout ça, c’est qu’il y a un débat dans l’UGVC. Si les viticulteurs ne sont pas contents, qu’ils adhérent pour faire changer la politique du syndicat. L’important, c’est le compromis. On a trouvé une solution, il va falloir avancer. »

« Il n’y avait de désaccord de fond, mais de forme » pondère Anthony Brun, qui connaît bien Nicolas Baudry et Stéphane Roy pour les côtoyer depuis des années au sein des instances (avec le premier il travaillait sur le développement de l’AOC, le deuxième était son secrétaire général adjoint). « Le Business Plan dans sa globalité n’est pas remis en cause. Il y a un besoin de le partager entre nous et auprès des viticulteurs. Il n’y a pas de désaccord. Nous avons besoin d’assurer un maximum de transparence » souligne l’exploitant (25 hectares de vignes, 100 hectares de céréales et 4 hectares de kiwis).

Nouveaux services

Ouvrant une réflexion sur la mise en place de meilleurs outils de transfert de l’information, du cœur du réacteur qu’est le Business Plan aux autres décisionnaires de l’UGVC, Anthony Brun souhaite également accentuer l’offre de services proposés par le syndicat viticole. Un développement incarné par Cyril de Héricourt, le nouveau directeur général de l’UGVC, qui indique étudier des offres de service de paie, d’achats mutualisés… Voire de prise en charge d’aide à la certification Haute Valeur Environnementale adaptée au vignoble cognaçais, et actuellement gérée par l’interprofession.

Au-delà de la certification HVE, la transition écologique sera l’autre sujet central du mandat d’Anthony Brun. « Les viticulteurs subissent des changements de réglementation jusqu’au-boutiste » regrette le viticulteur, notant la prochaine signature d’une charte riverains commune aux départements de Charente et de Charente-Maritime. « L’enjeu est d’anticiper contraintes, sur les traitements phytos, mais aussi les émissions de gaz à effet de serre des distilleries » renchérit Stéphane Roy. Continuant de suivre les travaux interprofessionnels sur le Business Plan pour l’UGVC, le viticulteur rappelle qu’« au final, on juge sur les résultats. La politique de développement de ces dernières années n’a pas fait prendre de risque à la viticulture, mais l’a sécurisée. »

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