LE FIL

Avec Jean-Jacques Dubourdieu et David Bolzan

Une co-présidence de solution pour les vins de Sauternes et Barsac

Jeudi 09 juillet 2020 par Alexandre Abellan

« Ma candidature était motivée par mon ancrage familial. Je crois en Sauterne même si c’est plus dur qu’ailleurs. Il y a un gros potentiel et de gros atouts » pose Jean-Jacques Dubourdieu. « Le Sauternes est le vin le plus émotionnel du monde. Ce sont des vins de lumière qu’il faut exposer » estime David Bolzan.
« Ma candidature était motivée par mon ancrage familial. Je crois en Sauterne même si c’est plus dur qu’ailleurs. Il y a un gros potentiel et de gros atouts » pose Jean-Jacques Dubourdieu. « Le Sauternes est le vin le plus émotionnel du monde. Ce sont des vins de lumière qu’il faut exposer » estime David Bolzan. - crédit photo : DR
Le syndicat viticole va être présidé par deux promoteurs de la modernisation de la consommation des vins liquoreux. A leur sens, l’œnotourisme est le moyen de promouvoir un positionnement sur l’apéritif.

« C’était notre condition sine qua non : mettre en place une co-présidence. Nous nous connaissons et nous sommes motivés par la destinée de l’AOC, mais nous sommes occupés par nos structures respectives » explique Jean-Jacques Dubourdieu, le nouveau président du syndicat viticole de Sauternes et Barsac. « Être deux permet de tisser une toile plus large et plus rapidement. Notre idée est de consacrer autant de temps à la production qu’à la commercialisation » renchérit David Bolzan, son co-président. Tous deux à la tête de grands crus classés (le premier à Barsac et le second à Sauternes), ils ont monté une candidature double pour présider l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) et prendre la suite de Xavier Planty, qui n’a pas souhaité se présenter (après deux mandats et sa retraite du château Guiraud).

Les statuts du syndicat viticole ne permettant pas une co-présidence, une assemblée générale extraordinaire doit se tenir en septembre pour changer les statuts dans ce sens. En attendant cette actualisation administrative et le recrutement d’un directeur d’ODG, les deux élus affichent leur complémentarité et leur sérénité. S’adressant à tous les producteurs de liquoreux (cave coopérative, caves particulières et grands crus classés), le duo affirme dans une profession de foi « l’esprit de conciliation animé par l’action » résume David Bolzan, le directeur du château Lafaurie-Peyraguey (premier grand cru classé en 1855).

Pôle œnotouristique

Tranchant avec la morosité bordelaise ambiante, leur feuille de route suit une approche positive : Sauternes a pris du retard en ne modernisant pas ses instants de consommation, il ne reste qu’à rattraper le temps perdu. « On ne cache pas les difficultés, mais on a certain nombre d’atouts » souligne Jean-Jacques Dubourdieu, à la tête de Denis Dubourdieu Domaines (135 ha). Pilotant trois propriétés sur Barsac (les châteaux Doisy-Daëne, Doisy Broca et Cantegril à Barsac), le président de l’ODG estime que le principal axe de développement est « l’œnotourisme. On sent qu’il y a quelque chose à faire. Il y a déjà des projets ambitieux qui marchent, c’est tangible. »

Pour soutenir cette tendance, le syndicat viticole envisage la création d’un pôle œnotouristique, « une cité du vin dans le Sauternais », reliant le port de Barsac à la place de Sauternes. En parallèle, le projet d’inscription à l’UNESCO est toujours conduit avec le département, mais concernerait la hétraie du Ciron et pas directement le vignoble.

"Boire à l’apéritif ou en cocktail"

Cette approche œnotouristique doit donner un coup d’accélérateur pour le repositionnement commercial des vins de Sauternes. « Ce n’est pas une crise de la consommation, mais de l’innovation. Le Sauternes peut se boire à l’apéritif ou en cocktail : on va travailler sur le moment de consommation Il s’agit d’innovation pour changer la perception » explique David Bolzan, défendant un profil de vin moderne.

Techniquement, l’ODG doit promouvoir des pratiques viticoles durables. « Le volet environnemental est un axe fort face attentes sociétales » reconnaît Jean-Jacques Dubourdieu, qui évoque un objectif de verdir l’AOC « de manière douce, mais certaine ». Avec 1 800 hectares de vignes (soit 2 % du vignoble de Bordeaux), la petite taille de l’AOC doit faciliter la mise en place des changements estime le président d’ODG.

 

 

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