LE FIL

Pour gérer un stock de 15 000 hl

"Pourquoi ne pas créer un marché de rosé de Provence non millésimé ?"

Vendredi 03 juillet 2020 par Laure Lambert

Jean-Jacques Bréban, président du CIVP : 'Ce que les consommateurs français n’apprécient pas, ce sont les variations de prix. Le fait de disposer de ces hectolitres supplémentaires va nous permettre d’avoir un volume stable tous les ans pour éviter ces soubresauts au niveau des prix.'
Jean-Jacques Bréban, président du CIVP : 'Ce que les consommateurs français n’apprécient pas, ce sont les variations de prix. Le fait de disposer de ces hectolitres supplémentaires va nous permettre d’avoir un volume stable tous les ans pour éviter ces soubresauts au niveau des prix.' - crédit photo : DR
D’après les dernières prévisions du CIVP, il devrait rester cette année un stock supplémentaire d’environ 150 000 hectolitres de rosé. Du jamais vu pour des vins qui sont traditionnellement épuisés dès la fin de l’été ! Rencontre avec le président de l’interprofession.

Pour gérer les stocks, vous avez évoqué l’idée de commercialiser des rosés non millésimés. Pensez-vous que les acheteurs soient prêts à boire des rosés de 2019 ?

Je tiens à rappeler qu’il ne s’agira pas d’invendus moins qualitatifs, mais d’un stock prévisionnel qui pourra servir à l’assemblage de rosés gastronomiques. Le millésime n’est ni une obligation ni un signe de qualité. Depuis des années, le Centre du Rosé travaille sur la conservation des rosés. Conserver un rosé dans des conditions optimales, nous savons le faire techniquement. Pourquoi donc ne pas créer un marché non millésimé qui alimentera la grande distribution française ? Ce ne sont pas les consommateurs qu’il va falloir convaincre mais les vignerons, car, dès la vendange, ils devront faire le choix de garder un peu de stock de côté.

Faut-il envisager une baisse des prix des rosés pour relancer le marché français ?

Ce que les consommateurs français n’apprécient pas, ce sont les variations de prix. Le fait de disposer de ces hectolitres supplémentaires va nous permettre d’avoir un volume stable tous les ans pour éviter ces soubresauts au niveau des prix. Les rosés ne sont pas tous les mêmes, il y a différentes appellations à des prix différents. A nous de recréer du lien avec les acheteurs, en proposant des dégustations dans les grandes surfaces de ces rosés gastronomiques.

Le marché des rosés peut-il connaître des difficultés identiques à celui de la Champagne ?

Non. Les vins de Champagne ont été lourdement impactés par la crise car ils sont associés à un produit de fête, et pendant le confinement, leur consommation a fatalement reculé. Les rosés, eux, ont continué de progresser. Nous ne sommes donc pas sur le même marché. Le rosé de Provence est une belle réussite, c’est un joli produit avec un impact marketing fort, donc il faut poursuivre ce positionnement premium que nous avons adopté depuis le début.

Une appli pour renouer avec les consommateurs

Pour soutenir l’œnotourisme, le CIVP lance cet été « Destinations Vins de Provence », une appli téléchargeable gratuitement à partir du 8 juillet. Développée par l’agence varoise Declik, en partenariat avec les organismes locaux du tourisme, elle doit permettre de fédérer autour des professionnels du vin les touristes et les locaux. L’idée ? Les inciter à se rendre, en échange de lots à gagner (week-ends en Provence, bons d’achats…), dans l’un des 250 caveaux, 50 caves et 100 restaurants actuellement référencés.

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craoux Le 07 juillet 2020 à 10:21:02
Seul un négociant peut imaginer un scénario "rosé de Provence sans millésime" ! Je m'explique : il y a (au moins) deux atouts à la réussite de Listel (IGP Sable de Camargue - rosé non millésimé) > 1/ Listel a la totale maîtrise qualitative "amont" de SON vignoble et 2/ Listel a la totale maîtrise du process de vinification (technologie mise en œuvre notamment). Dans ces conditions, la proposition historique de commercialiser un vint rosé à la "qualité" standard s'est avérée être une stratégie réalisable. De plus, son prix raisonnable en a fait un produit accessible, sans prise de tête. Dans le cas des 3 AOP "rosé" sud-est, comment pourrait être mise en place une offre cohérente et homogène SANS millésime (qualité standard > couleur, acidité, sucres résiduels, ... ?) en l'une ou l'autre de ces 3 AOP majeures (CDP, Ctx Aix, Ctx Varois en Pce) alors que le premier écueil pour l'opérateur "aval" serait de trouver, voire de s'assurer l'appro des lots en "amont" pour tenter, ensuite, d'assembler diverses origines qualitatives de manière cohérente. Et quid en terme marketing ? .. chaque opérateur concevrait SON étiquette ? ... l'offre serait multiforme (flacon, étiquette, caractéristiques du produit ) ? ... et qui coordonnerait cette réflexion (le CIVP ?) pour aboutir à un produit essentiellement manipulé par le négoce (ça semble évident) ? ... Est-ce viable une telle idée ? .. d'autant que le millésime reste un élément majeur de la carte d'identité de ces 3 grands rosés ...
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