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Bilan Covid-19
Bourgogne, "la région viticole qui souffrirait le moins"

La situation de la filière bourguignonne n'est pas critique en matière de volumes de vins invendus. Aidés par la bonne santé financière du BIVB, les responsables interprofessionnels dressent un bilan de la crise moins catastrophique qu'ailleurs.
Par Juliette Cassagnes Le 30 juin 2020
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Bourgogne,
Au pupitre, Louis-Fabrice Latour, actuel président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne - crédit photo : J Cassagnes
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i l'on en croit les mots du président de l'interprofession, Louis-Fabrice Latour, la Bourgogne viticole « ne s'en sort pas trop mal » jusqu'à maintenant. Et serait même « la région viticole qui souffrirait le moins ». En comparaison notamment de l'Alsace, de Bordeaux ou de la Champagne.

Les chiffres ont été présentés lors de l'assemblée générale du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB), ce lundi 29 juin 2020. L'export résiste plutôt bien sur la période de crise sanitaire, avec une baisse en valeur des exportations de 8 % en avril et de 12 % en mai. En France, la situation est moins bonne, avec une baisse de -25 à -30 % de l'activité environ. « On devrait finir l'année à -15 ou -20% en valeur » estime le responsable professionnel.

On s'en sort de façon décente

Pour le Crémant de Bourgogne, la chute est plus marquée, avec presque -40 % pour les ventes en grande distribution française sur mars-avril, et -7 % pour l'export. « Mai est dans la même lignée, mais on sent un redémarrage sur juin », a indiqué Edouard Cassanet, directeur de l'Union Des Producteurs Et Elaborateurs De Crémant de Bourgogne (UPECB).

« C'est un retrait, mais un retrait décent » a finalement résumé Louis-Fabrice Latour, à propos de l'activité enregistrée pendant la crise sanitaire. Pour autant, on ne crie pas encore victoire n Bourgogne : la situation post-confinement reste compliquée, avec notamment le secteur traditionnel à l'international qui n'a encore pas redémarré et la situation aux Etats-Unis, marché clé, toujours aussi peu porteuse. Les délais de reprise réelle de l'activité sont par ailleurs encore très flous : « on craint une crise longue, qui se prolonge sur 2021, voire même 2022 », a t-il poursuivi.

Deux mois de stocks

Les invendus de l'année vont donc s'ajouter aux stocks existants, amenant leur niveau à l'équivalent de deux ans de commercialisation. Mais selon ce dernier, « Il n'y a pas de stock excessif ». Comptant par ailleurs sur un futur recours possible aux outils de régulation existants (Volume Complémentaire Individuel pour les blancs, limitation des rendements, et réserve interprofessionnelle pour les crémants), la filière a décidé de ne pas faire appel à la distillation de crise.

S'agissant de Chablis, Louis Moreau, président de la commission au BIVB, s'est montré moins serein : « avec 24 mois de stocks à Chablis, il va falloir mieux piloter la production, sinon, on court droit à la catastrophe , a t-il expliqué. Celui-ci a évoqué la notion de réserve interprofessionnelle, à l'image de ce qu'a fait l'UPECB il y a 11 ans.

Les sorties de chais à la propriété enregistrent quant à elles des diminutions de -38 % en mars et avril, et -22% en mai. Compte-tenu de ces éléments, le BIVB a revu à la baisse ses prévisions annuelles, en les faisant passer de 1,45 à 1,285 million hl, ainsi que celles du résultat prévisionnel 2019-2020, qui devrait être déficitaire de 800 000€. «C'est la moitié de l'excédent dégagé sur l'exercice 2018-2019, qui était de 1,6 million d'euros, grâce à la très bonne récolte 2018 » a tenu à rassurer Jérôme Vincent, élu au BIVB.

Une Bourgogne forte

Malgré cet avenir très incertain, et un résultat déficitaire, la décision a été prise de maintenir les budgets consacrés aux différentes actions de développement, de promotion, et techniques, pour l'exercice prochain. 728 000€ vont devoir être pris sur les réserves pour atteindre l'équilibre. « Le maintien des budgets permettra des actions fortes; pour le moment, nous croyons en l'avenir, a justifié Louis-Fabrice Latour. C'est important pour envoyer le signal d'une Bourgogne forte. Et nous reverrons à l'automne le budget si besoin, en cas de nouvelle crise ».

L'interprofession travaille par ailleurs à trouver de nouvelles solutions financières en lien avec les banques, pour aider les entreprises à « passer le cap plus facilement ». « Nous sommes conscients que la situation va être compliquée pour certaines entreprises », a précisé Manöel Bouchet, élu au BIVB.

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