LE FIL

Couper la poire en deux

La production alsacienne trouve un compromis sur le rendement

Vendredi 10 janvier 2020 par Christophe Reibel

Le compromis prévoit donc une proposition de rendement d’exploitation 2020 à 75 hl/ha en appellation Alsace, 5 hl/ha de moins que les 80 hl défendus par la Fédération des caves vinicoles, 5 hl/ha de plus que les 70 hl retenu par le Syndicat des vignerons indépendants (Synvira).
Le compromis prévoit donc une proposition de rendement d’exploitation 2020 à 75 hl/ha en appellation Alsace, 5 hl/ha de moins que les 80 hl défendus par la Fédération des caves vinicoles, 5 hl/ha de plus que les 70 hl retenu par le Syndicat des vignerons indépendants (Synvira). - crédit photo : OliBac
Les vives tensions suscitées par la fixation du rendement 2019 ont motivé l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava) à reprendre le dossier dès janvier 2020. Une baisse est proposée en appellation Alsace.

Le conseil d’administration de l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava) a discuté plus de quatre heures avant de trouver un consensus entre tous les acteurs de la production. Il repose sur le principe d’un rendement modulé (à la baisse ou à la hausse) en fonction du stock et de la commercialisation. Même si le rythme de ventes sur douze mois est remonté de son point bas de 910 000 hl en 2018 à 932 000 hl actuellement, les récoltes de 2018 (1 180 568 hl) et de 2019 (1 028 000 hl) laissent un surplus encore confortable. Le compromis prévoit donc une proposition de rendement d'exploitation 2020 à 75 hl/ha en appellation Alsace, 5 hl/ha de moins que les 80 hl défendus par la Fédération des caves vinicoles, 5 hl/ha de plus que les 70 hl retenus par le Syndicat des vignerons indépendants (Synvira). Une attention particulière a été portée au gewurztraminer et au pinot gris, les deux cépages estimés en surstock par les calculs effectués séparément par l’Ava d’une part, la Fédération des caves vinicoles d’autre part. En 2020, leur rendement est ramené à 70 hl/ha, 5 hl/ha pouvant être récoltés en VCI. « Chacun a fait un effort. La production est unanime sur ces décisions » confie Jérôme Bauer, président de l’Ava, sans cacher son « soulagement ».

Réfléchir au long terme

Ce 10 janvier, le négoce qui préconisait les 70 hl/ha devait encore approuver les bases de l’accord qui sera également au cœur de la Saint-Vincent qui réunit le 23 janvier les présidents des syndicats viticoles. Le calendrier prévoit ensuite un vote à l’assemblée générale de mi-mars de l’Ava et, en cas d’issue favorable, un autre vote des membres du CRINAO. Mais « agir sur le seul rendement ne règle rien sur le long terme. Car moins on produira, moins on vendra » analyse Jérôme Bauer pour qui il est urgent que la profession s’interroge sur son avenir en se posant des questions comme : ses vins sont-ils encore en phase avec le marché ? Souhaitent-ils vendre dans une plage de prix 4 à 6 € (en produisant plus) ou de 8 à 10 € (en produisant moins) ? Faut-il innover en allant vers des bi ou des tricépages ? Autant de débats qui devront être tranchés par la profession dans le cadre de sa réflexion Alsace 2030.

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