LE FIL

2019 dans le rétroviseur

L'année où la Romanée Conti a perdu son titre de vin le plus cher au monde

Mardi 24 décembre 2019 par Alexandre Abellan

« Si je faisais la même chose avec une bouteille vendue 50 à 100 € on me trouverait sympa et génial. Mais mes coûts de production sont bien supérieurs » rétorque inlassablement Loïc Pasquet à tous ses, nombreux, détracteurs.
« Si je faisais la même chose avec une bouteille vendue 50 à 100 € on me trouverait sympa et génial. Mais mes coûts de production sont bien supérieurs » rétorque inlassablement Loïc Pasquet à tous ses, nombreux, détracteurs. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Le vin le plus cher au monde n’est plus bourguignon, mais bordelais. Avec son premier vin franc de pied, le domaine des Graves réalise son objectif d’afficher un prix plus élevé que le mythique DRC.

Plus qu'une augmentation, c'est un bond tarifaire qui estomaque la filière vin, entre fascination et suspicion. Lancé à 30 000 euros la bouteille, le millésime 2015 de Liber Pater multiplie par sept les précédents tarifs de la propriété bordelaise. Devenu le vin le plus cher de Bordeaux l’an dernier, Liber Pater est désormais la bouteille de vin la plus chère au monde, d’après les statistiques de mises en marché collectées par le site Wine Searcher. Le vin des Graves surpassant les prix du domaine de la Romanée Conti* plus rapidement qu’annoncé.

« Mes rendements ont été divisés par cinq, je n’ai produit que 500 bouteilles et n’en commercialise que 240 pour l’instant. Les demandes sont importantes et les prix sont chers. On élève le vin au rang d’œuvre d’art » estime Loïc Pasquet, qui a fondé le domaine Liber Pater en 2006 (7 hectares de vigne à Landiras). Proposant sa première cuvée 100 % francs de pieds, le vigneron se positionne dans les vins d’exception, dans la lignée de la bouteille de Romanée Conti 1945 de vignes originelles françaises non reconstituées adjugée au prix record de 484 000 € en octobre dernier.

Goût des vins fins

Avec ce positionnement fort, Loïc Pasquet affirme sa « vocation à être de plus en plus exclusif. Je suis le seul à donner accès aux vins de Bordeaux d’avant la crise phylloxérique. » Martelant sa promesse de retrouver le goût des vins fins qui ont fait la réputation des grands crus bordelais, le vigneron vise une clientèle fortunée à la recherche d’une expérience dont le prix se veut à la hauteur de l’unicité.

"Offre et demande"

Quand au rapport qualité prix, « le débat est sans fin. C’est juste une question d’offre et de demande. Si des gens l’achètent, c’est leur choix » désamorce Fabrice Bernard, le président du site de vente en ligne Millésima, qui propose des bouteilles de Liber Pater. Le négociant ne référencera cependant pas ce millésime 2015, estimant ne pas avoir la clientèle pour un tel positionnement. Mais Millésime confirme avoir eu des clients américains, asiatiques et russes lui achetant Liber Pater à 4 300 € TTC. « Le vin est bon, son prix est possible grâce à de très faibles volumes » souligne Fabrice Bernard.

 

* : Le millésime 2015 du monopole du domaine de la Romanée Conti se commercialise 21 655 euros en moyenne d’après les statistiques de Wine Searcher.

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Oenophil Le 07 janvier 2020 à 02:29:59
Petite question : quand ont été plantées ces vignes franches de pieds ? A priori, si tout le monde plante des vignes greffées, ce n'est pas par haine du bon vin, mais parce que les vignes franches de pieds meurent au bout de 5 à 10 ans, le phyloxera étant toujours bien là. Elles ne deviennent jamais vieilles. Or tous les vignerons ont constaté que les jeunes vignes ne donnent pas de très grands vins, et déclassent les jeunes vignes. La Romanée Conti de 1945 était issues de vignes franches de pieds tricentenaires. C'est plus le tricentenaire qui est important que le franc de pied. Et je ne pense pas qu'il suffise de planter en francs de pieds pour faire bon, il y a eu des millions d'hectolitre de piquette produits avant le phyloxéra. Quand à la compétition de prix avec la Romanée Conti, ce domaine vend ses vins vins bien moins cher, c'est le second marché qui fait monter les prix. Si on regarde wine searcher, un seul marchand au monde le propose (à 32175 €), mais trois critique l'ont goûté, et lui ont donné respectivement 89, 82 et 94 / 100. Pas de quoi fouetter un chat. La Romanée Conti de la même année est notée 20/20, 100/100 et 97/100... Cela me rappelle un producteur Canadien qui faisait un vin vendu à un prix modeste, et a un jour monté son prix à 500.000 $ et fait de la com sur le vin le plus cher du monde. Il en a éffectivement vendu une bouteille. Légende ?? Liber Pater a-t-il vendu une bouteille de son vin ? L'acheteur l'a-t-il bu ? Est-ce le même qui a acheté la banane à 120.000 € et l'a mangée ?
marie moneau Le 06 janvier 2020 à 20:01:47
Quoiqu'il en soit ,toujours pas d'information sur le nombre de bouteilles réellement vendues a 30000 euros Article qui sent le fake(pour relativiser vitisphere n'est pas le seul journal qui en parle)
Fayard Le 06 janvier 2020 à 19:17:15
C'est un vrai gag !lors de la présentation du fameux vin il y avait tout un aréopage de savants complices qui aujourd'hui doivent être très discrets suite aux révélations concernant le vin et le vigneron en question!
Jihème Le 06 janvier 2020 à 14:49:57
Reste à savoir dans tout ça si l'on fait du vin pour donner du plaisir à boire tout en gagnant honorablement sa vie avec un produit de qualité, ou si l'on fait du vin pour battre des records de snobisme, de vanité et de prix pour se vouloir réservé à une prétendue élite qui ne l'est que parce qu'elle a des revenus d'un niveau scandaleux et qu'elle ne sait se distinguer que par l'exclusivité qu'elle se donne d'être la seule à pouvoir accéder à certains produits, certains lieux, certaines oeuvres d'art, n" et où le principal est de se mettre et de se montrer "à part". Triste et cynique perspective d'un système auto-entretenu par la spéculation financière. Ou autre version de l'histoire du serpent qui se mord la queue.
Nono Le 06 janvier 2020 à 13:00:26
Ce vin est une blague. Mais le plus drôle est qu'il y ait des clients assez stupides pour l'acheter (peu, on s'en doute), et une presse toujours là pour faire monter la sauce...
Paco Le 06 janvier 2020 à 09:51:07
La cupidité des Hommes n'a pas de limite..........Vous ne parlez plus "vin" mais "argent". Jamais notre monde n'a été si dominé par "l'argent". Et pour se démarquer, des huluberlus (sans argent) prônent le mois sans alcool, nos représentants politiques ne boivent plus, ne s'affichent plus avec un verre, le petit blanc au coin du zinc, qui rassemblait en convivialité toutes les couches sociales a disparu (ou presque..)bref l'avenir du métier de vigneron est gravement en danger, faute de pouvoir écouler sa production au plus grand éventail de la société. Et vous journalistes, vous devriez être les censeurs, vous devriez être pédagogue, vous devriez être à la recherche des Equilibres de notre Société, etc.....mais comme les autres, seul le fric vous intéresse, et pour en faire vous ne savez que jouer sur les fantasmes, les peurs et les folies de quelques-uns.......
rol Le 04 janvier 2020 à 10:11:17
Quel pipeau !!! ce n'est pas avec cette insistance pour ce genre d'article que tout le MAL que nous pensons des journalistes va s'améliorer .....ne mérite pas plus de commentaire !!
marie moneau Le 28 décembre 2019 à 12:11:51
Alors la,c'est du grand journalisme Combien de btls de liber pater a 98% de cabernet sauvignon (bizarre pour un vin fait avec des cépages oubliés) ont elle réellement étaient vendues a 30000 euros? Faire un article sans préciser cette information essentielle est pour le moins très léger pour ne pas dire médiocre A preuve du contraire,c'est bien le romanée conti le vin le plus cher au monde Il serait nécessaire avant de publier ce genre d'article de se renseigner
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