LE FIL

Un mois après

L’affaire Grandeau continue de planer sur les vins de Bordeaux

Jeudi 25 juillet 2019 par Alexandre Abellan

Hervé Grandeau a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende, dont 20 000 € avec sursis pour une fraude estimée à 5 900 hectolitres de vin pour 1,37 millions d’euros de chiffre d’affaires entre 2010 et 2014.
Hervé Grandeau a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende, dont 20 000 € avec sursis pour une fraude estimée à 5 900 hectolitres de vin pour 1,37 millions d’euros de chiffre d’affaires entre 2010 et 2014. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives 2017)
Entre pression médiatique et lettres ouvertes, les suites du procès du vigneron Hervé Grandeau font long feu.

N’ayant pas fait appel de ses condamnations pour « tromperie sur la nature, la qualité substantielle, l’origine » de vins (6 mois de prison et 30 000 € d’amendes ce 27 juin), le vigneron bordelais Hervé Grandeau ne semble avoir qu’une envie : ne plus faire de vague et se faire oublier en ce chaud été. Mais si le président fraîchement réélu de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, et membre de droit du bureau renouvelé du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB), ne répond pas aux sollicitations de la presse, dont Vitisphere, il continue d’alimenter un brûlant feuilleton estival. De la chronique assassine d’Antoine Gerbelle sur la webTV Tellement Soif, au « conflit de canard » décortiqué dans deux éditions successives du Canard Enchaîné, en passant par la « phobie administrative »  subtilement glissée par Jacques Dupont dans Le Point,, la pression médiatique reste forte.

Ciblant un esprit de corps qui refuse de reconnaître la légitimité de contrôles externes, jugés disproportionnés et à charge. Ce refus de la filière bordelaise de se porter partie civile contre l’un de ses élus et de lui tenir rigueur de ses condamnations est même jugé « ambiguë » par le tribunal de Bordeaux, qui a rejeté les constitutions comme parties civiles de la FGVB et du CIVB suite à l’affaire Hervé Grandeau. Inédite, cette décision judiciaire a causé un virulent appel à la démission du président de la FGVB par la Coordination Rurale, et désormais une lettre au ministre de l’Agriculture de la Confédération Paysanne.

"Déroute déontologique"

« Monsieur le Ministre, pensez-vous que [le CIVB], se déclarant collectivement solidaire d'une fraude, puisse être à même de "développer la réputation des vins de Bordeaux" ? Pensez-vous que cette assemblée soit déontologiquement représentative de la viticulture honnête de Bordeaux ? » assène le vigneron Dominique Techer, le porte-parole girondin de la Confédération Paysanne, dans une lettre ouverte envoyée le 19 juillet au ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume. Mettant à profit la prorogation des accords interprofessionnels, le syndicaliste de Pomerol attaque, comme à son habitude, les cotisations volontaires obligatoires, mais en s’appuyant cette fois sur une « déroute déontologique » des institutions bordelaises. Affaire à suivre.

 

Contacté, le CIVB n’a pas souhaité commenter.

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
VOS RÉACTIONS
Dominique Le 29 juillet 2019 à 17:05:46
Apparemment, tout va se passer comme d'habitude. Le ministre de l'agriculture et toutes les autorités vont faire les morts et laisser pourrir les choses. On ne communique pas, avec l'illusion que le temps va cicatriser tout ça. C'est le contraire. La grave mévente ne rend plus acceptable ce sur quoi on fermait les yeux dans les périodes de vaches grasses. L'impunité du petit milieu des responsables viticoles devient insupportable quand plus une palette ne sort des propriétés.
DEBU Le 27 juillet 2019 à 15:05:54
Cette affaire devrait passer aux assises. C'est un véritable assassinat des appellations du bordelais. .
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé