LE FIL

Fédération des Grands Vins de Bordeaux

Réélection sans appel pour Hervé Grandeau [actualisé]

Mardi 02 juillet 2019 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 10/07/2019 11:49:24

La partie en sursis de la condamnation du vigneron Hervé Grandeau ne sera pas appliquée s'il ne commet pas d'infractions dans les cinq ans.La partie en sursis de la condamnation du vigneron Hervé Grandeau ne sera pas appliquée s'il ne commet pas d'infractions dans les cinq ans. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives 2017)
Condamné pour tromperie, le vigneron bordelais est maintenu par ses pairs à la présidence de la Fédération des syndicats viticoles girondins. Il ne se pourvoit pas en appel.

Réunis ce premier juillet, les 28 membres du conseil d’administration de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux (FGVB) ont reconduit Hervé Grandeau à sa présidence, son premier mandat touchant à sa fin. Avec 21 voix pour, 4 abstentions et 3 voix pour des candidats ne s’étant pas présentés à ce poste. Nette, cette réélection à bulletin secret s’appuierait sur un sentiment d’injustice face aux contrôles administratifs et aux condamnations judiciaires essuyés par le vigneron bordelais.

Ce 27 juin, Hervé Grandeau a été condamné à six mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende, dont 20 000 € avec sursis, par le Tribunal de Grande Instance de Bordeaux pour « tromperie sur la nature, la qualité substantielle, l’origine » ainsi que la corruption de 5 900 hectolitres de vins entre 2010 et 2014. Soutenu dès le lendemain, le 28 juin, par l’assemblée générale du syndicat des AOP Bordeaux et Bordeaux Supérieurs (dont il a été le secrétaire et le président), Hervé Grandeau est présenté par une partie du vignoble comme le bouc émissaire d’exigences réglementaires déconnectées des réalités. Ses partisans soulignent qu’il n’a pas mis en danger les consommateurs ou utilisé de vins extérieurs à sa propriété ou au bordelais. Epinglés par la Direccte*, les faits reprochés reposent essentiellement sur un manque de traçabilité, découlant de l’absence de registres.

Contacté, Hervé Grandeau ne souhaite pas commenter pour l'instant.

 

 

* : Dont les inspecteurs reconnaissaient, lors de l'audience du 20 juin, avoir ciblé Hervé Grandeau pour ses mandats d’élu du vignoble, suite à la lecture d'un article de l’Union Girondine de 2011 faisant état de vendanges bordelaises de la Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin à Appellations d'Origine Contrôlées (CNAOC).

Mise à jour du 10 juillet

Expiré ce 8 juillet, le délai d'appel n'a pas été utilisé par Hervé Grandeau, qui ne se pourvoit pas en deuxième instance. Le parquet général peut quant à lui interjeter appel jusqu'au 18 juillet prochain.

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VOS RÉACTIONS
barthe Le 05 juillet 2019 à 15:45:34
je viens de vous mettre en spam, le manque de recul et d honnêteté de votre site est affligeant, vos lecteurs sont des professionnels pour la plus part. vos articles à charge sans connaissance de notre métier est juste hallucinant. @ dishatz
gz33 Le 05 juillet 2019 à 14:53:46
et bien au final, en tant que vigneron à bordeaux, je me demande s'il ne faut pas faire du vin sans IG puisque le Bordeaux ne paie RIEN et qu'en plus on est accablé/plombé de paperasse votée par les/nos élus, mais voulue/imposée par l'inao/dirrecte et douanes et consorts…!!! comment vous dégouter de faire ce métier...y a pas mieux….
Confédération paysanne de Gironde Le 03 juillet 2019 à 23:41:51
La nouvelle de la candidature et de la ré-élection de Hervé Grandeau à la tête de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux nous a plongé dans la plus totale incrédulité. Dans cette affaire Grandeau / FGVB, la Confédération paysanne a eu accès au dossier en tant que partie civile et nous pouvons donc affirmer qu'il ne s'agissait pas de broutilles… Nous nous sommes cependant gardés d'accabler Hervé Grandeau à titre personnel. Le véritable problème pour nous, était constitué par les positions institutionnelles successives qu'il a occupées alors même qu'il était mis en cause par les enquêtes. Comment continuer à représenter l'ensemble des appellations de Bordeaux dans ces conditions ? Admettons même qu'à la veille de l'audience, il n'ait pas eu conscience du problème et n'ait pas démissionné. OK. Mais que derrière cette audience où sa ligne de défense a été enfoncée cent fois, il ose se représenter à la présidence de Fédération des Grands Vins de Bordeaux, et que les administrateurs de la FGVB osent le ré-élire, là c'est vraiment trop, c'est la goutte de vin sans IG qui fait déborder le vase.. Qui a envie qu'une telle représentation, en pleine débâcle commerciale, achève de plomber la réputation de nos appellations ? Rappelons quand même que tout ce petit monde prélève des cotisations obligatoires multiples avec pour mission officielle de développer la réputation des vins de Bordeaux ! La Confédération paysanne appelle donc ces représentants à se dégriser, à retrouver leurs esprits, à reprendre conscience de la mission qui leur incombe normalement, et à éviter d'enfoncer encore Bordeaux, et d'en faire la risée de tout le monde viticole.
craoux Le 02 juillet 2019 à 17:59:02
Je trouve assez lamentable que des producteurs de vins AOP se satisfassent du fait " .. qu’il n’a pas mis en danger les consommateurs ou utilisé de vins extérieurs au bordelais." La traçabilité - qui faisait apparemment défaut (absence de registres) - n'est pas une exigence soudainement sortie du chapeau en 2010 ... Ce n'est pas professionnel. Point. Quant à être maintenu par ses pairs à la présidence de la fédé, c'est surprenant voire ça m'interpelle car je me dis que ces "pairs" ne doivent pas juger bien nécessaire d'exercer ce métier de vigneron avec la rigueur souhaitée. Si un producteur ne souhaite pas qu'on lui impose de règles, il a la possibilité de ne pas produire sous IG.
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