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Les vins issus de cépages résistants ne séduisent pas les vignerons bordelais
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Dégustation
Les vins issus de cépages résistants ne séduisent pas les vignerons bordelais

La Chambre d’Agriculture de la Gironde teste différents itinéraires de vinification de cépages résistants plantés dans le bordelais. Immersion dans une dégustation d’essais à Bourg-Sur-Gironde.
Par Claire Furet-Gavallet Le 15 mars 2019
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Les vins issus de cépages résistants ne séduisent pas les vignerons bordelais
Les vignerons et oenologues-conseils procèdent aux dégustations et à l'évalutation des vins issus de Cal 6.04 lors d'une séance à Bourg-sur-Gironde. - crédit photo : Maud-Isabeau Furet
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nstallés sur vingt tables de dégustation, les vignerons et œnologues-conseil de Bordeaux et de Blaye s’interrogent, comme toute la filière, sur l’avenir de ces cépages résistants mais surtout sur les profils de vins produits. « Comment ces cépages peuvent réagir sur nos différents sols ? » se demande l’un. « Les quelques vins issus de cépages résistants que j’ai pu déguster ne sont quand même pas formidables » dit l’autre. Pour répondre aux interrogations de la filière, et notamment des vignerons bordelais, la Chambre d’Agriculture de la Gironde a réalisé plusieurs itinéraires de vinification sur les cépages résistants plantés aux vignobles Ducourt à Ladaux dans l’Entre-Deux-Mers.

« Pour chaque vin, vous allez évaluer vingt deux critères sensoriels. Il y a 17 vins, c’est parti ! »

Pour évaluer les vins produits et attribuer des caractéristiques sensorielles à chacun, la Chambre organise plusieurs séances de dégustation auprès des vignerons. « Pour chaque vin, vous allez évaluer vingt deux critères sensoriels. Il y a 17 vins, c’est parti ! » annonce Maud-Isabeau Furet, conseillère à la CA33 et coordinatrice de la dégustation, lors de la deuxième dégustation organisée à Bourg-sur-Gironde dans le Blayais, le 7 mars dernier.

Le cas du cal

Les premiers et uniques vins blancs présentés sont issus du cépage résistant Cal 6.04. « L’année dernière, lors des premières dégustations, le cal sortait mieux noté que le sauvignon » rappelle Jean-Christophe Crachereau, viticulteur et oenologue à la CA33. Pour le millésime 2018, les équipes de la Chambre ont testé deux souches de levures différentes à deux températures de fermentation. Des résultats très serrés. Les dégustateurs semblent noter plus favorablement les deux vins fermentés à 18°C plutôt que ceux fermentés à 12,5°C avec une moyenne sur 20 d’environ 11,30 pour les premiers et 10,85 pour les seconds. Le vin issu de Cal 6.04 fermenté avec la levure TXL de Lamothe Abiet semble être plus apprécié que la levure FW du même fournisseur. « Nous en sommes encore au début. Il faudra rassembler les résultats de tous les panels » explique Jean-Christophe Crachereau « Nous avons également constaté un phénomène de vieillissement rapide du Cal, sur le millésime 2017. On était sur un coté pétrolé plus que fruité. Il faudra travailler sur la maitrise de l’oxydation sur ce cépage également ». Un cépage qui, sur ce panel, ne semble pas rivaliser avec le sauvignon, beaucoup plus vif et typé. « Il pourrait éventuellement être utiliser pour l’assemblage » suggère un vigneron de l’assemblée.

Frais comme Artaban

Pour l’Artaban rosé, pas de différence. Obtenu par pressurage direct ou avec une nuit de macération, les dégustateurs du panel lui ont attribué la même note de 10,20/20. « La seule chose que l’on peut distinguer c’est la couleur. Le rosé de macération est effectivement bien plus coloré avec un ICM de 0,6 » commente Jean-Christophe Crachereau. En rouge, l’Artaban issu d’une macération et fermentation de 8 jours à une température moyenne de 28°C, est préféré à celui issu d’une macération et fermentation longue de 16 jours, aussi à 28°C. « C’est quand même très limité au niveau de l’aromatique et de la structure » commente un vigneron, moyennement convaincu par ce vin rouge.

Jura en demi-teinte

A peine versé dans les verres, le cabernet jura s’est vu être la cible de stupéfaction. « Après la dégustation on vous demandera de rincer vos verres exceptionnellement car si on ne le fait pas tout de suite les taches sont impossibles à enlever » précise Maud-Isabeau Furet. Avec des ICM entre 30 et 40, le cabernet jura ne peut pas passer inaperçu. Sur les mêmes paramètres de macération/fermentation que l’artaban, le cabernet jura est, quant à lui, plus apprécié du panel lorsque la macération est longue. Fait surprenant : l’intensité colorante est plus importante sur le vin issu de macération plus courte. Les vins rouges secs sont préférés à ceux vinifier en clairet et avec un peu de sucres résiduels. « Ce cépage pourrait avoir du potentiel ici pour créer un nouveau produit complètement inattendu, avec un objectif plutôt ‘industriel’ » explique Jean-Christophe Crachereau.

 

Une sortie de dégustation mitigée pour les professionnels de la production. « Il y a encore un long chemin à parcourir pour sortir des vins au niveau des notres aujourd’hui ». La majorité voit encore difficilement comment le merlot, cabernets ou malbec pourraient être remplacés. 

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Tous les commentaires (1)
Breton Loic Le 18 mars 2019 à 10:22:43
Il aurait été intéressant de déguster malgré des disponibilités de vinification faites en France Cabernet Volos Cabernet Eidos Merlot Khantus Merlot Khorus Sauvignon Nepis Sauvignon Kretos Sauvignon Rytos Ces cépages sont similaires aux variétés emblématiques La sélection de variétés résistantes doit avoir comme axe : Résistance, Agronomie , Qualité Organoleptique similaire à la variété emblématique. Les viticulteurs et le négoce demandent ceci .
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