LE FIL

Plantation de VSIG

Seule l’Alsace résiste encore au gouvernement

Vendredi 22 février 2019 par Bertrand Collard
Article mis à jour le 25/02/2019 11:57:48

Seule l’Alsace résiste encore au gouvernement - crédit photo : CC0 Creative Commons
L’Alsace continue de réclamer une quasi interdiction des plantations de vins sans IG dans sa région. Le conseil des vins de FranceAgriMer soutient sa position. Le ministère de l’Agriculture dit qu’elle est inacceptable au regard du droit européen. Le ministre doit trancher ces jours-ci.

Certains se sont pliés, d’autres pas. En janvier, le ministère de l’Agriculture avait fait savoir aux responsables professionnels alsaciens, bourguignons et champenois qu’ils ne pouvaient pas interdire les plantations nouvelles de vins sans IG en dehors de leur aire d’appellation, comme ils le demandaient. De telles mesures sont contraires au droit européen. Ceux-ci devaient revenir au conseil des vins de FranceAgriMer en février avec de nouvelles propositions, avec des plafonds d’au moins 25 ha.

"Le curseur
à 0,25 ha"

L’Alsace ne l’a pas entendu de cette oreille. Ou si peu. Jusqu’à maintenant, l’association des viticulteurs d’Alsace voulait limiter à 0,1 ha la plantation de VISG dans tout le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. En réponse à l’injonction de gouvernement, elle est passée à 0,25 ha. « Actuellement, il y a 25 ha de vins sans IG en Alsace. On a mis le curseur à 1% de croissance comme pour le vignoble national. Ca fait 0,25 ha », expose Jérôme Bauer.

Mais cette analyse ne convient pas au ministère de l’Agriculture. C’est du moins ce qu’a fait savoir son représentant au conseil des vins de FranceAgriMer le 20 février. Cette proposition a pourtant reçu l’accord unanime du conseil de bassin Alsace-Est et du conseil des vins de FranceAgriMer, signe qu’elle est soutenue par toute la profession.

"Le ministère craint les contentieux"

« Le ministère craint des contentieux [de la part de gens qui voudraient planter], indique Jérôme Bauer. Mais nous serons très attentifs aux motivations de son refus. Et nous ne nous interdisons pas d’aller au contentieux selon les motifs qui nous seront donnés. »

Tout porte à croire que le ministre ne fixera pas de contingent à la plantation de VSIG en Alsace. Son arrête doit paraître le 1er mars au plus tard. D’ici là, Jérôme Bauer ne désespère pas de renverser la vapeur.

"Zone tampon
en Bourgogne"

De leur côté, les Bourguignons et les Champenois ont fait évoluer leurs positions. Alors que les premiers demandaient 0,1 ha pour leur aire (aire de l’AOC coteaux bourguignons) et pour une zone de deux communes tout autour, ils demandent désormais un plafond de 25 ha dans cette zone tampon et toujours 0,1 ha dans leur aire. « Il s’agit d’une avancée significative, d’une limitation proportionnée qui a eu l’aval du ministère », expose Didier Josso, délégué à la filière vin chez FranceAgriMer.

Quant aux Champenois, ils demandent désormais un plafond de 0,1 ha dans leur aire et dans les communes proposées pour l’intégrer prochainement. Dans le reste de leur bassin, il n’est plus question de limiter les plantations de vignes sans IG sauf sur la commune d’Acy dans l’Aisne où trois personnes trépignent d’impatience de pouvoir planter. Là, les Champenois demandent un plafond de 2 ha. Cette proposition a aussi reçu l’aval du représentant du ministre de l’Agriculture.

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