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Glyphosate

Didier Guillaume confirme la position présidentielle

Vendredi 08 février 2019 par Bertrand Collard/Alexandre Abellan

Jean-Marie Barillère, président du Cniv et Jérôme Despey à la sortie du ministère de l'agriculture (archive).
Jean-Marie Barillère, président du Cniv et Jérôme Despey à la sortie du ministère de l'agriculture (archive). - crédit photo : B. Collard
Après le président de le République, le ministre de l'Agriculture a confirmé un assouplissement de l'objectif de sortie du glyphosate aux représentants de la filière viticole qu'il vient de recevoir. Tous les détails de cette rencontre.

« On est dans l’échange de bons procédés ». « On a parlé de tout librement ». La première réunion du nouveau ministre de l’Agriculture avec les représentants de la filière viticole, le 7 février à Paris, s’est bien passée. Ces derniers l’ont trouvé « pragmatique », « réaliste », voire « dans le business ». Il faut dire qu’ils étaient venus avec un apriori favorable à son sujet. « Pour commencer, nous avons salué ses propos, raconte Jérôme Despey, le président du conseil des vins de FranceAgriMer. Cela faisait longtemps qu’un ministre de l’Agriculture n’avait pas dit que le vin n’était pas un alcool comme les autres. Mais ce n’est pas pour autant que nous ne sommes pas dans la prévention. »

Beaucoup de sujets étaient à l’ordre du jour. À commencer par le logo femmes enceintes. Le ministère de la santé veut fixer sa taille à 1,4 cm de diamètre. La filière propose 0,8 cm.

Logo femme enceinte

« Nous ne sommes pas contre un grossissement du logo, mais il ne doit pas devenir un élément majeur de l’étiquette, explique Jérôme Despey. Bernard Farges [président de la Cnaoc] a montré au ministre ce que ça donne un logo de 1,4 cm sur une étiquette. » Ce dernier semble s’être bien gardé de s’exprimer sur la question, rappelant que la décision concernant la taille du logo appartient à la ministre de la Santé.

"Glyphosate : pas d'impasse"

Autre sujet : le glyphosate. « Le ministre nous a dit : s’il n’y a pas de solution, pas d’alternative dans trois ans, le glyphosate ne s’arrêtera pas. Il ne veut pas plomber la viticulture, ni l’agriculture. Mais tout le monde doit prendre conscience qu’il faut diminuer le glyphosate et les autres herbicides. Il met la pression pour que la filière s’exprime plus fortement sur le travail qu’elle réalise depuis longtemps et sur ce qu’elle va amplifier. » Didier Guillaume veut un état de lieux de l’utilisation du glyphosate en viticulture, par bassin. Il veut connaître les perspectives de baisse de son utilisation. Les responsables de la filière doivent décider comment répondre à sa demande.

Parmi les questions récurrentes : la filière a rappelé sa demande de maintien d’un programme national d’aide après 2020. « Nous ne voulons pas de DPB (droit à paiement de base) pour la viticulture. » Elle veut aussi le maintien du régime d’encadrement des plantations nouvelles jusqu’en 2050 alors qu’il doit prendre fin en 2030. A ce sujet, le négoce a fait entendre une voix un peu divergent : il demande une évaluation du régime avant de se prononcer. Mais Didier Guillaume a fait savoir qu’il avait la volonté de porter cette revendication du maintien du dispositif.

"Désarroi concernant les aides OCM"

Concernant les aides OCM, Jérôme Despey et ses confrères ont fait part de leur « désarroi » face aux difficultés d’instruction et de constitution des dossiers. La téléprocédure de demande d’aide à l’investissement connait trop de ratés. Les contrôles s’empilent pour toutes les demandes d’aide. « Nous avons proposé qu’une partie des aides puisse serve à l’accompagnement des entreprises dans la gestion des dossiers ». Ce à quoi le ministre a répondu qu’il fallait peut-être commencer par simplifier les choses.

Jean-Marie Barillère : "La loi Egalim ne répond pas à tous les problèmes"

« C’est quelqu’un qui a envie de faire avancer concrètement et visiblement les choses » résume avec satisfaction Jean-Marie Barillère, le président du Comité National des Interprofessions des Vins AOC (CNIV). Le négociant champenois compte désormais sur l’aide des pouvoirs publics pour déployer le plan de filière, un an après sa remise au gouvernement. « Il ne s’agit pas que d’aides financières, mais aussi de moyens législatifs. La loi Egalim ne répond pas à tous les problèmes de la filière vitivinicole » souligne Jean-Marie Barillère. Pour qui « l’enjeu majeur est la protection des indications géographiques et de leur valeur. Le nouveau dispositif de contrôle des prix bas est taillé pour des marques. Alors que pour le vin, la grande distribution fait des promotions sur les appellations. Les grandes surfaces mettent en avant Bordeaux et Côtes-du-Rhône, comme nous avons peu de marques, mais beaucoup de domaines. Il faut donner des moyens aux interprofessions d’agir quand les prix de vente d’un vin sont trop bas. » En pratique, cette option demanderait à chaque interprofession d’étudier le calcul des coûts de production moyens. Ce qui ne manquerait pas de faire débat à l’occasion de la prochaine régionalisation du plan de filière.

Autre sujet majeur pour le ministre : « la transition environnementale. Il nous demande d’être une filière exemplaire » rapporte Jean-Marie Barillère. Qui estime que la filière « a déjà fait beaucoup et continue à mettre des actions en place. Nous y allons sûrement, à notre capacité de financement. C’est à nous de porter l’image de nos vignobles en la matière ». Le ministre a également été à l’écoute de la filière sur le sujet de la mixité bio : « il faut changer les règles pour faire augmenter les conversions en la décomplexifiant. Il y a forcément une démarche d’essai au départ, qui doit pouvoir être réalisée sur une partie de l’exploitation sans avoir à créer une autre structure juridique. La situation actuelle est hypocrite » souligne Jean-Marie Barillère.

La filière attend désormais de cette écoute pragmatique des actions. Le prochain rendez-vous de travail est déjà fixé, lors du salon international de l’Agriculture (du 23 février au 3 mars prochain à Paris).

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