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Toujours plus haut

+ 30 % sur le vrac Côtes-de-Provence

Vendredi 07 décembre 2018 par Chantal Sarrazin

Les Côtes-de-Provence font face à une inflation sans précédent.Les Côtes-de-Provence font face à une inflation sans précédent. - crédit photo : DR
350 €/hl, c’est le prix auquel se négocie le Côtes-de-Provence rosé en ce début de campagne. Soit une augmentation tarifaire de près de 30 % par rapport à la saison dernière qui suscite l’inquiétude du négoceC

Le prix du Côtes-de-Provence rosé connaît une inflation sans précédent. « La campagne a débuté sur les chapeaux de roue début novembre au à 350 €/hl, annonce Jean-Pierre Tissot, courtier dans le Var. Soit une hausse de quasiment 30 % par rapport à la campagne dernière. Une bonne partie du négoce était en rupture de stock et avait besoin de se réapprovisionner pour alimenter ses marchés export où la demande est toujours aussi soutenue. » Selon lui, 80 % des volumes pourraient être contractualisés avant Noël. Car les premiers bateaux pour les États-Unis, le premier débouché du côtes-de-Provence rosé à l’export, embarquent entre le 10 et le 15 décembre.

"La hauteur du saut surprend tout le monde !"

« Tous nos vins sont réservés et nos clients qui vendent à l’export ont déjà commencé à retirer des cuves, indique Gérard Monges, directeur de la cave coopérative Lou Bassaquet à Trets qui commercialise 85 % de sa production (34000 hl en 2018) en vrac. Nous avons eu l’autorisation de produire 5 hl/ha de plus que l’an passé, mais nous n’avons récolté que 1000 hl de plus par rapport à 2017, car nous avons subi la grêle et le mildiou. »

« Tous les ingrédients étaient réunis pour que le cours de l’appellation augmente : des stocks au plus bas et une récolte en demi-teinte, observe Philippe Brel, directeur général d’Estandon Vignerons. Toutefois, la hauteur du saut surprend tout le monde ! À ce niveau de prix, nous allons difficilement pouvoir soutenir nos références à l’export et, encore moins sur le marché français, où nous avons déjà fortement réduit les promotions cette année. »

Chute des ventes en GMS

D’ailleurs en grande distribution française, les ventes de côtes-de-provence rosés ont chuté de 12 % en volume selon IRI, entre août 2017 et août 2018. « Cette tendance à toutes les chances s’amplifier, prédit un négociant varois. Nous avons moins de volume pour approvisionner ce circuit en raison de la hausse des exportations. Et la forte inflation que nous subissons risque d’être sanctionnée par les consommateurs français qui se tourneront vers des dénominations moins chères comme l’IGP Méditerranée ou l’IGP pays d’Oc. » Devant cette incertitude, il a décidé de réduire le volume de ses achats de côtes-de-Provence rosé.

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craoux Le 07 décembre 2018 à 08:28:49
Attention à ne pas scier la branche sur laquelle le rosé caracole ! .. Et il faut se souvenir que ce fou de Trump peut imposer de nouvelles barrières fiscales comme bon lui semble. Or, il faut les écouler les 900.000 hl de Côtes de Provence. Et notre marché interieur n'est pas forcement si "élastique" !
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