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"Il est normal que la filière vin soit sur la défensive"
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Loi Alimentation
"Il est normal que la filière vin soit sur la défensive"

Députée du Tarn et présidente du groupe d’études parlementaires sur la vigne et le vin, Marie-Christine Verdier-Jouclas s’est mobilisée lors du vote en deuxième lecture de la loi Alimentation. L’élue de la majorité parlementaire a défendu l’obligation de déclaration de récolte, avec succès et pour le plus grand soulagement de la filière vin. Mais alors que les craintes viticoles montent sur une extension des Zones de Non Traitement (ZNT), Marie-Christine Verdier-Jouclas demande à la filière de faire simplement confiance au gouvernement.
Par Alexandre Abellan Le 18 septembre 2018
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« On nous demande des lois généralistes, mais il faut pouvoir prendre en compte les spécificités de chaque filière. Comme le président Emmanuel Macron le prône avec les territoires » glisse Marie-Christine Verdier-Jouclas. - crédit photo : Assemblée Nationale
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enacée après 2022, l’obligation de déclaration de récolte a été maintenue grâce à votre intervention, qui a fait changer d’avis le gouvernement. Quels ont été vos arguments pour aller à l’encontre de la sacro-sainte simplification administrative ?

Marie-Christine Verdier-Jouclas : Pour que la simplification administrative fonctionne, il faut qu’elle soit demandée tant par l’administration que par la filière. Sinon, il faut se demander pourquoi les acteurs nationaux et les vignerons dans nos circonscriptions n’en veulent pas. On aurait pu faire les économies demandées par Bercy en permettant aux Douanes de décentraliser ce travail, conformément aux textes européens. Mais la déclaration de récolte a été mise en place pour le suivi et la traçabilité des vins. Et il existe d’autres priorités en matière de simplification, comme la déclaration annuelle de stock qui est redondante avec l’inventaire.

Le gouvernement a donné un symbole fort de son écoute en acceptant de maintenir la déclaration de récolte et de retirer toute notion de délai. Afin de voir avec les professionnels s’il est possible de remettre ce contrôle à leur niveau. Tout cela montre l’intérêt du groupe d’étude vignes et vins, qui alerte quand on ne prend pas la bonne direction. Il ne s’agit pas seulement de se faire plaisir en organisant des dégustations pour faire découvrir nos terroirs, nous sommes entendus. Après, on ne pas gagne pas sur tous les tableaux…

 

Les représentants du vignoble s’inquiètent en effet de possibles élargissements des Zones de Non Traitement (ZNT) en cas d’absence de chartes de voisinage… Ces peurs sont-elles fondées ?

La peur est normale quand il y a une contrainte de plus dont on ne connaît pas le fonctionnement. Dans mon département, il y a déjà des chartes de bon voisinage, il faut les inciter. L’essentiel est d’être vigilant et de surveiller que les préfets travaillent bien à apaiser le dialogue entre les agriculteurs et leurs voisins, pour que cela ne dégénère pas. Ça peut être contraignant, mais ça peut aussi rendre service. En évitant que les citoyens pointent du doigt les viticulteurs dès qu’ils sortent leurs pulvés. Et les accusent d’épandre du glyphosate, car c’est bien de ça dont il s’agit. Je suis persuadée que cela va rendre service à la filière.

 

Vous évoquez les cas où un accord serait trouvé entre le vigneron et ses voisins, mais les craintes se focalisent sur le scénario où il n’y aurait pas de consensus. Et faute de charte, le préfet pourrait déclarer des ZNT… Voire des arrachages administratifs.

Il est normal de réagir ainsi quand on parle d’hectares de vignes qui vont sauter… Mais ce n’est pas le but. L’enjeu est de regarder chaque situation au cas par cas. Sans généraliser et en tenant compte de différents aspects. Y compris de celui qui était là en premier, il faut dire clairement les choses. Nous croyons au compromis pour engager les parties. Il faut se rassurer.

Il est normal que la filière vin soit sur la défensive, il y a un passé. Comme la maladresse de la campagne de prévention avec un tire-bouchon au début du mandat. Mais il faut nous faire confiance, nous allons réaliser un suivi et veiller à l’application du texte. Heureusement que la France a son vin pour équilibrer sa balance commerciale. On n’a aucun intérêt à faire disparaître le vignoble français.

 

Comme en première lecture, le texte EGAlim reprend l’obligation d’étiquetage clair du pays d'origine sur les bouteilles de vin pour éviter toute confusion…

Je ne comprends pas pourquoi les sénateurs ont retiré cet amendement. Je ne le comprends pas, ça reste un mystère ! Il faudra voir l’application de cette obligation d’étiquetage, mais c’est déjà un message très positif sur la traçabilité des vins. Il y aura aussi une obligation d’affichages du pays d’origine sur les cartes et menus des bars et restaurants, pour les vins servis à la carte, au verre et au pichet…

 

D’autres dispositifs de la loi Alimentation vont-ils concerner la filière vin ?

Il y a également l’encadrement des promotions en grande distribution. Ce qui répond, à mon sens, à la problématique du cagnotage. Le seuil de revente à perte va également toucher la filière vin. Lors de sa présentation de la loi, le ministre de l’Agriculture [NDLR : Stéphane Travert], a même pris comme exemple la fin du message « une bouteille offerte pour une achetée ».

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Tous les commentaires (1)
VignerondeRions Le 18 septembre 2018 à 21:59:36
Faire confiance aux préfets... J' ai l'obligation de traîter contre les cicadelles de la flavescence dorée en juin (x2) et août. Mais lorsque je traite je dois respecter la directive abeilles, donc éviter de traîter lorsqu'il fait jour, le préfet me demande au nom du respect des gens de ne pas traiter entre 23 h et 5 h le matin et les abeilles de ne pas traiter entre 6h et 22 h30. Puis faut pas non plus traiter quand il y a du vent ou de l'humidité. Donc moralité quand je vais traiter je suis hors du cadre légal,et un vilain hors la loi. Et je dois faire confiance à ces gens pour réglementer ma filière. Vous êtes bien gentil mais moi c'est pas ma tasse de thé d'être un hors la loi.
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