LE FIL

Risque éthanol

Vin et Société rejette toutes propositions "moralisatrices et à rebours de l’histoire"

Mercredi 18 avril 2018 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 20/04/2018 11:40:59

« Depuis des mois, c’est une véritable croisade qui est engagée contre le vin par certaines associations : elle vise à limiter l’accès au produit » martèle Joël Forgeau, qui ne veut plus que le vin soit absent des débats de santé publique.« Depuis des mois, c’est une véritable croisade qui est engagée contre le vin par certaines associations : elle vise à limiter l’accès au produit » martèle Joël Forgeau, qui ne veut plus que le vin soit absent des débats de santé publique. - crédit photo : Vin & Société
Faisant le pari du nouveau monde présidentiel et de sa politique de prévention inédite, la filière vin s’oppose à la batterie de mesures anti-alcool proposées par l’ANPAA.

« Le temps est venu de bâtir ensemble une politique de prévention protégeant les populations les plus fragiles tout en préservant nos emplois, notre commerce extérieur, notre patrimoine culturel » pose Joël Forgeau, le président de l’association Vin & Société. Dans un communiqué où pointe une colère sourde, le vigneron nantais lâche les coups contre les dix propositions « des associations sanitaires et des addictologues ».

Pourtant, l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) avait essayé de mettre les formes en introduisant ses mesures : « nous ne sommes pas de ceux qui contestent que l’alcool, notamment le vin, fait partie de notre paysage, qu’il participe à notre vie sociale et festive, et qu’il concourt à l’image de la France, à son patrimoine et aux bénéfices de son commerce extérieur. » Mais des propositions comme l’interdiction de la mention « à consommer avec modération » ou la création de taxes proportionnelles au degré alcool conduisent Joël Forgeau à un rejet en bloc.

"L’heure n’est plus aux polémiques stériles"

Soutenant la « démarche constructive » du gouvernement, qui a convié les représentants des boissons alcoolisées pour fonder une « révolution de la prévention », le président de Vin & Société condamne des propositions « loin de vouloir lutter contre les abus liés à la consommation de boissons alcoolisées, [mais qui constituent] en fait la première marche vers la restriction de l’accès à ces boissons ». La hausse de la fiscalité et la mise en place d’un prix minimum de vente pavant selon lui la mise en place d’une politique de santé prohibitionniste.

Condamnant « une posture idéologique qui depuis cinquante ans en France n’a pas permis de résoudre les vrais problèmes de santé publique », Joël Forgeau fait donc le pari d’« une occasion unique de bâtir collectivement un plan de prévention efficace à la hauteur des enjeux de santé publique ». Notamment « afin de lutter contre les consommations excessives ou à risque, en particulier chez les jeunes et les femmes enceintes ».

Vin & Société doit dévoiler cet été ses mesures de prévention contre le risque éthanol.

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Rollet Le 20 avril 2018 à 15:47:17
Viticultrice et de famille de viticulteurs depuis 1729, je me dois de réagir aux tentatives de stigmatisation de nos produits. Les membres de l'ANPAA semblent oublier que le vin est consommé en Europe depuis plus de 2000 ans. Contrairement aux drogues, le vin peut être consommé de façon raisonnable sans provoquer d'addiction. Il ne faut pas confondre le vin qui est de consommation conviviale et les alcools venus d'Outre-Manche et de l'Est que les jeunes absorbent en un temps record jusqu'à s'écrouler en un coma éthylique. Cette mise en accusation systématique de nos vins semble oublier le côté économique de notre activité (emplois et exportation). Enfin, un individu devient-il alcoolique ou drogué à cause du produit ou parce qu'il souffre d'un déséquilibre moral qui ne lui permet plus de juger des limites à ne pas franchir ?
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