LE FIL

En deçà de 1991

Les vendanges 2017 historiquement basses en France

Vendredi 21 juillet 2017 par Alexandre Abellan

Le SSP note une « avance du cycle phénologique de 10 à 20 jours selon les bassins, par rapport à une année moyenne ». Au 17 juillet, les vignobles les plus tardifs étaient arrivés au stade de fermeture de la grappe.
Le SSP note une « avance du cycle phénologique de 10 à 20 jours selon les bassins, par rapport à une année moyenne ». Au 17 juillet, les vignobles les plus tardifs étaient arrivés au stade de fermeture de la grappe.
Avec les dégâts du gel printanier, la pression de la sécheresse estivale et la coulure, la récolte nationale s’annonce réduite. Avec 37,6 millions hectolitres de vins selon les premières estimations.

En 2017, le vignoble français devrait récolter entre 37 et 38,2 millions d’hectolitres selon les estimations établies au 17 juillet par le Service de la Statistique et de la Prospective du ministère de l’Agriculture. Soit une récolte en baisse de 17 % par rapport à 2016 et 16 % comparée à la moyenne quinquennale. « Historiquement basse », la récolte s’annonce « inférieure à celle de 1991, concernée elle aussi par un gel sévère » précise le rapport d’expertise.

Des bassins touchés par le gel au printemps, le Jura affiche la plus forte baisse de récolte : -57 % (à 41 000 hl). Touché dans son intégralité, le vignoble bordelais encaisserait un recul de 51 % (à 3,3 millions hl), tandis que les vignobles alsaciens et charentais verraient leur potentiel de production amputé de 30 % (respectivement à 860 000 et 5,4 millions hl). « En Champagne, le gel de printemps serait moins destructeur que celui de l’an passé » précise le SSP, avec des estimations en hausse de 8 % (à 2,2 millions hl, mais en baisse de 9 % par rapport à la moyenne quinquennale).

Dégâts hétérogènes

Touchés à des degrés très divers, le reste du vignoble présente un patchwork de situations. Atteint à Chablis par le gel et dans le Beaujolais par la grêle, le vignoble bourguignon apparaît relativement épargné, avec une hausse de 14 % (à 2,4 millions hl). Dans le Val de Loire, les estimations de production s’élèvent quant à elles à 2,3 millions hl (+7 %). Les gelées ont été plus marquées dans le Sud-Ouest et sur le bassin méditerranéen. Avec des pertes globales de 18 % pour le Sud-Ouest (à 3,3 millions hl). Avec l’impact de la coulure sur le grenache, les rendements s’annoncent affaiblis en Languedoc Roussillon (-6 % à 11,6 millions hl) et dans le Sud-Est (-10 % à 5,2 millions hl). En Corse, les prévisions sont de 350 000 hl, il s’agit du seul bassin viticole à afficher une production stable.

"Estimations fragiles"

Jugeant ces prévisions trop précoces et pas suffisamment étayées, les élus du vignoble n’hésitent pas à critiquer cet exercice de prévisions. Prenant ses précautions, le SSP précise que « ces estimations sont fragiles et susceptibles d’être révisées, au regard de la grande hétérogénéité des situations au sein de chacun des bassins de production ». D’autant plus que si la pression cryptogamique est globalement faible, la baisse des réserves hydriques est menaçante dans de nombreux vignobles. Le SSP évoque ainsi les préoccupations de sécheresse en Alsace, en Bourgogne, en Champagne, en Corse, en Languedoc, dans le Sud-Est…

Répartition des estimations

D’après le SSP, la production de vins AOP s’élèverait à 18,5 millions hl en 2017 (-12 % par rapport à 2016). Celle de vins IGP serait de 10,9 millions hl (-15 %), celle de vins à eaux-de-vie de 5,4 millions hl (-31 %) et celle des VSIG de 2,9 millions hl (-27 %).

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