LE FIL

Pour compenser le gel désastreux

Des appellations veulent une hausse du rendement 2016

Lundi 15 mai 2017 par Bertrand Collard

Dégâts de gel à CognacDégâts de gel à Cognac - crédit photo : Domaine de Beaulieu à Germignac
En Alsace, à Bergerac et à Bordeaux, plusieurs appellations se préparent à demander une hausse du rendement 2016. Un manière de ne rien perdre d'un précieux millésime. Reste à savoir si une telle mesure serait équitable.

Parfois, la lenteur administrative a du bon. L’arrêté fixant officiellement les rendements autorisés pour 2016, n’étant toujours pas paru, plusieurs appellations se disent qu’il y a une carte à jouer pour compenser les pertes après les sévères gels de ce printemps. Il s’agirait tout simplement de demander des rendements supérieurs à ceux décidés au comité national de novembre dernier. Une hausse dans la limite des rendements butoirs, bien entendu.

L’idée vient de Bordeaux. Elle a le soutien de la Fédération des grands vins. Ce syndicat demande à tous ses membres d’étudier l’intérêt d’une telle mesure pour leur appellation.

"Un millésime généreux"

Pour l’AOC Bordeaux rouge, le rendement 2016 a été fixé à 58 hl/ha + 6 hl/ha de VCI. Or, le butoir s’élève à 68 hl/ha. Il y aurait donc la possibilité de déclarer 4 hl/ha de plus. « Le millésime 2016 était généreux en quantité et en qualité, explique Yann Le Goaster, directeur de la fédération des grands vins de Bordeaux. Potentiellement, les rendements pourraient être augmentés. »

En Alsace, la décision semble aussi en bonne voie. L’association des viticulteurs d’Alsace (Ava) devrait se prononcer la semaine prochaine sur une hausse de 3 à 5 hl/ha du rendement 2016 pour les appellations Alsace et Crémant d'Alsace pour lesquels ils ont été fixés à 83 hl/ha.

"Une question d'équité entre opérateurs"

« C'est une orientation qu'on va prendre, indique Jérôme Bauer, président de l'Ava. Nous sommes en plein recensement des dégâts de gel. Plus on avance, plus ils s'avèrent importants. Mais la hausse de rendement pose un problème d'équité concurrentielle car un de nos gros opérateurs a déjà livré son DPLC en distillerie. »

A Bergerac, le sujet est aussi à l’étude. Une question inédite se pose pour l’appellation Bergerac rouge. « Nous avons demandé 62 hl/ha + 6 hl/ha de VCI, soit 68 hl/ha, le rendement butoir, explique Pierre-Henri Cougnaud, directeur de la fédération des vins de Bergerac et Duras. Mais des viticulteurs n’ont pas demandé à faire de VCI. Ils n’ont donc pu déclarer que 62 hl/ha. Pourraient-ils bénéficier d’une hausse du rendement jusqu’au butoir ? » A l’INAO de trancher.

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