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Plantation du vignoble de Cognac : les 8 200 hectares supplémentaires se dessinent, se débattent
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Les maisons de Cognac sont prêtes à s'engager contractuellement auprès des vignerons plantant...
Plantation du vignoble de Cognac : les 8 200 hectares supplémentaires se dessinent, se débattent

Par Alexandre Abellan Le 28 mai 2014
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Plantation du vignoble de Cognac : les 8 200 hectares supplémentaires se dessinent, se débattent
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épondant à la demande du ministère de l'Agriculture, le bassin viticole des Charentes a fait cette fin avril le point sur sa stratégie de développement jusqu'en 2025. Stratégie des plus audacieuses, car accompagnée d'une demande de 8 200 hectares d'autorisation de plantation à partir de 2016 et sur sept ans (les droits de plantation disparaissant fin 2015). Ce téméraire coup d'éclat rappelle cependant de mauvais souvenirs au vignoble charentais, totalement déséquilibré dans les années 1970 par la plantation massive de 30 000 hectares (ayant conduit à de vastes plans d'arrachage). Craintes et élans d'optimisme étaient logiquement au centre des échanges de le la dernière assemblée générale de l'Union Générale des Viticulteurs pour l'Appellation Cognac (UGVC), qui se réunissait ce 27 mai (après la constitution de son conseil d'administration, le matin même). Le Business Plan de Cognac est à l'origine de cette démarche stratégique prospective, qui a commencé fin 2012 par la mise en place d'enquêtes aboutissant sur trois scénarii de l'évolution mondiale de la consommation de cognacs de 2011 à 2026 : un cycle de décrochage/rattrapage (+54 % de ventes sur 15 ans), une croissance modérée (+52 %) et un développement dynamique (+78 %). La viticulture et le négoce (« les services production et commerciaux de Cognac » pour reprendre la comparaison entrepreneuriale de Jean-Bernard de Larquier, vice-président du BNIC) ont convergé sur le deuxième scénario. Pour « mettre une production en face de cette demande, la priorité est de redynamiser la productivité, la viticulture s'engage à monter son rendement décennal à 11,66 hectolitres d'alcool pur par hectare et par an » rappelle Christophe Forget (président de l'UGVC), « mais cela ne suffira pas, il faut également agrandir le vignoble ».

D'où la demande de 8 200 hectares d'autorisation de plantation, soit une augmentation progressive de la zone planté, avec un taux de plantation annuel de +1,5 % de 2016* à 2023. Cette stratégie se veut également raisonnée, afin de ne pas répéter les erreurs du passé elle est donc flexible. « Ce qu'il est important de saisir, c'est qu'il y aura un pilotage interprofessionnel » souligne Yann Filioux (représentant du négoce au BNIC), « il n'y aura pas quoiqu'il arrive 8 000 hectares de vignes en plus au bout des sept années, en fonction des marchés le rythme de plantation pourra être accéléré ou ralenti, le volume de plantation pourra changer... » Afin de faire évoluer cette feuille de route, des outils de pilotage sont en cours de définition. Ces indicateurs touchent à la demande (fiabilité des prévisions, évolution des marchés, des situations économiques...), à la production (rendement moyen, pourcentage du vignoble charentais en AOC Cognac...) et aux stocks (taux de couverture, volume libre, volumes en réserve...). La définition des seuils d'alerte est cruciale et fait l'enjeu des discussions actuelles, qui devraient se conclure durant le prochain trimestre. Sciemment prématurée, cette présentation n'a pas levé toutes les inquiétudes de la salle : commercialisation en repli, stocks à haut niveau... et surtout la gestion des risques, alors que l'irréversibilité d'une plantation engage avant tout les producteurs. « Tout n'est pas écrit, il faudra apprendre à s'adapter » reconnaît volontiers Jean-Bernard de Larquier, « on ne pourra jamais vous assurer que l'on prend une bonne décision ».

Le négoce était présent pour apaiser ces doutes, et témoigner qu'il y a bien des marchés en face. Craignant qu'un manque d'offre laisse le champ libre à d'autres en abandonnant marchés, Bernard Peillon (Hennessy) souhaite faire « réaliser que l'on n'est pas en train de parler à notre nombril, il s'agit d'une compétition avec une concurrence mondiale (scotch, vodkas...). Il faut croître, ne pas le faire serait une erreur stratégique. » Cette position de soutien a été confirmée par le conseil d'administration du Syndicat des Maisons de Cognac, qui s'est engagé, à l'unanimité, à passer des contrats auprès de tous les vignerons s'inscrivant dans l'accroissement du vignoble affecté aux cognacs. Achevant son mandat sur le Business Plan, et quelques larmes d'émotion, Christophe Forget martelait que la priorité pour le vignoble était de redresser sa productivité. L'étude du Business Plan estime en effet que si rien n'est fait, le vieillissement et les maladies du bois réduiront de 17 % le rendement charentais en 2026. Les replantations et complantations n'ont pas fini de parsemer le vignoble de Cognac, ce qui doit conduire à un « business plant » pour le pépiniériste François Bodin, qui révèle que depuis 13 ans a production charentaise de plants a été plus que triplé pour répondre à la demande.

En 2013, 73 106 hectares de vignes charentaises affectées à la production de cognacs pour 7,7 millions hl AP distillés (dont 67 000 hl AP de la réserve climatique).

 

 

* : cette stratégie de plantation pourrait commencer en 2017 au lieu de 2016, la mise à disposition des autorisations de plantation n'étant pas encore fixée (2016 pourrait être une année de mise en place).

 

 

[Photo : aperçu de l'assemblée générale publique de l'UGVC ce 27 mai]

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