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Pour "construire la viticulture de demain" Bernard Angelras anime les conférences viticoles de la souveraineté alimentaire
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Plan stratégique
Pour "construire la viticulture de demain" Bernard Angelras anime les conférences viticoles de la souveraineté alimentaire

Le vigneron gardois coordonne et anime les réflexions stratégiques demandées par la ministre de l'Agriculture à toutes les filières françaises afin de se doter d'un cap à 10 ans sur la production et la consommation de la ferme France.
Par Vitisphere Le 08 décembre 2025
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La ministre demande « un travail collectif, exigeant, transparent » à « toutes les parties prenantes » de l’agriculture, dont la vigne. - crédit photo : Alexandre Abellan (Bernard Angelras, à droite, remettant à Annie Genevard, à gauche, le jeu "Résiste moi si tu peux" sur les nouvelles obtentions viticoles lors du Sitevi 2025)
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ancées ce lundi 8 décembre depuis le marché de Rungis lors d’un évènement baptisé "le Grand Réveil Alimentaire", les conférences de la souveraineté alimentaire « doivent porter une réflexion collective qui aboutira à redessiner nos paysages et notre carte de production à horizon 10 ans » pose dans son discours Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, qui avertit que leurs réussites « supposeront des décisions courageuses, dans de nombreux domaines, et j’ai pour cela pleine confiance en vous » lance-t-elle aux professionnels l’entourant, dont ceux du groupe de travail dédié à la viticulture. Comptant parmi les sept filières agricoles traitées (aux côtés des grandes cultures, fruits et légumes, viandes blanches, ruminants et chevaux, productions végétales spécialisées, pêche et l’aquaculture), la culture de la vigne participera à ses conférences sous la houlette de Bernard Angelras, le président de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV).

À l’occasion du récent salon Sitevi, le vigneron des Costières-de-Nîmes (appellation dont il fut longtemps le président) indiquait à Vitisphere que le lancement de ces conférences était une bonne nouvelle afin « de redistribuer les cartes, construire la viticulture de demain face aux nouvelles consommations, s’adapter aux tensions géopolitiques et au changement climatique qui s’opère ». Avec ce que cela implique opérationnellement en termes d’aménagement des territoires, de la diversification des cultures à la gestion de l’eau pour permettre l’irrigation. Bernard Angelras ayant été l’artisan de l'intégration des mesures agro-environnementales dans les cahiers des charges des vins AOC.

Bases de travail

Indiquant s’appuyer en cohérence sur les récents plans de la filière, de Cap Vins 2030 (présenté en début d’année) au plan d’adaptation au changement climatique (présenté l’été 2021), Bernard Angelras rappelle que la filière vin ne part pas de rien en termes de réflexions stratégiques. Sachant que l’on pourrait ajouter les stratégies de filières des États Généraux de l’Alimentation ou du Varenne de l’eau, ainsi que la feuille de route de décarbonation ou les plans de souveraineté… S’appuyant notamment sur Cap Vins, la filière vin va « le décliner, l’approfondir et le booster. Il y a toujours des choses à actualiser et ajouter, mais on ne va pas repartir de zéro pour écrire une nouvelle histoire » souligne Bernard Angelras.

On est vignerons pour produire

Le coordinateur du groupe de travail viticulture des conférences de la souveraineté alimentaire sera accompagné d’autres représentants de la filière issus d’interprofessions, d’instituts techniques, de l’amont comme de l’aval, ainsi que du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. Dont le président, Jérôme Despey, qui indiquait récemment à Vitisphere l’objectif de ne pas repartir sur des constats mais de préparer un plan d’action, ce qui impose de mener « un important travail au-delà des mesures conjoncturelles et structurelles pour bâtir l’avenir de la filière. On ne peut pas toutes les années combiner de l’arrachage et de la distillation. Beaucoup de bassins le disent, on est vignerons pour produire. »

Devant passer par des travaux nationaux et en région, ces conférences doivent aboutir à de premières conclusions pour le Salon international de l’agriculture en février 2026, à l’identification de projets cibles et à la présentation d’un plan national interfilières de production et de transformation à 10 ans mi-2026 (avec un rapport et une conférence). Contacté, le cabinet de la ministre ne se positionne pas sur la demande maintenue des sénateurs sur des Assises de la viticulture. Ce récent rapport sera intégré aux réflexions à mener sur la filière vin précise juste la rue de Varenne.

 

* : « Ce réveil n’est pas celui du monde agricole : nos agriculteurs, eux, savent depuis longtemps les contraintes qu’ils affrontent et les risques qui pèsent sur notre indépendance » précise la ministre, indiquant que « le réveil que j’appelle de mes vœux est celui des consommateurs, celui des Français. Une prise de conscience lucide, urgente, sur la fragilité de ce qui nous nourrit, sur la nécessité de soutenir nos filières, sur l’importance de choisir une alimentation qui renforce notre souveraineté plutôt qu’elle ne l’affaiblit. La souveraineté alimentaire n’est pas l’affaire d’un secteur : c’est l’affaire d’un pays tout entier. »

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NSTI34 Le 17 décembre 2025 à 08:33:23
« Construire la viticulture de demain »? vraiment ? Encore une conférence. Encore les mêmes acteurs. Encore les mêmes mots-clés : cap à 10 ans, souveraineté, adaptation, plan d'action. Et toujours le même résultat sur le terrain : des vignerons qui disparaissent. Cela fait plus de quinze ans que la filière enchaîne les plans, feuilles de route, varennes, états généraux, Cap 2030, Cap 2040 sans jamais poser la question centrale : ? qui peut encore vivre de la production viticole aujourd'hui ? On nous parle de « ne plus combiner arrachage et distillation », mais ce sont précisément les décisions portées par ces mêmes instances qui ont conduit à une viticulture sous perfusion, incapable de produire à un prix couvrant ses coûts. Dire « on est vignerons pour produire » quand on organise depuis des années la réduction structurelle des volumes, c'est au mieux une contradiction, au pire un cynisme. Une gouvernance hors-sol Les conférences annoncées réunissent interprofessions, instituts techniques, administration, aval de la filière. Mais où sont les vignerons économiquement fragiles, ceux qui subissent réellement les arbitrages passés ? Où sont les exploitations de 8, 10, 15 ha, celles qui n'ont ni marque forte, ni capacité d'investissement, ni marge de manœuvre financière ? La filière ne manque pas de diagnostics. Elle manque de décisions courageuses qui touchent aussi l'aval, la répartition de la valeur, les rendements économiquement viables, l'accès à l'eau, la fiscalité, la MSA, le foncier et le crédit. Le mythe du « réveil » Le « Grand Réveil Alimentaire » n'est pas celui du monde agricole. Les agriculteurs sont éveillés depuis longtemps. Ceux qui dorment encore, ce sont : ? les décideurs qui pensent qu'un plan de plus remplacera des revenus, ? les structures qui vivent de la crise permanente, ? une partie de l'aval qui bénéficie de prix bas pendant que l'amont s'épuise. La souveraineté alimentaire ne se décrète pas dans des conférences. Elle se construit quand produire redevient économiquement possible. Construire la viticulture de demain commence par sauver celle d'aujourd'hui Avant de promettre un horizon à 10 ans, il faudrait déjà : ? que les vignerons puissent payer leurs charges sans aides exceptionnelles, ? que l'arrachage ne soit plus présenté comme une solution mais comme un échec, ? que la gouvernance accepte enfin de se remettre en question. Sans cela, ces conférences ne seront qu'une chose de plus : un exercice d'auto-satisfaction entre acteurs qui n'ont jamais eu à assumer les conséquences de leurs choix sur leur propre exploitation.
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augustin Le 10 décembre 2025 à 10:15:36
Et un coup de comm de plus .L an dernier a la même époque on nous avait fait le coup des deux prêts pge bpi et celui des subventions massives pour arrachage. Tant que Mme genevard n organise pas les " assises de la viti "comme le lui a demandé poliment le sénat via son remarquable rapport de fin octobre 2025 , elle va droit au mur . Un tel aveuglement , surtout après un bilan annuel aussi cata , devrait avoir servi de leçon. On espère que le prochain salon de l'agriculture de Paris début 26 marquera le retour à la raison : ces fameuses assises sont à la fois indispensables et urgentes et ne peuvent être qu interministérielles pour être efficaces : intérieur , justice ,finances , écologie , santé , commerce exterieur, tout le monde doit être inclu pour avancer ensemble avec l agriculture sur le sujet de la viti . Dont la problématique ne peut pas être fondue facilement avec celle des autres secteurs , encore faut il le rappeler une fois de plus.
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