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"La filière vin unanime pour orienter vers la promotion des crédits et gagner des parts de marché"
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Stratégie nationale
"La filière vin unanime pour orienter vers la promotion des crédits et gagner des parts de marché"

Alors que les aides à l’arrachage, à la distillation et aux trésoreries doivent se concrétiser, la filière des vins français se projette sur les leviers d’action pour renforcer sa promotion et son rebond sur les marchés. Le point avec Jérôme Despey suite au dernier conseil spécialisé vin de FranceAgriMer qu’il préside et qui s’est tenu ce 3 décembre.
Par Alexandre Abellan Le 04 décembre 2025
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« Sans préjuger des votes et débats qui doivent arriver d’ici janvier-mars, on part dans la bonne direction » souligne Jérôme Despey. - crédit photo : Alexandre Abellan (Jérôme Despey lors de l'inauguration du salon Sitevi 2025)
L

a ministre de l’Agriculture ayant annoncé un plan de sortie de crise viticole à 130 millions € pour l’arrachage, une demande européenne sur la distillation, 15 millions € d'allégements de charges, un travail sur les prêts de restructuration… Le plus dur est-il fait pour la filière vin ?

Jérôme Despey : Non, maintenant qu’il y a eu les annonces, il faut travailler à leur mise en œuvre. Sur l’arrachage, on est dépendant du vote du paquet vin et de ses règlements d’exécution qui doivent permettre à la France de financer 130 millions € au travers d’une notification présentée à la Commission. Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, m’a rassuré lors d’une rencontre avec la FNSEA ce lundi 1er décembre sur l’aboutissement d’un accord du trilogue sur le paquet vin [NDLR : se réunissant ce jeudi 4 décembre en matinée pour un premier rendez-vous devant être conclusif], ce qui permettra un vote formel du Conseil européen d’ici la fin d’année. Il y a beaucoup d’éléments de consensus dans le paquet vin, tout le monde reste focalisé sur l’objectif que le trilogue valide le paquet vin et que l’on puisse enclencher l’arrachage.

 

En misant sur une validation du paquet vin, comment allez-vous préparer la mise en œuvre de cette future campagne d’arrachage ?

On va travailler en avance de phase. Il faut préparer les critères de priorité souhaitées par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. L’objectif restant d’aboutir avant le salon de l’Agriculture [NDLR : 21 février 2026 à la porte de Versailles] sur des dossiers formels pour la mise en œuvre de l’arrachage le plus vite possible. C’est la volonté professionnelle qui est redite. Il faut que les viticulteurs puissent déposer le plus rapidement leurs dossiers d’arrachage avec les règles qui seront fixées.

 

Et pour les autres mesures du plan de crise ?

Le deuxième volet concerne la réserve de crise européenne pour financer la distillation. Le commissaire m’a confirmé que ces fonds ne pourraient être déployables que sur une mesure de distillation et dans le cadre d’un budget de 450 millions € pour 27 pays et toutes leurs filières. Je répète qu’il faut a minima 80 millions €. Le commissaire ne m’a pas donné de chiffres. La ministre espérait 40 millions € à la veille du Sitevi. Toutes les autres mesures sont en cours de travail. Et il faut préserver l’Organisation Commune de Marché (OCM). Force est de constater que là-dessus, il n’y a rien d’acquis. On veut garder la spécificité viticole, ce message est passé et redit.

 

Qu’en est-il de l’évolution du Plan Stratégique National (PSN) répartissant pour le France les fonds OCM ?

Le groupe de travail dédié a rendu ses orientations au conseil spécialisé, mais les votes formels sont reportés. En janvier pour la restructuration et les investissements afin d’ouvrir les appels à projet 2025-2026. Puis jusqu’en mars pour modifier le PSN pour 2026 et après afin de réorienter des crédits vers la promotion et rajouter/remodeler un certain nombre de mesures comme l’œnotourisme, le financement de la prospection de la Flavescence Dorée… Et on veut donner un signal plus favorable à la promotion collective avec des taux augmentés. Ce sont des points qui sont dans le paquet vin et qui doivent encore être arrêtés.

 

La révision du PSN suscite-t-elle un débat ou un consensus dans la filière ?

Il y a un bon travail entre l’amont et l’aval pour avoir un consensus de la filière en lien avec le plan stratégique Cap Vin 2030 pour arriver en face de la ministre avec des propositions consensuelles. Il n’y a pas de sujet sur la promotion, il y a des discussions sur les bâtiments : un accord a été trouvé pour les suspendre dans un premier temps avec des dérogations pour les Jeunes Agriculteurs, les sorties de village, la structuration d’entreprise, l’œnotourisme… Il faut le formaliser sur un projet de décision, mais la filière a une orientation unanime pour pouvoir orienter notre PSN dans le but de pouvoir redonner à la promotion des crédits et de gagner des parts de marché. Le bilan du dernier appel à projet pour la promotion extérieure arrive quasiment au niveau de l’enveloppe qui augmente tous les ans : c’est un bon signal pour augmenter les fonds pour la promotion. Sans préjuger des votes et débats qui doivent arriver d’ici janvier-mars, on part dans la bonne direction et je salue le travail de la filière pour mieux structurer le PSN actuel et à venir.

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Tous les commentaires (5)
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Morgan Le 12 décembre 2025 à 09:27:27
Un dossier d'arrachage sortirait fin février ? Bien joué ! Si l'exploitant voit qu'il n'est pas éligible, il n'aura alors que 2-3 semaines maximum pour tailler ces surfaces qu'il souhaitait supprimer. Car, oui s'il ne peut arracher définitivement, il espèrera encore récolter dessus pour maintenir potentiellement son chiffre d'affaire. Encore une fois les textes vont être votés à la dernière minute. Ne serait-il pas judicieux de prendre plusieurs jours consécutifs de réunions et d'accélérer ainsi les mises en place de tous les textes attendus (restructuration du vignoble qui ouvrait normalement mi-décembre, investissements en cave où les projets et devis sont fait mais aucun texte, et enfin les arrachages qui sont attendus depuis 5 mois). Les représentants viticoles sont comme beaucoup d'élus nationaux, toujours en retard
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Louis Le 05 décembre 2025 à 09:26:11
Bien entendu que la promotion du vin est la solution car malgré la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs, le plus gros danger pour notre profession est le changement d'habitudes de consommation. Il faut remettre le vin à la mode dans des pays historiques et à fort potentiel comme la Chine, les USA, le Canada... Mais pour cela il faut un budget conséquent et soutenue. Et malheureusement avec quelques dizaines de millions d'euros cela ne servira à rien... Vue que la deconsommation de vin est mondiale et touche tous les producteurs du globe. Pourquoi ne pas créer un fond mondial de promotion du vin basé sur une taxe de 1% sur chaque bouteille sortie du chais. Ce qui est indolore et facilement rattrapable sur le prix de vente. Cela nous doterait d'un budget gigantesque et nous permettrait de sortir définitivement des crises viticoles et de ne plus jamais être dépendants des états et des continent qui nous gouvernent.
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bill et boule Le 04 décembre 2025 à 23:52:50
OK Olivier mais la difficulté notamment à Bordeaux a été la bipolarisation de l offre avec un haut de gamme parti dans une premiumisation hors sol et ne sachant plus quoi faire de ses bénefs et d autre part une entrée de gamme peu qualitative.Le milieu de gamme à été laminé, il a été rentable , pourrait bien le devenir à nouveau si les banques lui prêtent vie et si les acheteurs sortent des 2 sentiers battus que sont vins hyper premiums et les entrées de gamme de niveau moyen qui offrent le vin gratuit dans le conditionnement désormais le seul payé.
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Olivier Metzinger Le 04 décembre 2025 à 22:39:54
C'est certain qu'il faut vendre du vin... Mais vu les prix de vente du négoce ou des caves, on ne sauvera pas la filière en continuant de faire travailler les viticulteurs à perte. On parle toujours des volumes, jamais de la rentabilité de la filière. Je suis peut être monomaniaque mais sans respecter ce paramètre, vous pouvez vendre des centaines de millions de bouteilles, il n'y aura pas de renouvellement de génération et la filière coulera. En premier définir les besoins des metteurs en marché (prix/produits). En deux, faire en sorte que la fabrication de chaque segment soit rentable. Et enfin nous pourrons entrevoir un avenir.
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augustin Le 04 décembre 2025 à 18:10:17
ça y est enfin : on sors ENFIN des bras mortiferes des sirènes de la distillation et de l arrachage pour enfin revenir aux fondamentaux: les banques,doivent distribuer la treso grâce aux pge pbi 2024 et les commerciaux doivent prendre leurs billets d avion pour l Amérique du Sud et l Inde avec le plein d échantillons Il aura fallu presque 5 ans pour faire le deuil de la période pre covid 19 d abord avec 21,22 puis 23 24 25 . Beaucoup de temps perdu mais tâchons ensemble de sauver fe qui encore peut l être...
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