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Le négoce veut être acteur de la sortie de crise viticole : "comment attirer des jeunes quand ils voient les anciens rémunérés par la distillation et arrachant leur patrimoine ?"
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Coup de gueule
Le négoce veut être acteur de la sortie de crise viticole : "comment attirer des jeunes quand ils voient les anciens rémunérés par la distillation et arrachant leur patrimoine ?"

Alors que la filière vin est suspendue aux possibles annonces ministérielles de la semaine prochaine sur l’arrachage et la distillation, les négociants tapent du poing sur la table des négociations où ils veulent siéger et ne sont pas conviés. Ils martèlent que "le négoce ne souhaite pas empêcher les aides, mais celles-ci doivent accompagner la restructuration de la filière et la conquête des marchés".
Par Alexandre Abellan Le 21 novembre 2025
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Le négoce veut être acteur de la sortie de crise viticole :
'Si des annonces se concrétisent, nous savons déjà qu’il n’y aura pas de relance du marché' craignent les négociants. - crédit photo : Adobe Stock (svetazi)
I

ls en ont gros. Dans une lettre envoyée à la ministre de l’Agriculture cette fin de semaine, les représentants du négoce interpellent Annie Genevard sur leur mise à l’écart d'une réunion au ministère ce 14 novembre à propos de l’évolution de la réglementation européenne (le paquet vin actuellement négocié à Bruxelles). Alors que la ministre est attendue à Montpellier en début de semaine au salon Sitevi pour présenter des annonces de sortie de crise (peut-être des fonds européens et nationaux sur l’arrachage et la distillation, peut-être des exonérations sur les cotisations MSA ou les impôts type TFNB... après la manifestation de Béziers la filière ne peut imaginer qu'il n'y ait aucune annonce), le négoce a la désagréable impression de ne pas être considéré en tant que tel.

Un spectateur des travaux finis

Des représentants du négoce précisent à Vitisphere qu’ils ne reprochent rien à la viticulture (« nos relations et collaborations se sont même améliorées »), mais à la DGPE, « qui parle seulement à la viticulture » et qui ne considère pas les négociants comme parties prenantes dans les échanges. En l’état des discussions qu’ils n’ont pas alimentées, les négociants estiment que « si des annonces se concrétisent, nous savons déjà qu’il n’y aura pas de relance du marché, mais l’intervention d’un pompier service, en la personne de la ministre, pour éteindre le feu. Mais il n’y aura pas de solutions structurelles. » Martelant que « le négoce ne souhaite pas empêcher les aides, mais celles-ci doivent accompagnent la restructuration de la filière et la conquête des marchés ».

Pacte de confiance

Alors que le négoce plaide depuis 2023 pour un meilleur pilotage de la réduction du potentiel de production (à l’occasion de distillations et d’arrachage), l’aval l’a d’autant plus mauvaise d’être mis à l’écart des réflexions sur la réduction du potentiel de production que le récent rapport du Sénat sur la crise viticole pose que « si la filière souhaite sortir la tête de l’eau, elle doit absolument nouer un pacte de confiance entre ses composantes amont et aval, c’est-à-dire entre les producteurs et les négociants. C’est toute la filière, dans son ensemble, qui a son destin entre ses mains. »

Entrain de sénateurs

Le rapport critiquant notamment la stratégie de rééquilibrage de l’offre avec la demande par l’arrachage et la distillation, plutôt que développer de nouveaux produits et marchés. Les conclusions des sénateurs tirent notamment un constat que le négoce voudrait faire rentrer dans l’esprit de la DGPE : « de même que le producteur est maître en son royaume, le négociant est maître en le sien. Toute la problématique est qu’il s’agit en réalité d’un seul et même royaume qui, pour croître et prospérer, doit entretenir et surtout élargir ses voies de communication. » D’où les demandes sénatoriales d’entrée expérimentale du négoce dans les Organismes de Défense et de Gestion (ODG), la tenue d’Assises de la viticulture pour favoriser une vision d’avenir partagée reposant sur des profils produits concertés et des productions contractualisées (avec un conditionnement des aides à la réussite de ces assises)…

Si le ministère de l’Agriculture prévoit d’inclure la viticulture dans ses conférences de la souveraineté (lancées ce 8 décembre à Rungis sous la forme d’un "grand réveil alimentaire"), le négoce veut d’urgence être entendu et participer aux travaux conditionnant l’avenir de toute la filière. Les représentants du négoce posant la question clé : « comment attirer des jeunes dans la filière quand ils voient les anciens rémunérés par la distillation et arrachant leur patrimoine, et leur retraite ? Ce n’est pas viable. »

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Tous les commentaires (9)
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LE NEGOCE VEUT CONTINUER A ACHETER SOUS LE PRIX DE REVIEN Le 24 novembre 2025 à 10:29:10
Je ne reproche pas au négoce d'acheter en dessous du prix de revient. Un négociant ne peut pas se permettre d'acheter plus cher que ses concurrents. C'est la loi de l'offre et de la demande: on n'y peut rien. Ce que je lui reproche c'est de vouloir continuer à acheter en dessous du prix de revient en voulant maintenir une offre excessive sous prétexte de prétendus marchés à conquérir. Si c'était le cas ils auraient déjà été conquis et la crise ne serait pas mondiale.
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Geoffrey BASTIDE Le 23 novembre 2025 à 20:50:51
Le négoce veut participer ? Banco ! Sortez vos chiffres, marges, comme nous l'avons fait ! On mesurera le bénéfice que certains font en achetant des vins à 50? l'hectolitre. Vous voulez participer ? Acceptez de mieux partager la valeur ajoutée sans quoi dans 10 ans il n'y aura plus de vignes qu'en champagne et en Bourgogne. Les jeunes, vous vous en souciez ? acceptez de nous payer un prix juste, ce n'est plus la viticulture à papa, aujourd'hui on est rentables ou on arrête un point c'est tout. Nous avons tout fait, adapté nos cepages pour vendre, adapté nos pratiques à vos labels pour vendre, on tente en vain de s'adapter au climat, et on ne nous paye pas tous nos efforts ? Alors encore une fois adaptons nous, arrachons tout ce qui n'est plus rentable, prime ou pas prime.
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Olivier Metzinger Le 22 novembre 2025 à 20:31:10
Depuis plus de 15 ans dans de très nombreuses régions le négoce s'est habitué à acheter sous les coûts de revient, les vins sur des surfaces ahurissantes. A Bordeaux c'est l'équivalent de la production de 40.000 Ha fin 2022, avec des pertes de plus de 1300?/ha en moyenne. Et malgré les arrachages sur un échantillon de 6 AOC ou groupe d'AOC en 2025 c'est encore 25.000 ha qui sont achetés à perte aux vignerons avec de pertes entre 2000 et 5000?/ha. Et quand on demande au négoce de se mettre autour de la table pour reconstruire une filière vin rentable pour tous, ils déclinent l'offre. S'il y en a qui doivent pousser un coup de gueule, c'est plutôt les vignerons qui perdent leurs patrimoines, voir une partie de leurs futurs salaires et retraites après une vie de travail. Il y a 3 ans nous leurs avons expliqué qu'ils allaient perdre leurs sourcing s'ils ne réagissaient pas, cela les faisait sourire... La porte est toujours ouverte, mais plus le temps passe moins ce sera facile.
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Bruno30 Le 22 novembre 2025 à 15:02:28
Le négoce pourra participer aux négociations quand il respectera les accords de durabilité signé le 12 novembre. Pour cela, il ne faut pas que 5 jours après avoir signé cet accord un acteur majeur du négoce envoi des propositions a 3 euros l'hl de moins que l'accord signé a plusieurs caves. En gros votre accord vous pouvez vous le mettre la ou je pense, je fais ce que je veux et je vous emm****. Donc tant que ces gens ne respecterons pas les accords signés, ils ont qu'une chose à faire, c'est la fermer et faire avec comme la production, être résilient.....?? En ce qui concerne la ministre de l'agriculture au sitevi la semaine prochaine, il vaut mieux qu'elle vienne avec du très concret, sinon sa visite risque d'être très courte.
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Grami Le 22 novembre 2025 à 08:59:07
Quelle mauvaise foi ! Tout d'abord apparemment si je ne me trompe pas le négoce était représenté chez madame la ministre par la fédération des exportateurs de vins et spiritueux, mais ensuite comment peuvent ils s'offusquer du fait que les producteurs n'ont d'autres envies que d'arracher ou distiller alors que eux même ne leurs proposent que des prix très en deça des coûts de production ? Alors que les maisons de négoce possédant toutes des domaines dont les coûts de revient du vin sont deux à trois fois plus élevés que ce qu'ils payent à la myriade de vignerons, elles ne comprendraient pas que ces derniers n'aient plus envie de continuer à ce rythme ? Quelle hypocrisie et surtout quelle indécence au chevet des mourants !
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bill et boule Le 22 novembre 2025 à 07:36:44
Vitisphere est le seul média faisant état du chemin strictement parallèle pris par le rapport sénatorial de fin octobre 25 d une part et les conférences souveraineté de début décembre d autre part . Pour le moment les Bourbons sont arrêtés à Varenne .A quel moment Mme genevard prendra t elle en compte les 23 propositions du Sénat préconisées dans ce récent rapport magistral qu il faut lire absolument.Notamment sur la structure de notre profession , un vrai morceau de bravoure faisant passer le lecteur du rire aux larmes .Usque tandem, Genevard , abutere patiencia nostra ? C est à vraie question à poser à Mme la ministre en tout début de semaine prochaine lors de sitevi 25. Le terrain est las et la comm n est plus du tout crédible, avec des reports incessants qui rappelle la queue du Mickey de nos manèges enfantins. Mais l heure n est plus à la rigolade.Et les stats altares de fin décembre sur les defaillances d entreprises vitis vont le confirmer tristement .Relance du support bancaire , relance du commerce exterieur , relance de la simplification administrative ... les pistes sont nombreuses et l arrachage subventionné n est pas la martingale absolue qu on se le dise ! Les sinistres meules noires nées de l enchevêtrement de piquets ceps morts et fils de fer , resultant de ces recents travaux , ponctuent désormais nos paysages sinistres .
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augustin Le 22 novembre 2025 à 07:12:39
Usque tandem, genevard, abutere patiencia nostra ? ces conférences de souverainete nous avaient deja été promises par elle pour la fin du printemps 2025 ... Mme la ministre fait de la comm encore de la comm et toujours de la comm.En ignorant le tres remarquable rapport sénatorial de fin oct 25 prônant des assises vitis 26 , elle va au mur , qui plus est en klaxonnant. Pathétique.
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NSTI34 Le 21 novembre 2025 à 19:35:15
Pour moi, c'est une évidence : les seules structures qui fonctionnent réellement sont celles qui intègrent des partenaires sur l'ensemble de la chaîne de production. Tant que chacun continue de tirer la couverture à soi, sans regarder les problèmes dans leur globalité, on tourne en rond. Et dans ce contexte, on ne peut pas reprocher au négoce de faire cavalier seul si, de l'autre côté, on refuse de l'intégrer aux coûts de production réels, aux contraintes du terrain et aux décisions qui engagent l'avenir de la filière. On parle d'avenir, de compétitivité, de stratégie? mais on exclut encore certains maillons essentiels. Comment espérer des solutions structurelles si tout le monde n'est pas autour de la table ? C'est vraiment dommage, parce que la filière ne pourra s'en sortir que collectivement.
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max le caviste Le 21 novembre 2025 à 17:49:41
Et si les cavistes participaient aussi? Ils sont en contact direct avec le consommateur final....
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