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Ces vignerons provençaux récupèrent les déchets verts des jardiniers
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Ces vignerons provençaux récupèrent les déchets verts des jardiniers

En Provence, un groupement de viticulteurs améliore la fertilité de ses parcelles en y épandant déchets verts issus de l’entretien des espaces verts par les particuliers ou paysagistes.
Par Marion Bazireau Le 20 janvier 2023
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Ces vignerons provençaux récupèrent les déchets verts des jardiniers
L'expérience est menée par 16 viticulteurs des Bouches-du-Rhône et du Var. - crédit photo : GIEE MC Sols Arc
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uel est l’amendement organique commercial le plus efficace ? « A la dose prescrite par les fournisseurs, sur des sols présentant moins d’1% de matière organique, aucun ! » tranche Jean-Jacques Balikian, lors de la journée technique organisée par le syndicat des Côtes de Provence organisée au Château Sainte Roseline ce 16 janvier.

« D’après les essais que nous avons conduit pendant 5 ans sur une parcelle de 3 hectares, une tonne par hectare à 500 voire 600€ n’est pas suffisant pour corriger le statut organique du sol. Cela permet au mieux de l’entretenir » insiste le directeur de l’association des vins de la Sainte-Victoire.

Membre du GIEE « MC Sols Arc » (porté par l’association régionale de gestion et d’étude des sols naturels et agricoles, composé de 16 viticulteurs des Bouches-du-Rhône et du Var et de 2 lycées agricoles, et profitant de financements de l’Ademe et de la Draaf), Jean-Jacques Balikian explique à l’auditoire avoir travaillé sur le marc de raisin et le fumier équin, avec de meilleurs résultats mais des soucis logistiques, avant de découvrir la « MVA », la « matière végétale affinée ».

« Véolia Environnement gère une plateforme de récupération, de broyage et de tri des déchets verts issus de l’entretien des espaces verts par les particuliers ou paysagistes, à Rousset, sur notre secteur, explique-t-il. Nous nous en sommes rapprochés pour lancer le projet « Adamos » pour « Appui au développement d’apports de matières organiques pour les sols » avec la Chambre d’agriculture et l’Inrae ».

3,5€/tonne de compost

Les partenaires ont mis en place un vrai process industriel pour améliorer la qualité de la MVA en réduisant notamment ses taux d’ « inertes », « des plastiques venant par exemple d’une bouteille d’eau jetée en même temps que le contenu de la remorque d’un jardinier ».

Aujourd’hui les viticulteurs du GIEE récupèrent ce broyat pour 3,5€/tonne. « Nous le laissons composter 3 semaines pour que la chaleur l’hygiénise, et nous l’épandons sur nos parcelles ».

La MVA est massivement apportée avant plantation. Dans les vignes déjà cultivées, elle est épandue annuellement dans les inter-rangs. En parallèle, les viticulteurs du GIEE mettent en place des couverts végétaux.

Les analyses montrent une amélioration de la structure des sols. « La MVA améliore augmente leur humidité et nous y voyons revenir des vers de terre » reprend Jean-Jacques Balikian, avant d’attirer l’attention sur le risque de faim d’azote, « la MVA étant un compost jeune, au rapport C/N élevé », et sur possibles incompatibiltés avec la mise à jour du volet fertilisation de la nouvelle grille de certification HVE.

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