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Les caves coop d'Occitanie promettent "des actions" s'il n'y a pas de distillation, stockage, arrachage...
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Les caves coop d'Occitanie promettent "des actions" s'il n'y a pas de distillation, stockage, arrachage...

Dans le Gard et l'Hérault, les comités départementaux des vignerons coopérateurs d'Occitanie attendent une mise en œuvre rapide de mesures d'aide au stockage, distillation d'ajustement et replantation différée. Sans réponse ministérielle, des actions sont promises.
Par Olivier Bazalge Le 02 janvier 2023
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Les caves coop d'Occitanie promettent
Aux côtés du délégué du gard Christophe Groppi (à dr.), Anthony Bafoil affirme la volonté de disposer de mesures d'aides dès le mois de janvier - crédit photo : O. Bazalge
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our les comités territoriaux des vignerons coopérateurs d’Occitanie, la bilan de l’année 2022 a offert un rappel des attentes pressantes de la filière, attendues dès ce début d’année 2023 pour faire face à une situation conjoncturelle défavorable à la reprise économique des entreprises. « Sans mise en œuvre de la boîte à outils combinant distillation ciblée, aide au stockage privé et plantation différée, le cap sera très difficile à passer pour nos entreprises. Nous attendons des réponses concrètes du ministère avant la fin du mois de janvier 2023, sinon nous trouverons des moyens de nous faire entendre. Nous serons nombreux et il n’y aura pas que des viticulteurs et des agriculteurs ! », lance Anthony Bafoil, président du comité gardois des vignerons coopérateurs d’Occitanie.

Il parle au nom de 55 des 58 caves coopératives que compte le département du Gard qui, à cause de la sécheresse estivale, est le seul département d’Occitanie à enregistrer une récolte inférieure à la moyenne quinquennale, moins de 3 millions hl (Mhl). Dans l’hérault voisin, où s’agrègent également une cinquantaine de caves coopératives adhérente à la fédération des vignerons coopérateurs, « la récolte avoisine les 5 Mhl, une retour à la normale et quasiment 50% de plus qu’en 2021 », explique Fabien Castelbou, président du comité héraultais des vignerons coopérateurs d’Occitanie. Sur la même ligne que son homologue gardois quant au besoin impératif des mesures liées à la boîte à outils, il se montre un plus mesuré sur le délai des réponses attendues. « Les choses devront avoir bougé à l’issue du premier trimestre, car c’est là que le gros des marchés va se faire, sinon nous rentrerons ensuite dans une situation de forte tension. Il faudra alors se faire entendre quoi qu’il arrive », avertit-il lui aussi.

L'export en ligne de mire

Outre ces outils permettant de répondre à un coup de mou qualifié de conjoncturel par le responsable syndical gardois, une aide à la promotion et à la conquête de marchés export est également attendue de la part de la région Occitanie. « Les représentants de 19 de nos caves se sont rendus au salon des vins en vrac d’Amsterdam. Ils sont revenus avec le sourire face aux opportunités de marchés qui se révèlent nombreuses sur le grand export. Avec la consommation française qui diminue, l’export est même le seul levier efficace pour écouler nos volumes, mais nous avons besoin d’un accompagnement financier pour conquérir ces marchés, dans la même veine que le plan de relance qu’avait mis en place la région au sortir de l’épisode Covid », reprend Anthony Bafoil. Les vignerons coopérateurs manifestent leur volonté d’être « offensifs dans la commercialisation et la promotion », appuie Fabien Castelbou, « pour passer un cap difficile et préserver les générations futures ».

Fabien Castelbou - OB

Entre des prix du marché vrac qui retrouvent des cours d’avant gel de 2021 et « une augmentation généralisée de 30% de nos coûts de production : matières premières, verre, énergie…, la mise en œuvre de la boîte à outils est incontournable », poursuit celui qui est également président de la coopérative des vignerons de Lédignan. Si le mot d’arrachage n’est prononcé qu’à demi-mot lorsqu’on évoque cette boîte à outils, c’est parce qu’il ne s’agit « en aucun cas de diminuer les surfaces, pour pouvoir préserver le potentiel de production en arrachant, mais en conservant la possibilité de replanter ultérieurement ces surfaces », appuie Anthony Bafoil. Le vœu du syndicat des vignerons coopérateurs serait de pouvoir parvenir à un différentiel de 8 ans, ce que n’autorise pas le règlement actuel de l’UE. « Cette replantation différée est un outil adaptatif qui, dans l’hérault, ne concerne que 10 à 15% des volumes produits à réadapter, en ciblant de surfaces dans les appellations de vins rouges qui présentent des difficultés de restructuration. Cela permettrait de répondre à l’évolution des marchés vis-à-vis des vins rouges », poursuit le président héraultais.

Bouclier énergétique

Celui-ci souligne en outre l’impact de la hausse de la facture énergétique sur les charges globales des coopératives. « Les tarifs sont variables selon les caves mais la facture a été multipliée par 4 voire 5 pour les caves le plus impactées, représentant jusqu’à 20% des charges globales. C’est intenable sans une mesure forte de bouclier tarifaire, sur la base de ce qui a été instauré pour les particuliers », insiste Fabien Castelbou.

 

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