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C’est chiffré, l’inflation grignote TOUTE la marge des vignerons
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21 % du prix d’une bouteille
C’est chiffré, l’inflation grignote TOUTE la marge des vignerons

Effet ciseau dans le vignoble entre la flambée des coûts de production et l’impossible répercussion sur les prix de vente. Des aides ciblées sont nécessaires pour le président des caves particulières de France.
Par Alexandre Abellan Le 02 novembre 2022
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C’est chiffré, l’inflation grignote TOUTE la marge des vignerons
Jean-Marie Fabre demande aux pouvoirs publics de soutenir la filière vin tant qu'il est temps. - crédit photo : Ministère des Affaires Etrangères (salon de l'Agriculture de Paris, 2022Jea)
«

 À ce rythme, il ne sera plus possible que de commercialiser à perte ou en prenant le risque d’un décrochage des marchés par la hausse des prix de vente » pose Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France. Subie depuis ce printemps, l’inflation des coûts de l’énergie et des matières premières représente ce mois d’octobre l’équivalent de 21 % du prix de vente moyen hors taxe d’une bouteille de vin d’après le dernier observatoire des vignerons indépendants (avec 600 retours à date). Variable selon les bassins et exploitations vitivinicoles, la marge d’un vigneron avoisine 12 à 20 % du prix de vente d’une bouteille indique Jean-Marie Fabre. En mai dernier, un sondage auprès de 1 800 caves particulières relevait une inflation de 13 % prix du moyen de vente d’une bouteille de vin.

Avec une marge réduite à peau de chagrin, la filière vin milite pour des aides soutenant son activité et sa compétitivité. À commencer par l’étalement de la dette, qui tourne au marronnier avec la demande de report des remboursements des Prêts Garantis par l’État (PGE) : « cela aura un impact financier nul pour l’État (il n’y a pas d’annulation, mais report de dette). Ne pas le mettre en place aura un impact financier : il y a un risque d’effondrement » pointe Jean-Marie Fabre, rappelant le poids économique des vins et spiritueux (sur la balance commerciale export, mais aussi sur l’emploi : « avec 600 à 700 000 emplois en France, le vignoble est le premier employeur de France derrière la fonction publique » indique le vigneron de Fitou).

Un tiers des vignerons ne peut honorer ses commandes

Saluant l’annonce récente d’un bouclier tarifaire pour l’énergie ouvert aux TPE/PME de plus 10 salariés (« il y avait un trou dans la raquette » glisse Jean-Marie Fabre), le président des Vignerons Indépendants alerte sur l’exposition du vignoble aux surcoûts sur ses matières sèches produites hors de France (bouteilles, cartons, étiquettes…). « Il faut trouver un moyen de sortir les charges de conditionnements et d’expédition qui pèse sur notre secteur. Il est performant et il doit le rester » prévient-il. Rapportant que 92 % des vignerons vendent leurs vins en bouteilles, Jean-Marie Fabre pointe qu’ils sont 32 % à ne pas réussir à honorer leurs commandes dans les délais faute de livraisons à temps de leurs matières sèches. Avec ces boulets, il devient carrément impossible de commercialiser normalement ses vins.

 

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Tous les commentaires (1)
Albert Le 03 novembre 2022 à 07:53:50
Certes, c'est de bonne guerre de mettre en avant les 600 à 700.000 emplois nécessaires à la filière, mais il serait honnête de clarifier cet aspect car amalgamer l''offre saisonnière d'emplois non qualifiés avec les collaborateurs d'expérience, ça n'a pas vraiment de sens (poids financier notamment).
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