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Le niveau d'aides européennes de la certification HVE dans le collimateur de la filière bio
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Casus belli
Le niveau d'aides européennes de la certification HVE dans le collimateur de la filière bio

La fédération française de l’AB estime aussi injustifiée qu'illicite la demande française de subventions communautaires des certifiés Haute Valeur Environnementale au même niveau que les agriculteurs bio. Un faux-débat pour l'association HVE.
Par Alexandre Abellan Le 09 juin 2022
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Le niveau d'aides européennes de la certification HVE dans le collimateur de la filière bio
La question des aides européennes mobilise la filière bio, qui souhaite un traitement distinct, et réduit, pour les certifiés HVE. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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oujours pas de fumée blanche venant de la Commission Nationale de la Certification Environnementale (CNCE), réunie ce 8 juin sans avoir abouti à une conclusion sur la réforme de la certification Haute Valeur Environnementale (HVE). De nouveau de la fumée noire venant de la filière bio, avec un communiqué tout feu tout flamme de la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique (FNAB), qui estime qu’« introduire le label HVE dans la Politique Agricole Commune (PAC) est contraire au droit européen ». Devant devenir en France un écorégime éligible aux aides de la PAC de 2023 à 2027 au même titre que la bio, le label HVE tient du passager clandestin illégitime pour la FNAB.

« En rémunérant avec l’argent de la PAC destinée aux aides environnementales des pratiques agricoles qui en réalité n’apportent aucun bénéfice pour l’environnement et le climat, la France propose un cadre stratégique contraire aux règles européennes en matière de protection de l’environnement et de protection des consommateurs » estime la FNAB. Qui s’appuie sur une note juridique « financée avec le soutien du groupe Verts au Parlement Européen » et fait notamment écho  aux récentes « observations relatives au Plan Stratégique relevant de la PAC présenté par la France » de la Commission Européenne*. « La labellisation HVE ne peut pas donner droit aux aides environnementales » estime la FNAB, qui « demande que les aides environnementales de la PAC soient attribuées en fonction des bénéfices environnementaux réels et prouvés des pratiques agricoles ».

Soutenir 92 % de la SAU

« Rappelons qu'aucun moyen accordé au bio n'a été retiré par l'existence de la HVE. Et qu'il n'est quand même pas surprenant que la France veuille potentiellement soutenir aussi les 92 % de la Surface Agricole Utile (SAU) française qui n'est pas en bio ! » réagit Jean-Jacques Jarjanette, le président de l'association pour le développement de la HVE. « Personne ne remet en cause ce modèle élitiste minoritaire, mais il ne faudrait pas que cette querelle stérile gène l'action de la France pour l'attribution de moyens européen au profit de l'écrasante majorité des agriculteurs français » ajoute le vigneron, appelant à ne pas « dresser les modèles les uns contre les autres. Ils sont à l'évidence tous nécessaires. Unissons-nous plutôt pour lutter contre le véritable danger : les importations qui elles ne cessent d'augmenter du fait de l'évolution du pouvoir d'achat. »

Indiquant que la filière ne s'oppose pas à la HVE mais à la proposition française de subventions PAC identiques à la bio, Loïc Madeline, secrétaire national en charge de la réforme de la PAC à la FNAB, précise à Vitisphere que « le bio se défend pour ne pas être positionné au même niveau qu'un label nettemetn moins disant à date ». Ne siégeant pas à la CNCE, la FNAB appelle la HVE à être plus ambitieuse : « soit l'outil est puissant et le devient, soit il ne l'est pas et il s'éteint. La HVE n'a pas la même valeur que la bio qui, même si elle est perfectible (sur la biodiversité et l'énergie notamment), donne un modèle agronomique d'ensemble et un point d'horizon » pointe l'exploitant normand (polyculture et élevage).

D’après les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture, la certification HVE réunissait 19 200 exploitations agricoles en juillet 2021, à 78 % dans le vignoble (avec 14 700 certifiés).

 

* : « La Commission note avec préoccupation que la rémunération de niveau supérieur pour service environnemental dans l’éco-régime est la même pour l’agriculture biologique et la certification HVE alors que le cahier des charges de cette certification est beaucoup moins contraignant. La Commission prend note que la certification HVE est en cours de révision, mais demande à la France de tenir compte du niveau de sa contribution aux objectifs environnementaux par rapport à l’agriculture biologique et si nécessaire de différencier les niveaux de rémunération » indique Bruxelles.

 

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Tous les commentaires (5)
VignerondeRions Le 12 juin 2022 à 19:11:40
Si l'article transpose réellement les propos de la FNAB, alors ces derniers mentent à pleine bouche. La viticulture BIO qui choisi de travailler sous les rangs de vignes consomme beaucoup plus de GNR. Donc émet plus de CO2. On peut être pour ou contre une solution, il n'empêche qu'il faut savoir assumer ses choix. Donc la solution HVE avec un désherbage chimique très limité sous le rang est vertueuse en terme d'émission de CO2. Que cela plaise ou non, c'est une réalité technique, puisque tous les bio ne travaillent pas sous le rang à cheval... Leur acharnement contre le HVE commence à devenir pathologique, à moins que la mise en lumière de leurs réelles pratiques ne les laissent très mal à l'aise.
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Benji Le 12 juin 2022 à 17:19:52
Pourrait on aussi parler de là bourgeoisie écolo défendu par madame murat et ces ong militantes à travers les lobbyistes du bio bussiness ! Tous pro décroissances et antiproductives destructeurs de nos savoirs faire et de nos métiers facilitant ainsi massivement les importations de produits ne respectant aucune normes! Bizarrement ces militants ne s?en préoccupent pas préférant continuer leurs agribashing constant sur l?agriculture francaise
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Benji Le 12 juin 2022 à 17:03:31
On voit très bien le lobbying fait par la FNAB qui est géré par les ong et la confédération au détriments des producteurs bio ou autre! Quand à parler de bénéfice pour le climat des bios on devrait sérieusement se poser la question du bilan carbone et des productions obtenues déphasées des marchés !!
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Valerie Murat Le 10 juin 2022 à 16:32:08
Pour avoir dénoncé l utilisation de pesticides parmi les plus dangereux (CMR, PE et Sdhis) l association dont je suis porte-parole, Alerte aux Toxiques et moi même sommes victimes d un procès bâillon inédit intenté par le luxueux syndicat viticole bordelais, le civb et 25 autres plaignants issus de la bourgeoisie viticole locale. Nous avons été condamnées pour avoir informé ! Voilà comment sont traité.e.s celleux qui.parlent ici dans le Bordelais, le royaume de l'omerta.
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Benji Le 09 juin 2022 à 19:36:19
On voit très bien le lobbying fait par la FNAB qui est géré par les ong et la confédération au détriments des producteurs bio ou autre! Quand à parler de bénéfice pour le climat des bios on devrait sérieusement se poser la question du bilan carbone et des productions obtenues déphasées des marchés !!
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