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Retour d'expérience
Les filets sont un bon rempart face à la grêle

Dans le Beaujolais, Rémi Vincent a pu mesurer l’efficacité des filets Cov’Impact lors d’un épisode de grêle. Une efficacité spectaculaire pour des filets qui allègent les travaux. Mais attention à l’impact esthétique.
Par Olivier Bazalge Le 07 juin 2022
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 Les filets sont un bon rempart face à la grêle
Les filets Cov'Impact se distinguent par un effet trampoline qui repousse les grêlons sans altérer les parties sensibles de la vigne - crédit photo : Texinov
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émi Vincent est le responsable des vignobles de la maison Jean Loron, installée à La Chapelle-de-Guinchay (Saône-et-Loire). Lassé des dégâts causés par la grêle, récurrents sur son vignoble, il a décidé de s’en prémunir en effectuant des essais d’installation de deux systèmes de filets protecteurs en 2020. Entre Paligrêle et Cov’Impact, Rémi Vincent a jugé que les qualités de résistance se valaient, mais la facilité d’installation et la présence d’un distributeur local ont fait la différence en faveur de Cov’Impact. Le technicien et son équipe ont ensuite étendu l’installation, en 2021, de filets Cov’Impact sur 8 ha de vignes de la zone des pierres dorées et du cru Régnié, dans Beaujolais, « uniquement sur vignes larges, plantées à 2 m », précise-t­-il.

Des grêlons de la taille de balles de tennis

Les résultats ne se sont pas fait attendre, une des parcelles protégées ayant subi une sévère averse de grêle en juin 2021, « avec des grêlons de la taille de balles de tennis, indique Rémi Vincent. Sur cette parcelle d’1,3 ha, nous n’avions recouvert qu’un hectare sous filet. La partie non protégée a subi 80 % de pertes et la partie sous filet seulement 3 % de pertes, sans aucun dégât sur les bois et le feuillage de cette partie ». Et pour cause : les grêlons ont rebondi sur le filet.

Dans le choix du filet, Rémi Vincent invite à ne pas négliger le paramètre couleur, essentiel à l’intégration paysagère. Après avoir testé les déclinaisons du Cov’Impact en blanc ou en noir (ainsi que le vert du Paligrêle), c’est le noir qui a été choisi pour limiter l’impact visuel. « Nous n’avons pas constaté d’effet d’ombrage, ni de différence significative de maturation entre les couleurs de filet. La teinte noire est 10-15 % plus chère que la blanche, mais elle se fond mieux dans le feuillage de la vigne. Lorsque vous avez 8 ha de vignes couvertes par de tels filets, l’impact visuel prend toute son importance vis-à-vis de la population locale, des promeneurs », appuie-t-il.

Précautions d’installation

Côté installation du filet, Rémi Vincent insiste sur certaines précautions. « Il faut des piquets bien implantés car cela génère un surpoids, mais sans prise au vent supplémentaire. » Livré en bobines de 500 m, le filet doit être déroulé et ajusté à la longueur du rang, « idéalement entre la taille et le débourrement. Les accessoires de support doivent être disposés sur chaque piquet pour fixer le filet, ainsi repliable à volonté. C’est finalement ce qui demande le plus de travail pour l’installation », note-t-il. Une fois posé, la tension du filet s’ajuste manuellement sans trop de difficultés. Il est ensuite enroulé en boudin sur le berceau supérieur ou rabattu sous le fil porteur grâce au support de fixation le plus bas, au gré des travaux. Pour les interventions en vert, on l’enroule vers le haut. On procède de même avant récolte, « au plus près du passage de la machine à vendanger, en surveillant bien les prévisions météo pour ne pas se trouver sans protection en cas de grêle à la veille des vendanges ». Le filet est en revanche replié vers le bas, sous le fil porteur, pour ne pas l’endommager lors du passage de la prétailleuse montée sur un tracteur interligne, alors que la hauteur de palissage atteint 1,6 m dans les vignes gérées par Rémi Vincent.

Pour le responsable vignoble, ce filet présente un autre avantage : plus besoin de relever ni de rogner. Une fois fermé, il guide les rameaux, que les vignes soient taillées en guyot ou en cordon de Royat. « La vigne pousse dans la trame du filet, de manière harmonieuse avec des sarments qui croissent sans s’enchevêtrer, pour former un plant de feuillage homogène. La pousse des rameaux est même plus harmonieuse : l’aération et l’espacement des grappes sont meilleurs. C’est également intéressant pour le passage de la prétailleuse », valide-t-il. La maille du filet est trop serrée pour être traversée par les rameaux. « Seules quelques vrilles peuvent passer, mais elles finissent généralement par avorter », a pu remarquer Rémi Vincent. De ce fait, inutile de rogner. Les ouvriers viticoles se sont contentés d’effectuer des passages d’écimage « à coups de cisailles sur le haut ».

Pour ce qui est des traitements, ils sont faits avec pulvérisateur pneumatique avec voûte face par face. Rémi Vincent n’a rencontré aucun problème pour le passage. « Les produits ont bien pénétré », approuve-t-il. Pour lui, l’observation des symptômes de maladies se fait facilement en présence du filet, mais il est indispensable de le relever pour pouvoir observer les pontes.

Le coût de la tranquillité

Hors pose, effectuée par le vigneron ou en prestation par le fabricant, il faut compter « 4 ou 5 €/mètre linéaire pour le filet et l’ensemble des éléments de fixation », indique le fabricant. Ce coût varie selon la largeur de plantation. Rémi Vincent l’a chiffré à moins de 15 000 €/ha, « sachant que l’on peut obtenir jusqu’à 40 % d’aides aux aléas climatiques en montant un dossier FranceAgriMer en amont », précise-t-il. Il répète néanmoins que le surcoût lié au filet n’est pas nécessairement un sujet, dans la mesure où « le filet est rentabilisé au moindre épisode de grêle ». Le filet « étant garanti dix ans, le gain en coût de main-d’œuvre compense cette installation, qui sera largement amortie au bout de cette décennie », plaide-t-il, car la dispense d’intervention de relevage constitue un gain en confort de travail, en coût et en disponibilité de main-d’œuvre qui équilibrent le surcoût du filet.

Si on ajoute à cela « qu’on dort beaucoup mieux à l’annonce d’un orage et que la conséquence d’une perte de récolte va au-delà de la simple disponibilité d’un millésime, car un marché qu’on ne peut fournir est un marché perdu », Rémi Vincent va équiper de nouvelles parcelles du filet Cov’Impact et faire, cette année, un essai sur vignes basses.

 

Indémaillable

Cov’Impact est un filet tricoté indémaillable dont le réseau de mailles est inséré de fils techniques dans le sens du rang de vigne, lui conférant des vertus anti-glissement, effet ressort et antidéchirures. Des câbles de fixation sont insérés dans le filet à la fabrication. Son efficacité contre la grêle est liée à l’effet trampoline du filet, sous tension dans les trois dimensions. Le filet est disponible en largeurs de 70-80-100 ou 120 cm, selon la hauteur de palissage. Une version « Zebra » vouée aux capacités d’ombrage est également proposée par le fabricant.

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Tous les commentaires (1)
Orange 84100 Le 07 juin 2022 à 21:19:08
François
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