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Projet Risca
"Si un seul maillon est défaillant", la lutte vigneronne contre la flavescence dorée s'effondre

De récents résultats réaffirment le besoin d'une lutte collective contre la flavescence dorée. La gestion des friches et vignes ensauvagées pose notamment question.
Par Marion Bazireau Le 12 mai 2022
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Les essais confirment les déplacements massifs et rapides de Scaphoideus titanus dans les vignes. - crédit photo : PNDV
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Plusieurs leviers permettent de se protéger de la flavescence dorée », rappelle Audrey Petit, du pôle Sud-Ouest de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV). « Les traitements obligatoires contre le vecteur Scaphoideus titanus, la plantation de matériel sain, et l’élimination des pieds symptomatiques » liste-t-elle, en introduction du webinaire du Plan national contre le dépérissement du vignoble (PNDV), ce 10 mai.

Pilote du projet Risca visant à améliorer la lutte contre la maladie, l’ingénieur a suivi les déplacements de Scaphoideus titanus depuis l’environnement des vignes. « Nous avons disposé tous les 20 mètres plus de 5 000 plaques jaunes engluées dans deux îlots de parcelles situées dans les vignobles de Gaillac et de Cahors »

A Gaillac, des pièges ont également été posés dans une friche viticole de 4 hectares située à proximité de l’îlot étudié. Même chose à Cahors dans des vignes ensauvagées issues de repousses de porte-greffes.

Des vignes recolonisées en 15 jours

En 2020 et 2021, les traitements obligatoires ont bien assaini les vignes cultivées. Mais Scaphoideus titanus les a recolonisées dès 15 jours. Audrey Petit et son équipe ont compté plus d’adultes dans les pièges proches de la friche ou des vignes sauvages. La découverte de pieds symptomatiques et des analyses au laboratoire ont confirmé leur rôle de réservoir de vecteurs et de phytoplasmes de la flavescence dorée.

Pour savoir quelle distance peuvent parcourir ces vecteurs, de l’albumine a été pulvérisée sur une petite partie de la vigne. « Nous avons posé des pièges dans un rayon de 230 mètres à partir de la zone de marquage, reprend Audrey Petit. Nous avons capturé 1 092 individus en 5 jours et les avons tous envoyés au laboratoire pour vérifier leur marquage à l’albumine et leur passage par la zone traitée ».

Des individus marqués ont été retrouvés en nombre même dans les pièges les plus éloignés de la zone traitée. « L’essai confirme les déplacements massifs et rapides de Scaphoideus titanus dans les vignes. Et des individus ont surement allés au-delà de notre dispositif ».

Le rôle du vent

En parallèle, les chercheurs ont vérifié l’impact du vent sur la dispersion des adultes. « En 2020 et 2021, nous avons piégé beaucoup d’individus à proximité de la friche de Gaillac mais relativement peu ailleurs, alors qu’en 2019 le vecteur était présent de manière plus homogène sur tout l’îlot. Nous avons compris pourquoi en analysant la direction du vent pendant l’été. Il soufflait de la friche vers la vigne en 2019 et dans le sens opposé les deux années suivantes ».

Tous ses enseignements confirment l’intérêt d’une gestion collective de la lutte. « Si un seul maillon est défaillant, tous les efforts individuels sont mis à mal dans la parcelle et ses alentours » insiste Audrey Petit.

En calculant et en comparant le potentiel nombre de Scaphoideus titanus par hectare et par jour de piégeage sur la parcelle de Cahors conduite en viticulture conventionnelle et celle de Gaillac, en bio, Audrey Petit a en outre confirmé la difficulté de maîtriser les populations à l’aide de pyrèthres naturels.

 

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