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Fitou et Corbières prêts à quitter l'interprofession des vins du Languedoc

Grondant depuis 10 mois, la dissidence vigneronne à l'interprofession se concrétise maintenant par la dénonciation des accords qui arrivent à échéance fin 2023 pour les deux appellations audoises. Malepère vote au contraire son maintien au sein du CIVL.
Par Alexandre Abellan Le 09 mai 2022
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Fitou et Corbières prêts à quitter l'interprofession des vins du Languedoc
La politique de commuication des appellations languedociennes est au cœur des déceptions des appellations annonçant leur départ de l’interprofession. - crédit photo : AOC Fitou
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out feu, tout flamme. Parties cette fin avril, à la suite de votes en conseils d’administration, les lettres de dénonciation de l’adhésion triennale des appellations Fitou et Corbières après décembre 2023 au Conseil Interprofessionnel du Vin du Languedoc (CIVL) témoignent d’un an d’étincelles au sein du vignoble languedocien. Allumé par l’éviction des représentants des Metteurs en Marché Direct du collège du négoce lors de l’AG élective du CIVL en juillet 2021, les feux de la grogne vigneronne ne se sont pas éteints. Cette exclusion « comme des malpropres » de la représentation interprofessionnelle « est la goutte d’eau qui a précipité notre décision », mais « nous étions en désaccord sur les orientations générales et la communication : plus orientée sur les entreprises que sur les appellations. On parle d’appellations du Languedoc, mais elles ne sont jamais précisées » explique Alain Gleyzes, le président du syndicat de défense du cru Fitou, qui souligne que 47 % de la production de l’AOC est assurée par des metteurs en marché direct.

Avec 55 % de ses volumes AOC vendus par des metteurs en marché direct, Olivier Verdale, le président du syndicat général de l’appellation Corbières, souligne qu’il attend depuis juillet 2021 des échanges constructifs avec le CIVL. « Depuis l’envoi de la lettre de dénonciation des accords triinterprofessionnels, j’ai eu des échanges pour prendre rendez-vous. Cela a tardé… » regrette le vigneron de l’Aude, qui espère des négociations avec l’interprofession pour remettre à plat la communication. Et estime que « la balle est dans le camp de l’interprofession. Les 18 mois à venir sont très importants pour l’avenir du CIVL. Il faut discuter, après on verra avec le conseil d’administration [de l’ODG Corbières] » qui a voté le départ à l’unanimité en l’état des discussions. Devant être formalisée 18 mois avant la fin de l’accord interprofessionnel, la dénonciation permet ainsi d’ouvrir une période de négociation entre le CIVL et sa première AOC.

Investissement sans retour

Regrettant que Fitou soit revenue dans le giron interprofessionnel en 2012 (après un départ en 2006), Alain Gleyzes souligne que pour son ODG il ne s’agit pas de sommation pour négocier des évolutions politiques, mais d’une décision ferme de quitter le CIVL. « On commande un taxi et on nous fait rester à quai en payant le gazole » martèle le président de l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG), rapportant que Fitou « ne se reconnaît pas dans la communication du CIVL. Je suis très déçu, sur la forme et sur le fond. Maintenant, ça suffit. » Même en cas d’annonce d’une réinsertion des metteurs en marché direct au collège du négoce lors de la prochaine AG du CIVL (prévue en juin prochain), Fitou compte rester en dehors de l’interprofession. Une position déjà adoptée par l’AOC Minervois en 2020, mais rejetée ce printemps par le syndicat Malepère.

Des choses vont dans le bon sens

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Réunie en avril, une assemblée générale extraordinaire du syndicat du Cru Malepère a voté à 63 % son maintien dans le CIVL indique Gilles Foussat, le président de l’ODG. « Le résultat est net pour reconduire les accords triennaux. Le débat était divisé, le négoce et la coopération ont souhaite que Malepère reste au CIVL, la grande majorité des vignerons indépendants étaient contre » indique le vigneron, qui reconnaît ne pas être un partisan du maintien* : « il faut prendre acte et espérer que ce soit pour le bien de l’AOC Malepère. Il y a des choses qui vont dans le bon sens au CIVL en matière de marketing, il faut espérer que la politique menée va changer. »

Des discussions sont justement amorcées pour étudier les possibilités de réintégration des metteurs en marché direct au sein du CIVL indique Alexandre They, le président de la fédération régionale des metteurs en marché direct, qui espère des annonces à l’occasion de la prochaine assemblée générale de l’interprofession en juin. « Mais la réintégration des metteurs en marché direct ne résoudra pas tout. Il y a des enjeux de fonctionnement et de répartitions budgétaires à revoir pour que les AOP retrouvent leur place » souligne le vigneron des Corbières.

Sollicité, le président du CIVL, Christophe Bousquet, ne souhaite pas commenter pour le moment.

 

* : « Comme au rugby, pendant le match on joue comme on le doit, après le match on se retrouve tous ensemble et on discute autour d’une bouteille de Malepère » souligne Gilles Foussat.

 

 

 

 

 

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