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Engagement
3 écolabels bons pour l'image de la viticulture

Bee Friendly, Fair for Life ou 1 % for the Planet sont autant de labels spécifiques d'une cause écoresponsable qui font leur apparition en viticulture. Ceux qui en bénéficient y voient un moyen de prouver leur engagement, mais pas d'effet sur leurs ventes.
Par Aude Lutun Le 06 mai 2022
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3 écolabels bons pour l'image de la viticulture
Catherine et Frédéric Albert du Domaine la Villa Sépia. Pour Frédéric Albert le label Bee Friendly n’est pas un argument de vente, mais il conforte l’image de son exploitation engagée pour le respect l’environnement. - crédit photo : Villa sépia
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Montblanc, dans l’Hérault, la Villa Sépia est labellisée Bee Friendly depuis 2019. « Obtenir ce label, ça n’a pas été un effort ; c’est le fruit d’une prise de conscience du besoin des insectes butineurs », résume Frédéric Albert, à la tête de ce vignoble de 6 hectares. Comme lui, 112 domaines viticoles français sont certifiés, ce qui représente 3 200 hecta.

Bee Friendly pour ceux qui préservent les abeilles

Le label Bee Friendly, très reconnaissable à son logo en forme de cœur dessiné par une abeille, est attribué aux agriculteurs qui protègent les abeilles et autres insectes pollinisateurs. Pour l’obtenir, il faut respecter un référentiel comprenant 27 exigences, qui vont de l’interdiction d’utiliser toute une liste de produits écotoxiques à l’obligation de fournir des ressources toute l’année aux abeilles. Rien de très contraignant pour Frédéric Albert qui est en conversion en bio.

Selon ce vigneron, ce label n’est pas un argument de vente, mais il conforte l’image de son exploitation engagée pour le respect l’environnement. « Les consommateurs sont sensibles à ce logo, car l’abeille a une belle image, observe-t-il. Ils savent que sans abeilles, il n’y a plus de vie. Nous communiquons sur ce label en l’apposant sur notre étiquette frontale et avec une phrase explicative  sur notre contre-étiquette. »

1 % for the Planet pour financer des actions environnementales

Bien moins répandu, le label 1 % for the Planet repose sur un autre engagement. Celui de financer des actions environnementales à hauteur de 1 % du chiffre d’affaires réalisé sur les références choisies par l’entreprise adhérente. Souvent précurseurs, les Vignerons du Buzet ont été les premiers à s’engager dans cette démarche, en 2019, pour leur cuvée Petit Baron, puis pour les bouteilles Baron d’Albret et Odalis.

« En 2021, ces trois références ont dégagé un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros, soit 11 % du chiffre d’affaires de nos marques propres. Nous avons donc versé 15 000 € à 1 % for the Planet, qui l’a attribué à une association », rapporte Sébastien Bourguignon, directeur marketing de la coopérative. Les adhérents peuvent aussi attribuer directement cette somme à l’association de leur choix.

« Ce label ne déclenche pas d’acte d’achat, ni Bee Friendly d’ailleurs, un label que nous avons aussi, souligne Sébastien Bourguignon. Cela s’intègre dans un tout. C’est également important en interne. Pour les vignerons comme pour les salariés, c’est une fierté d’avoir ces labels. »

Fair for Life pour le commerce équitable

Dans un tout autre registre, le label Fair for Life atteste, lui, d’une démarche de commerce équitable. En viticulture, les Vignobles Gabriel & Co, en Gironde, sont les seuls à être certifiés en France. Créés par le négociant Jean-François Réaud, les Vignobles Gabriel & Co travaillent en étroite collaboration avec 34 vignerons. Certains lui vendent la totalité de leur récolte, d’autres seulement une partie, avec un engagement triannuel.

« Le commerce équitable ne se résume aux échanges Sud-Nord de café et de sucre, estime Christophe Porcher, viticulteur à la Ferme des Mauberts et adhérent aux Vignobles Gabriel & Co. L’agriculture est le seul secteur où le prix du marché est parfois inférieur aux coûts de production ! » De fait, les vins labellisés sont vendus au minimum à un prix un tiers plus élevé que ceux du marché. « Un expert-comptable extérieur audite les vignerons pour valider que leurs vins sont bien achetés au-dessus de leurs coûts de production », poursuit Christophe Porcher. En contrepartie, le cahier des charges est exigeant sur le plan environnemental. Il oblige à économiser l’eau et la consommation électrique ou encore à renoncer au glyphosate.

« Le label Fair for Life éclaire les consommateurs, en leur garantissant que les producteurs bénéficient d’une rémunération correcte », explique Christophe Porcher. Mais, pas plus que les précédents, il ne dope les ventes. « Nous vendons surtout en GD en France et le label ne nous apporte pas grand-chose, admet Jean-François Réaud. Cependant, il légitime notre démarche. Dans le domaine du vin, on en est au balbutiement de la reconnaissance du commerce équitable par la grande distribution. À l’export, il y a plus d’appétence. Il faut que d’autres opérateurs s’engagent. »

Un modèle vertueux

Jean-François Réaud a créé un fonds de développement, financé par 1 % des ventes de vin réalisées sous ce label. Présidé par Christophe Porcher, ce fonds a récolté 20 500 € en 2021, destinés à soutenir des formations aux premiers secours, une démonstration de nettoyage de matériel agricole économe en eau avec des détergents biodégradables, des plantations de haies à l’automne 2022 avec l’association Arbres & Paysages, etc.  « Je suis fier d’appartenir à ce label, assure Christophe Porcher. Nous nous appliquons à réduire notre empreinte. C’est un modèle vertueux qui devrait être développé ! »

 

1 % for the Planet

Créée en 2002 par les fondateurs de Patagonia et Blue Ribbon Flies, l’association 1 % for the Planet reverse des fonds à des associations de protection de l’environnement. Derrière les États-Unis, la France est le pays le plus actif : le cap des 1 000 entreprises adhérentes vient d’être franchi ! Elles reversent 1 % de leur chiffre d’affaires sur une partie ou sur la totalité de leur activité. Au niveau mondial, plus de 350 millions de dollars ont été collectés depuis 2002. En France, cette organisation accompagne 600 associations. En viticulture, sept entreprises sont adhérentes.

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Tous les commentaires (2)
Albert Le 07 mai 2022 à 14:59:24
Que d'énergie perdue avec tous ces éco-labels ! .. sauf à supposer que le consommateur aura la curiosité de s'intéresser à ces différents cahiers des charges ou différentes chartes ! .. je pense que la filière aurait mieux été inspirée de ne valoriser qu'une seule charte (ou un cahier des charges) intégrant toutes les problématiques environnementales auxquelles sont sensibilisés les consommateurs avertis ou impliqués. Là, ça partirait plutôt dans tous les sens. Les bouteilles seront décorées de moult logos .. portant un message sans lien avec le produit mais avec la sensibilité du producteur ? Quel est l'intérêt de ces valorisations ... il suffirait que le réseau de distribution choisi par le producteur soit "reconnu" pour son niveau d'exigence sur tel ou tel critère pour valoriser ce genre de démarches. Et pas besoin de logos (PS : et d'ailleurs, quel contrôle "sérieux" - taux, fréquence - est mis en oeuvre pour vérifier la sincérité des déclarations ?).
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Albert Le 07 mai 2022 à 08:10:36
Bravo à celles et ceux qui s'impliquent pour revendiquer ces eco-labels. Mais à quoi bon multiplier ces signes de valorisation de ces démarches respectueuses de l'environnement, du vivant, alors qu'il y aura bientôt le risque de saturer le consommateur en informations "positives" alors qu'il n'aura pas nécessairement intégrer à les exigences de tous ces cahiers des charges ? ..
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