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Protection viticole
Le dithianon plébiscité dans le vignoble pour lutter contre le mildiou et le black-rot

L'interdiction de spécialités polyvalentes mildiou et black-rot amène des distributeurs et des viticulteurs à se reporter sur le dithianon, présent dans Futura de BASF. Retours d'expérience.
Par Clément L Hote Le 04 mai 2022
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 Le dithianon plébiscité dans le vignoble pour lutter contre le mildiou et le black-rot
« L’efficacité du dithianon face au mildiou est évidente », assure Arnaud Coulet, viticulteur à Lablachère, en IGP Ardèche. - crédit photo : DR
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esponsable agronomique du groupe coopératif d’appros Océalia, en Charente, Pascal Maran a vu le dithianon arriver avec soulagement en 2018. Cette matière active n’existe que dans un produit, Futura de BASF, où elle est associée à du phosphonate de potassium. « Depuis le milieu des années 2010, on perd des spécialités polyvalentes, homologuées contre le mildiou et le black-rot alors que la pression black-rot monte. Dès la première année de Futura, j’ai fait un peu le forcing pour qu’il soit référencé chez nous », relate-t-il.

Un produit non exposé aux résistances

Outre sa polyvalence mildiou et black-rot, ce produit n’est pas exposé aux résistances. « Des problèmes de résistance ont été constatés dans le Bordelais sur Mildicut il y a trois ans, et en Champagne sur Profiler il y a deux ans. Nous poussons moins ces produits désormais. Zorvec pourrait aussi être concerné à moyen terme. Dans ce contexte, pour avoir des alternatives, j’ai référencé Futura. Une application à la place d’un des deux Zorvec, habituellement recommandés, permet déjà de limiter les risques d’apparition de résistances », analyse Josquin Lernould, responsable du marché appro viti de la coopérative Cérésia, en Champagne.

Ainsi, « les ventes de Futura tendent à progresser », indique Béatrice Bacher, responsable marketing chez BASF. Par endroits, on parle même d’explosion. « En 2021, après la grosse claque mildiou, j’ai dit à mes collègues de le recommander aux viticulteurs, souligne Josquin Lernould. Cette année, tout le monde en veut. On en faisait 1 000 litres il y a trois ans. Cette saison, on est déjà à 10 000, voire 15 000 litres. »

Un fongicide "satisfaisant"

Pour Pascal Maran, les chiffres sont aussi « très satisfaisants ». Pour sa quatrième campagne de commercialisation, « le produit est en progression régulière, car il ne déçoit pas contre le mildiou ». Ce distributeur a évalué Futura en 2018 par rapport à d’autres produits. « Sur mildiou, le pack Bel (Zorvec + Kimoflex) est arrivé en tête, suivi du pack Bria (Zorvec + Flovine) et de Futura, juste derrière. Il tient la comparaison, même en cas de forte pression. » Sur black-rot, « Futura peut suffire en cas de pression faible à moyenne, mais il doit être complété par un anti-oïdium homologué contre le black-rot en cas de fortes attaques ». Selon Thierry Favier, responsable technique du groupe CAPL (Coopérative agricole Provence-Languedoc), « le dithianon fait partie des meilleurs antimildiou. Sur black-rot, il est intéressant, mais à renforcer avec une strobilurine ou un IDM ».

L'attaque de mildiou a été stoppée

Arnaud Coulet, viticulteur à Lablachère, sur 12 ha en IGP Ardèche, l’a employé deux fois, dont une en juin 2020, au stade petit pois, dans le cadre d’une pression importante. Avec une pleine dose et 150 l/ha de bouillie. « L’efficacité était évidente face au mildiou, dit-il. Mais cela ne m’a pas étonné, j’en avais déjà entendu parler. » Même satisfaction à Rodern, en Alsace, chez Emeric Kreyer. « J’ai fait une application à pleine dose le 7 juillet 2021, pour contrer une grosse attaque de mildiou. L’attaque a bien été stoppée, avec des taches sur feuille en grande partie desséchées. »

Ces vignerons apprécient aussi la rémanence de la matière active. Gilles Sipeyre, producteur à Cannes-et-Clairan (Gard), emploie Futura lors d’un passage à pleine dose. « Je le mets entre nouaison et fermeture, car après cette période, les orages sont presque terminés chez nous. Avec un produit comme ça, on peut finir la saison proprement : il tient jusqu’à dix-huit ou vingt jours. » Chez Arnaud Coulet, « il y avait un peu de pression, et j’ai quand même pu attendre quatorze jours avant le traitement suivant. Le produit est très collant, il a bien tenu. Il résiste au moins à 30 mm de pluies. »

Risque de phytotoxicité marginal

Revers de la médaille : « Sur les appareils, ça colle, on met beaucoup de temps à rincer les bidons, déplore Gilles Sipeyre. Et ça peut créer une sorte de peau de lézard sur les grains, souvent en bout de rang, car on a tendance à pulvériser davantage à ces endroits. Pour éviter cela, la qualité et l’heure d’application sont importantes. Le mouillage aussi. Je mets de 140 à 150 l à l’hectare. En dessous de 100 l, on prend un risque. » Thierry Favier confirme : « Le dithianon est agressif. On peut avoir des petits soucis de phytotoxicité sur jeunes baies, post-floraison. On appelle ça le boisage. Mais c’est à la marge, on a un souci chaque année, pas plus. »

 

À positionner en préventif

Pascal Maran, de la coopérative Océalia, en Charente, recommande Futura « en préventif, soit juste avant floraison, soit en fin de floraison, en complément de packs Zorvec centrés sur la floraison ». Un point de vue partagé par Josquin Lernould, de la coopérative Cérésia, en Champagne : « L’idéal est de le mettre juste avant de grosses contaminations à pleine dose, ou en début de campagne à 2,5 ou 3 l seulement, pour sécuriser le début de saison tout en gagnant des IFT. »

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