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Système renforcé :
10 ans après, la sortie des primeurs du château Latour "n’a pas fait école"

Une décennie après le départ du premier grand cru classé en 1855, le système bordelais de ventes en primeur y a non seulement survécu, mais se trouve renforcé par l’expérience de la crise sanitaire.
Par Alexandre Abellan Le 25 avril 2022
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10 ans après, la sortie des primeurs du château Latour
Si le château Latour ne met pas en marché ses vins pour les primeurs, il ouvre ses portes aux visiteurs professionnels lors de la semaine de dégustation des primeurs. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives)
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lors que la semaine des primeurs débute, la place de Bordeaux et ses ventes de grands crus se portent bien : on n’en aurait même jamais autant vendu d’après les propriétés et négociants concernés. De quoi renforcer le système des ventes en primeur… et poser la question de ce qu’il reste du départ soudain du château Latour de ce système. Appartenant à la famille Pinault, le premier grand cru classé en 1855 à Pauillac a choisi, en avril 2012, de ne plus mettre en marché que des millésimes aptes à la dégustation.

Dix ans après, « cela reste un épiphénomène, ça n’a pas fait école. Il faut être Latour pour se permettre de se priver de l’exposition des primeur (même s’il y a une présentation des millésimes pendant les primeurs) » note un propriétaire, rapportant « l’impression du négoce que les propriétés gardent plus de vin sous le pied, mais sans franchir le pas de manière aussi tranchée ». Un stock croissant à la propriété que confirme le négociant Fabrice Bernard, le PDG de Millésima, qui note que « même si elles continuent à jouer le jeu des primeurs, de plus en plus de propriétés ont tendance à mettre en marché de plus en plus de livrables ».

Mise en lumière

« Je ne suis pas pour faire d’une exception une généralité » nuance le négociant Philippe Tapie, le président de Haut Médoc Sélection (HMS), pour qui le départ de Latour ne peut pas être le déclencheur d’une tendance. « Je regrette que Latour ne soit pas resté dans le système, mais cela n’empêche pas le système des primeurs de garder sa force et de démontrer sa puissance sur ces dernières années difficiles » souligne Philippe Tapie, défendant le système unique des primeurs : « c’est une mise en lumière sur un espace-temps donné avec une commercialisation calée de mi-mai à fin juin. Ce sont 2 mois essentiels. »

Le départ de Latour n’aurait pas changé grand-chose confirme le négociant Roland Coiffe, à la tête de Roland Coiffe & associés. « Les propriétés avaient des stratégies différentes depuis longtemps. Chacun met le curseur entre primeur et livrable où il le souhaite » indique le négociant, soulignant que « le système des primeurs n’a jamais été aussi fort que ces dernières années. Latour a choisi un autre type de mise en marché : ça se passe très bien pour eux, il n’y a aucun effet sur leur désirabilité. La règle est de ne pas être un suiveur, mais un précurseur sur sa voie. »

Marché secondaire

Reste que depuis le retrait de Latour des sorties en primeurs, son attractivité sur le marché secondaire s’est réduite note Romain Grudzinski, analyste pour le site Liv-Ex, qui souligne qu’il s’agit de l’« un des premiers crus les moins échangés sur le marché secondaire. Son attirance s’est réduite en dehors des mises en vente (mi-mars 2022 pour le millésime 2014). »

 

 

 

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