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Un prix, des primeurs
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Un prix, des primeurs

Par Alexandre Abellan Le 22 avril 2022
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Un prix, des primeurs
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éjà précédée par de nombreux journalistes et dégustateurs depuis ce début avril, la semaine des primeurs revient dans le vignoble de Bordeaux : du lundi 25 au jeudi 28 avril, les dégustations du millésime 2021 vont animer le vignoble girondin, avec un retour attendu des négociants, distributeurs et courtiers dans les grands crus du Médoc, de Saint-Émilion, de Graves, de Sauternes… Après deux années de dégustations à distance, pour cause de crise covid, ces retrouvailles dans les propriétés sont d’autant plus appréciables que 2021 est d’une qualité plus hétérogène, entre gel et mildiou, que la dernière trilogie qualitative, la succession 2018, 2019 et 2020. Nécessitant plus de précision dans les dégustations, ce millésime 2021 a les moyens de ne pas être mis au ban, une année gélive n’étant pas forcément disqualifiante (est répété à l’envi l’exemple du mythique millésime 1961 du château Palmer). Les grands crus ayant eu les moyens, techniques et humains, de faire face aux difficultés de 2021, les bonnes notes devraient être au rendez-vous et alimenter la demande en vins fins qui anime depuis des mois la place de Bordeaux (avec des ventes soutenues pour les 2019 livrables).

Alors que le système atypique des primeurs sort renforcé de la crise sanitaire covid grâce à la forte hausse de la consommation des vins haut de gamme (et au maintien de l’économie mondiale par « l’argent magique ») et que l’offre de grands vins s’annonce réduite sur le millésime 2021 (à Bordeaux, mais aussi en Bourgogne, Vallée du Rhône, Val de Loire, Toscane, Rioja…), l’apparent déséquilibre entre offre et demande amènerait les châteaux à envisager des hausses tarifaires. Des propriétaires notant que leurs prix sont bien faibles par rapport à certains vins de Californie ou de Borugogne. Mais les signaux sont actuellement contradictoires : entre inflation galopante, effet domino de l’invasion russe en Ukraine, situation sanitaire évoluant rapidement (en témoigne ce qui se passe en Chine) et la disponibilité sur le marché de millésimes plus cotés (avec des prix restants attractifs), l’équation est loin d’être aisée à résoudre.

Pour le reste du vignoble girondin, toutes ces interrogations qui animent la place de Bordeaux semblent bien éloignées de la réalité des cours du vrac et des difficultés commerciales. Cela tient en effet des problèmes de riches. Mais la semaine des primeurs n’est pas un enjeu réservé à la centaine de grands crus vendant par la place, c’est aussi un moment capital pour l’image de l’ensemble des vins de Bordeaux. Cet évènement alimente la désirabilité de l’ensemble d’une filière constituant le premier département viticole de France. Charge au négoce de ne pas rester dans la facilité : celle de mettre en marché des vins chers qui se vendent chers, mais de se battre pour toute l’offre bordelaise, recelant d’une diversité de profils aux rapports qualité-prix attractifs.

 

 

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