Accueil / Commerce/Gestion / Les mesures d’aide au vignoble face à la flambée du GNR, du gaz, de l’électricité…

Plan résilience
Les mesures d’aide au vignoble face à la flambée du GNR, du gaz, de l’électricité…

Pour enrayer la spirale inflationniste sur les prix des matières premières, le gouvernement actionne une remise sur le Gazole Non Routier, des acomptes d’écotaxe, des aides aux surcoûts...
Par Alexandre Abellan Le 17 mars 2022
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Les mesures d’aide au vignoble face à la flambée du GNR, du gaz, de l’électricité…
'Cette crise aura des conséquences bien plus larges, notamment du fait de l’augmentation des prix de l’énergie et des matières premières qu’elle induit' prévient Jean Castex. - crédit photo : DR
A

ugmentant déjà depuis la fin 2021, « les hausses du prix du baril, observées depuis le début de la guerre en Ukraine, nécessitaient que nous allions plus loin* » annonce le premier ministre, Jean Castex, présentant, ce 16 mars, un plan de résilience économique et social. Le chef du gouvernement annonce ainsi, « à compter du premier avril, et pour une durée de 4 mois, une "remise carburants" de 15 centimes par litre pour réduire le prix à la pompe. Cette remise concernera tous les Français, sur le territoire métropolitain et dans les Outre-mers, les particuliers comme tous les professionnels. Pourront notamment bénéficier de la mesure les routiers, les taxis et les transporteurs sanitaires, les agriculteurs » esquisse le premier ministre, appelant les distributeurs à aller au-delà des 15 centimes de réduction.

« La remise sur les carburants de 15 centimes hors taxe au 1er avril s’applique aussi au Gasoil Non Routier (GNR) des agriculteurs » renchérit Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, ajoutant « à cette mesure […] le remboursement anticipé de la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE) de 2021 et, sur demande, un acompte de 25 % pour la TICPE 2022, qui seront versés après déclaration, dès le 1er mai 2022 ». Le ministre de l’Agriculture ajoute que les entreprises agricoles seront également éligibles à l’aide pour la consommation de gaz et d’électricité. « Un dispositif qui bénéficiera aux entreprises dont les dépenses de gaz et d’électricité représentent au moins 3 % des charges, et qui deviendraient déficitaires en 2022 du fait du renchérissement de leurs dépenses en énergie. Nous prendrons en charge la moitié du surplus de dépenses énergétiques, dans la limite de leurs pertes » indique Julien Denormandie.

Réactions syndicales

Face à ces annonces attendues, le syndicalisme agricole n’a pas tardé à réagir. « Pour parer au plus urgent pour l’ensemble de la chaîne alimentaire, nous saluons particulièrement l’attention portée aux filières d’élevage, à la prise en charge partielle des surcoûts du gaz et de l’électricité et à la prise en compte des problèmes de trésorerie, à la fois pour les exploitations agricoles et les entreprises » indique dans un communiqué Dominique Chargé, le président de La Coopération Agricole. « Sur les enjeux de court terme, la FNSEA salue l'intégration du secteur agricole et agroalimentaire dans ce plan » confirme le syndicat majoritaire, qui regrette que ses propositions n’aient pas été reprises pour « les soutiens directs et rapides pour compenser l'augmentation du prix du gaz ou de l'électricité » et pour « abaisser à son maximum la fiscalité du GNR via une mesure de compensation ».

 

* : « Au cours des dernières semaines, le prix du pétrole est monté jusqu’à atteindre le double de ce qu’il était en 2019 ; plus encore, les pics observés pour le gaz et l’électricité se sont situés à des niveaux plus de 10 fois supérieurs au cours des dernières années » précise Jean Castex, soulignant que face à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, « je veux être clair, si nous espérons que la raison reprendra ses droits, si nous devons absolument tout faire pour favoriser une solution diplomatique, nous avons tout autant le devoir de nous préparer à une crise longue ».

 

Autres volets du plan de résilience

À noter que le plan de résilience comporte d’autres volets concernant la filière viticole. Comme le report de charges fiscales et sociales : « l’accès sera facilité pour les entreprises mises en difficulté par l’augmentation des prix de l’énergie ou la perte de débouchés à l’exportation. Elles pourront à cet effet saisir les services de la DGFiP et des URSSAF, auxquelles les instructions correspondantes vont être données » annonce Jean Castex. Qui annonce soutenir l’export avec la prorogation du « chèque relance export et du chèque Volontariat Internationale en Entreprise (VIE). Nous mobiliserons également l’assurance prospection pour soutenir l’effort de réorientation de certaines exportations vers de nouveaux marchés et de développer les prospects à l’export des entreprises. »

Face aux enjeux d’approvisionnement des engrais à partir de l’automne 2022, Julien Denormandie annonce « la mise en place d’un groupe de travail de sécurisation des matières premières importées, et de la production d’engrais sur notre sol [avec] le développement de l’usage des engrais organiques ».



 

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé