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Alerte cybersécurité pour la filière vin
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"Votre survie en dépend"
Alerte cybersécurité pour la filière vin

Les équipes spécialisées de la gendarmerie appellent les professionnels du vignoble à adopter de bonnes pratiques numériques pour limiter les risques d’attaques et d’arnaques.
Par Alexandre Abellan Le 09 mars 2022
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Alerte cybersécurité pour la filière vin
« La question n’est pas de savoir si l’on va se faire attaquer, c’est de savoir quand » prévient le lieutenant-colonel Ludovic Boncompain, appelant à une prise de conscience du risque cyber.
D

ans le vignoble, « je dois vous avouer que le sujet de la prévention des risques en matière de sécurité numérique n’est pas, de prime abord, un sujet principal qui anime les discussions de bout de rang de vigne » reconnaît Jean-François Galhaud, le président du conseil des vins de Saint-Émilion, accueillant ce 8 mars une visioconférence dédiée à la sensibilisation des entreprises vitivinicoles sur leur cybersécurité. Pouvant paraître distantes, ces attaques et arnaques numériques peuvent toucher n’importe quelle entreprise avec des intrusions sous forme « de virus attachés à des mails, de tentatives d’arnaques avec des commandes fictives ou encore des attaques de nos serveurs pouvant entraîner la perte de nos historiques de mails, de commandes, de fichiers clients » esquisse Jean-François Galhaud, notant des cyberattaques plus inattendues, comme le piratage du site du conseil des vins de Saint-Émilion affichant un drapeau islamiste.

« Une cyberattaque, ça n’arrive pas qu’aux autres » pointe le lieutenant-colonel Ludovic Boncompain, le chef du bureau d’appui numérique de la gendarmerie de la région Nouvelle-Aquitaine. En opération sensibilisation, le gendarme confirme que « ce n’est pas parce que l’on est une petite exploitation agricole que l’on est à l’abri ». Pour l’experte, la filière vin est « appétissante » avec ses performances économiques : tous les domaines, caves coopératives, négoces et cavistes peuvent être visés, avec la numérisation de l’économie et la professionnalisation de la cybercriminalité. Pour réduire les risques, le lieutenant-colonel Ludovic Boncompain préconise de s’astreindre à un hygiène informatique rigoureux : avec la mise à jour des logiciels et la sauvegarde régulière des données stratégiques (au moins sur trois supports, dans deux endroits différents et une copie sur poste de travail).

Bonnes pratiques

Pour appuyer ces appels aux actions de bon sens, le service spécialisé de la gendarmerie de Bordeaux martèle qu’il serait illusoire de se croire à l’abri des attaques à la fausse facture (dite arnaque au président), par hameçonnage (usurpation d’identité permettant d’accéder au réseau informatique interne), par un rançongiciel (cryptant les données et empêchant le bon fonctionnement de l’entreprise)… Pour éviter d’être une proie facile, « il faut du bon sens, comme pour éviter un cambriolage » indique l’adjudante Christelle Boissimon, référente sécurité économique et protection des entreprises à l’état-major régional de la gendarmerie de Bordeaux. Filant l’analogie, l’experte conseille aux entreprises de la filière vin de fermer leur porte numérique (avec un antivirus et un pare-feu), de ne pas laisser traîner leurs clés (utiliser des mots de passe qui ne soient pas écrits sur un post-it collé à l’écran de son ordinateur et les modifier avec les départs de stagiaires et d’employés), ne pas laisser entrer des inconnus dans la maison (ne pas cliquer sur un lien ou une pièce jointe d’un mail sans être sûr de sa légitimité), se rappeler que l’habit ne fait pas le moine (au moindre doute sur un appel ou un mail, vérifier par un autre canal)…

L’adjudante Christelle Boissimon conseille également de ne jamais se précipiter en cliquant trop vite sur une lien ou une pièce jointe (souvent les tentatives d’arnaques se passent en fin de semaine pour accentuer l’impression d’urgence), de ne pas croire aux choses trop belles pour être vraies (gains à la loterie, reversement d’impôts…), de faire attention à ce que l’on publie sur les réseaux sociaux (des informations sensibles peuvent informer sur des absences du chef d’entreprise ou sur la présence de biens de valeur), de créer une culture d’entreprise en sensibilisant et formant les employés (avec la rédaction d’une charte informatique des droits et devoirs de chacun).

Il ne faut pas rester seul

Loin d’être rassurants, les gendarmes intervenant lors de cette visioconférence estiment que les opérateurs de la filière vin ne doivent pas se demander s’ils seront visés un jour par un acte cyber malveillant, mais quand ils seront attaqués (à titre individuel ou professionnel). Lors d’une agression numérique, « il ne faut pas rester seul et appeler le 17, police ou gendarmerie, pour avoir un appui » indique l’adjudant-chef Sébastien Duporge, spécialiste des nouvelles technologies à la gendarmerie de Nouvelle-Aquitaine. Ces conseils peuvent permettre d’empêcher un virement à l’international (par l’intervention de Tracfin), aboutir à l’isolement des systèmes infectés par un virus (et le conseil de ne pas éteindre les machines), indiquer les obligations légales (comme la déclaration à la CNIL d’un incident concernant des listes de données personnelles). Dans tous les cas, il faut communiquer avec ses clients et contacts pour les prévenir et éviter que d’autres soient ciblés : « ce n’est pas une honte d’être attaqué, ce n’est pas une maladie honteuse » indique l’adjudant-chef Sébastien Duporge.

Face à un monde virtuel sans frontière ni limite, « la cybersécurité, ce n’est pas qu’une affaire technique, de votre informaticien ou de votre prestataire informatique. C’est l’affaire du dirigeant » note le lieutenant-colonel Ludovic Boncompain, pour qui « votre survie en dépend ». En cas d’attaque d’ampleur, le gendarme prévient : « c’est le retour à l’âge de pierre. Au crayon et au papier. Gardez votre fax… »

 

 

 

 

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