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Ce qui change pour les vins bio avec le nouveau règlement européen
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Ce qui change pour les vins bio avec le nouveau règlement européen

Le salon Millésime Bio a été l’occasion pour les vignerons de se remettre en tête les évolutions liées à l’entrée en vigueur du règlement 2018/848. Elles concernent la mixité, le matériel végétal, la fertilité des sols, les pratiques œnologiques, ou les produits de nettoyage.
Par Marion Bazireau Le 02 mars 2022
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Ce qui change pour les vins bio avec le nouveau règlement européen
Pascal Laville coordonne la commission vin bio à l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO). - crédit photo : Marion Bazireau
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oordinateur de la commission vin bio à l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO), Pascal Laville est intervenu lors du salon Millésime Bio pour expliquer les changements des modalités de production de vins bio impliqués par l’entrée en vigueur le 1er janvier dernier du règlement européen 2018/848.

« Ce règlement socle est déjà accompagné d’une vingtaine d’actes secondaires, dont le règlement 2021/165 qui liste les différents produits (engrais, phytos, intrants œnologiques…) pouvant servir à leur élaboration, a d’abord précisé Pascal Laville. Et d’autres textes sont en attente ».

La mention « vin en conversion vers l’agriculture biologique » est désormais autorisée, et ce dès la deuxième année, à condition que le vigneron n’utilise pas de sucre ou tout autre ingrédient d’origine végétale lors de la vinification.

La dérogation permettant la mixité des productions pendant la période de conversion est par ailleurs passée d’un règlement d’application au règlement de base. « Le vigneron n’a plus besoin de la demander, comme c’était par exemple le cas quand il rachetait une parcelle conduite de manière conventionnelle, mais la mixité n’est désormais possible que s’il existe un plan de conversion sur l’exploitation et qu’il est achevé dans un délai maximum de 5 ans » détaille Pascal Laville.

L’obligation d’utiliser du matériel végétal bio devient la règle. « L’évolution de l’arrêté relatif à la lutte contre la flavescence dorée a permis aux pépiniéristes de commencer à en produire. Mais en attendant qu’ils soient disponibles, le comité national de l’agriculture bio a inscrit la vigne en autorisation générale de dérogation pour continuer à utiliser des plants de vigne conventionnels ».

Pour acheter des plants de vigne bios, il conviendra dans le futur d’utiliser la base de données qui existe déjà pour les semences. Les viticulteurs devront y exprimer leurs besoins et visualiser les plants disponibles sur le marché. « C’est également ici qu’ils feront leur demande de dérogation s’ils ne trouvent pas de plants bio, sachant que la fin des dérogations est prévue pour 2035 ».

Fertilité et activité biologique des sols

Autre élément important, le règlement prévoit la préservation de la fertilité et de l’activité biologique des sols via l’implantation d’engrais verts et de légumineuses au sein des vignes. « Nous nous posons encore des questions sur l’application de cette mesure, et ne sommes pas certains qu’elle soit vraiment rendue obligatoire » temporise Pascal Laville.

La température maximale lors du traitement thermique des vins est par ailleurs passée à 75°C, et les levures sèches inactivées sont désormais autorisées lors de la fermentation malolactique.

Des travaux doivent en outre être menés par la profession pour définir une liste de produits de nettoyage et de désinfection autorisés. « La Commission Européenne a décalé l’entrée en vigueur de la mesure à début 2024, mais cela nous paraît encore trop court » poursuit Pascal Laville.

Bonne nouvelle, selon l’inspecteur, la certification de groupe est désormais possible pour les petites exploitations.

Enfin, le règlement précise les modalités de la gestion des contaminations croisées, involontaires ou frauduleuses. « Il énonce notamment les cas où les produits ne peuvent plus être commercialisés en bio. Un vigneron pourra perdre la certification d’un vin en bio s’il contient des pesticides, même s’il n’en est pas responsable, sans que cela ne remette en cause la certification de l’exploitation ». Ces mesures, et d’autres, sont interprétées dans le guide de lecture disponible sur le site de l’INAO.

Pour finir, Pascal Laville a expliqué à son assemblée qu’il était maintenant possible de déroger à certaines règles en cas de catastrophe climatique, d’incident environnemental, ou de catastrophe naturelle.

 

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