Accueil / Viticulture / 5 questions à se poser avant de se lancer dans la vitiforesterie

Planter sans se planter
5 questions à se poser avant de se lancer dans la vitiforesterie

Couverts végétaux, haies, arbres dans les parcelles de vignes ou dans les tournières ? Choix d'essences, budget ? Voici toutes les questions que les viticulteurs doivent se poser pour réussir leur projet agroforestier.
Par Marion Bazireau Le 18 janvier 2022
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
5 questions à se poser avant de se lancer dans la vitiforesterie
Bien analyser son terroir est déterminant dans la réussite d’un projet d’agroforesterie. - crédit photo : IFV Occitanie
S

pécialiste de l’agroforesterie et fondateur de SylvaTerra, Dempsey Princet a accompagné plusieurs viticulteurs de Champagne, Bourgogne ou de Chablis dans leur projet de vitiforesterie.

Avant de leur donner des pistes de choix d’essences et d’aménagements, il leur a toujours conseillé de « commencer petit » et posé plusieurs questions. Les voici.

1) Quel objectif ?

Pourquoi la vitiforesterie ? Pour le côté paysager ? Pour réguler le climat ? Chercher un effet brise-vent ? Gagner en biodiversité ? Faire venir des auxiliaires ? Améliorer la fertilité des sols ? Produire des fruits ?

 

2) Quel contexte ?

Quel est le contexte pédoclimatique ? La topographie de vos parcelles ? La pluviométrie moyenne ? Le sens des vents dominants ? La surface et l’orientation des rangs de vigne ? Le type de sol ? Sa profondeur ? Sa texture ? Sa structure, son pH, sa teneur en calcaire actif ?

« En cas de sols calcaire, il ne sera par exemple pas possible de planter du châtaignier » illustre Dempsey Princet. L’hydromorphie des sols est également importante, tout comme la présence de plantes bioindicatrices ou de bois autour des parcelles pour se faire une idée des essences adaptées au terroir.

 

3) Quelle réglementation ?

La majorité des cahiers des charges des appellations de vins n’interdisent pas de planter des haies ou des arbres dans les parcelles. « Pour autant, en Champagne, il suffit qu’un arbre se substitue à un cep de vigne pour que la réglementation considère que la culture change » prévient Dempsey Princet. Dans ce cas, la seule possibilité offerte au viticulteur sera de planter entre deux ceps, sur les tournières ou les bandes enherbées.

Attention également au voisinage, et limites de propriétés ou de chemins. Un fermier ne peut rien faire sans l’accord du propriétaire. A l’inverse, un propriétaire ne peut pas imposer au preneur de planter. Il faut enfin penser aux fossés, lignes électriques, et même à la présence de gibier.

 

4) Quel budget ?

Un arbre forestier coûtera entre 15 et 20€, entre le plant, de 1 à maximum 5 € pour un orme résistant à la graphiose, la protection, le tuteur en acacia, la gaine antigibier, et le paillage. Dempsey Princet conseille ici le bois raméal fragmenté (BRF), qui résiste très bien dans le temps, ne gêne pas le passage des engins mécaniques, maintient l’humidité et apporte de l’humus. « Il faut en mettre 50 à 100 litres par arbre ».

Cette fourchette de prix comprend également le travail du sol avant la plantation, la plantation, et le conseil.

Un arbre fruitier hautes-tiges déjà formé pourra quant à lui coûter jusqu’à 60 €. Une haie simple reviendra à maximum 10 € par mètre linéaire. Une haie double rang à 15 €.

Les viticulteurs doivent également réfléchir à leur matériel. « Ont-ils un lamier, une scie, une tronçonneuse, une élagueuse ? Ils doivent aussi penser aux pratiques de leur ETA ou au stock de leur CUMA » reprend Dempsey Princet, qui insiste enfin sur la nécessité de bien évaluer ses compétences, le temps dont on dispose, et son besoin de formation.

 

5) Quelles essences ?

Ce diagnostic réalisé, les viticulteurs pourront faire les bons choix d’essences. « Le site jeplantemahaie.fr est alors très utile » indique le spécialiste.

Dempsey Princet à tendance à préconiser les espèces de la famille des rosacées, « Cela peut être le poirier, le pommier sauvage, ou le sorbier, qui ont une mycorhization endotrophe, avec des champignons qui pénètrent dans les racines, comme la vigne ».

Les arbres qui abritent des ectomycorhizes ne sont pour autant pas à bannir, à condition de les associer à des couverts végétaux ou des essences comme l'érable champêtre qui, disposant des deux systèmes de mycorhization, pourront faire le liant.

« Sachez par ailleurs que les racines du noyer et du chêne prendront certainement le dessus sur celles de la vigne » ajoute l’agronome.

Avant de commander leurs plants, les viticulteurs doivent aussi savoir que certains peuvent être vecteurs de ravageurs. « C’est le cas de l’églantier avec la cicadelle, du cornouiller sanguin avec le ver de la grappe, ou du cerisier avec drosophila suzukii ».

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (1)
cesar Le 18 janvier 2022 à 16:58:11
Tres bon article mais pouvez vous m'eclairer sur l'utilité d'une telle pratique
Signaler ce contenu comme inapproprié
vitijob.com, emploi vigne et vin
Charente - Alternance/Apprentissage
Côte-d'Or - CDI
Gironde - Alternance/Apprentissage
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé