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Gérard Bancillon
"Il faudrait que la filière vin se dote de communicants" pour éclairer le débat public

Pour la nouvelle année, le président de la Confédération des vins IGP de France souhaite que les bonnes pratiques des vignerons et négociants soient davantage transmises au grand public, des politiques de santé publique aux enjeux environnementaux.
Par Alexandre Abellan Le 14 janvier 2022
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« Il faudrait réellement communiquer sur notre travail, avec des gens spécialistes en la matière » plaide Gérard Bancillon.
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e l'étude Pestiriv au plan cancer du Parlement Européen, en passant les Zones de Non Traitement (ZNT) et la certification Haute Valeur Environnementale (HVE), la filière vin se trouve régulièrement dans l’œil du cyclone des débats de société. Pour s’en dépêtrer, « il faut revenir à des débats équilibrés » pose Gérard Bancillon, le président de la Confédération des vins à Indication Géographique Protégée de France (Vins IGP). Pour se faire, la filière vin « a à faire son mea culpa : on n’évoque pas assez fréquemment nos pratiques. On ne met pas assez en avant les évolutions qui ont eu lieu dans le vignoble, alors qu’ils sont énormes. On a fait des choses incroyables, mais on n’en parle jamais. Il faut mettre fin aux oppositions stigmatisantes du tout ou rien. »

Ayant évoqué le sujet en conseil d’administration des Vins IGP, Gérard Bancillon souhaite le proposer à l’Association Générale de la Production Viticole (AGPV). « Il faut se doter de communicants pour défendre tout ce que l’on fait de vertueux. Que ces gens-là nous défendent au niveau de l’agribashing » ajoute le viticulteur gardois. Président d’une cave coopérative ayant animé son caveau de vente, Gérard Bancillon se souvient que les échanges avec les consommateurs leur permettent de découvrir des pans du vignoble dont ils n’ont pas conscience.

Parler sans affrontement

« On n’a pas expliqué que les plantes peuvent être malades comme des humains, qu’il faut les traiter. La plupart des gens croient qu’en bio on ne traite pas. Il faudrait parler de tout ça sans affrontement entre les bio et les HVE et les conventionnels etc. Il faut montrer qu’il y a plusieurs modèles, que tous font avancer. Qu’il faut que chacun ait la capacité d’envisager l’autre, à lui reconnaître une existence, à le comprendre, à partager avec lui » développe Gérard Bancillon

Reconnaissant qu’« il y a une frange de la population que rien ne satisfait », le président des vins IGP est persuadé que « plus on en parlera et moins il y aura d’affrontement ». Proposant l’idée d’une cellule de communication, Gérard Bancillon ne rejette pas le terme de lobbying (« il faut défendre notre profession de toutes ces attaques qui viennent de partout, dans tous les sens, parce que nous ne sommes pas en capacité de le faire »), mais celui de contre-attaque (il s’agirait de « discussions avec nos concitoyens, pour faire comprendre nos problématiques et montrer que l’on est de plus en plus vertueux »). Souhaitant se baser sur des études scientifiques impartiales, « il faut absolument communiquer avec les gens et éviter les oppositions systématiques, violentes, belliqueuses » conclut Gérard Bancillon.

 

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Tous les commentaires (3)
Grammi Le 20 janvier 2022 à 11:34:16
Excellent ! !
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Dany Le 15 janvier 2022 à 15:01:56
C?est exactement cette approche que nous avons Implanté ici au Canada depuis les 10 dernières années avec beaucoup de succès.
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Michel ISSALY Le 14 janvier 2022 à 15:52:32
Je soutient complètement le v?ux ou l'appel de Gérard BANCILLON. J'avais déjà, à l'époque (il y a 7 ou 8 ans) émis cette idée de communication (déjà au sein de l'AGPV) positive sur nos pratiques. Il faut cesser les oppositions, comprendre que personnes n'ira au même rythme mais que tout le monde souhaite passer un cap. il est évident que nous avons tous fait des efforts mais qu'il reste encore un certain nombre d'impasse qu'il faut travailler. Plutôt que de parler des bio et/ou de la HVE et de les opposer entre eux et aux autres ne devrions nous pas parler agroécologie. Le grand public peut et doit comprendre nos pratiques. Notre filière sortirait grandit de ce type de communication.
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