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Marché tendu pour les vins bio d'Occitanie

Malgré la hausse des surfaces certifiées, la récolte de vins bio d'Occitanie est en baisse. La demande reste soutenue, même si le rythme de croissance fléchit. On s'oriente donc vers une hausse significative des cours.
Par Michèle Trévoux Le 22 octobre 2021
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Marché tendu pour les vins bio d'Occitanie
L'Association Interprofessionnelle des Vins Biologiques d'Occitanie estime à 1 million d'hectolitres sa production 2021 indique son président, Nicolas Richarme. - crédit photo : SudVinBio
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ans surprise, le marché des vins bio d’Occitanie s’annonce tendu cette année. Malgré la certification de 4 600 ha supplémentaires, portant le vignoble certifié bio d’Occitanie à 33 496 ha, la récolte sera en recul cette année. Réunis cette semaine à l’initiative de Sudvinbio, les opérateurs ont estimé à 1 million hl le volume de production des vins certifiés bio cette année en Occitanie, alors que l’an dernier, la production avait atteint 1,35 million hl.

Jusqu’à 70 % de perte chez certains producteurs

« Nous enregistrons une grosse baisse, liée au gel mais également à la sécheresse qui a sévi dans certains départements du Languedoc-Roussillon et aux dégâts du mildiou dans le vignoble de Midi-Pyrénées. Nous nous retrouvons au même niveau que la récolte 2019, avec des baisses sévères sur les volumes de blanc , Chardonnay et Sauvignon, cépages les plus précoces qui ont été le plus touchés par le gel », analyse Nicolas Richarme, le président de Sudvinbio.

Patrick Guiraud, vigneron au domaine de Valescure à Aimargues, illustre bien ce constat. Son domaine a été particulièrement impacté par le gel, il n’a récolté que 30 % d’une récolte normale : « Je produis habituellement 3 000 hl de blanc, cette année ce sera 500 à 600 hl. Sur 40 ha, je n’en ai vendangé que 5 ou 6 ha. Sur le reste, il y avait à peine 150 kg/ha. J’ai préféré ne pas vendanger pour ne pas risquer de casser les bois », témoigne-t-il. Premier producteur de vins bio en France, la cave des Vignerons d’Héraclès n’est pas tellement mieux lotie. Elle a rentré une demi-récolte. « Nous ne pourrons satisfaire tous nos clients. Nous allons privilégier ceux avec qui nous sommes en partenariat, les autres seront rationnés », confie le président Jean-Fred Coste.

La demande, elle, reste soutenue, même si le rythme de la croissance s’infléchit. « Nous ne sommes plus à 15 % de croissance comme nous l’avons connu sur la période 2012-2017, mais le marché continue de progresser de 8 à 10 % », indique Nicolas Richarme.

Des cours vraisemblablement à la hausse

Dans ce contexte, les prix devraient augmenter. « Il n’est pas possible de compenser la baisse des volumes par la hausse des cours. Mais il faut une augmentation des prix, d’autant plus que toutes les matières premières ont augmenté : piquets, engrais, gas-oil, cuivre… tout nous a coûté plus cher cette année. L’an dernier, les cours avaient chuté de 10 à 15 %, il faudrait une hausse de 15% minimum pour permettre aux vignerons impactés par ces aléas climatiques de passer ce cap difficile », plaide Nicolas Richarme.

Une perspective qui ne réjouit pas forcément les metteurs en marché : « Les clients peuvent accepter des hausses de 4 à 5%, au-delà, c’est plus compliqué », estime Olivier Azam, producteur-négociant au domaine du Petit Roubié. Pour Jacques Frelin, patron de la société de négoce éponyme, une hausse des cours paraît logique dans ce contexte inflationniste, mais les acheteurs risquent de faire l’impasse sur le chardonnay si les cours flambent, prévient-il. Lui n’en achètera que très peu, il lui reste quelques stocks, il devrait pouvoir faire la jonction si les premiers chardonnay de 2022 sont mis sur le marché dès septembre.

Viser la stabilité des cours

« Il est dommage que les cours aient baissé l’an dernier », regrette Nicolas Richarme. « Nous savons tous qu’en bio, nous ne sommes pas à l’abri d’un coup dur. On considère que sur 5 années de production, nous faisons 4 récoltes pleines. Il faudrait viser la stabilité des cours en minorant les baisses les années de bonne récolte afin de limiter les hausses excessives les années déficitaires ». L’an prochain, avec près de 9 000 ha certifiés de plus, la récolte devrait mécaniquement progresser de près de 400 000 hl. Si la nature se montre généreuse, cela pourrait conduire à un surplus de 700 000 hl de plus par rapport à la que la récolte 2021. Ces volumes trouveront-ils preneurs alors que des parts de marché risquent d’être perdues cette année ? Les opérateurs ont bien conscience de ce risque.


 

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