Accueil / Commerce/Gestion / 8 000 vins pour le premier guide qui critique les sélectionnés comme les recalés

La Tulipe Rouge
8 000 vins pour le premier guide qui critique les sélectionnés comme les recalés

Avec un modèle économique où ce sont les producteurs qui paient pour présenter leurs échantillons, la Tulipe Rouge promet une sélection indépendante et dans les goûts du marché aux consommateurs.
Par Alexandre Abellan Le 07 octobre 2021
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
8 000 vins pour le premier guide qui critique les sélectionnés comme les recalés
Le guide du Beaujolais est sorti mi-septembre et celui de Bourgogne début octobre. Les autres suivront d’ici la fin du mois. - crédit photo : DR
n

 

« Le but de la critique c’est de prescrire des vins pour le consommateur, pas de faire plaisir à tout le monde et d’aller dans la course à la surenchère des notes » tranche Olivier Borneuf, le fondateur des guides de la Tulipe Rouge lancés cet automne avec une sélection à l’aveugle des vins à moins de 20 sur 8 bassins viticoles*. Cette approche sans concession a déjà séduit dans le vignoble, avec 8 000 cuvées candidates pour l’édition 2022 du guide. Une ferveur portée par un coût d’inscription des plus modiques : 60 € HT (grâce à l’appui logistique des interprofessions). « Il n’y a que les concours régionaux qui proposent de tels prix, mais nous proposons des services (accès gratuit en ligne, édition bilingue, promotion aux prescripteurs…) » note Olivier Borneuf, ancien critique pour le guide Bettane & Desseauve (stoppé en 2020).

Concrétisée à l’occasion de la crise covid (et de la crise de la quarantaine plaisante l’entrepreneur), l’idée de la Tulipe Rouge se base pour Olivier Borneuf sur les demandes du cœur de marché : des vins à moins de 20 € (« les cavistes ont des prix de vente moyen autour 10 à 15 € »), une sélection exigeante sur la buvabilité (« pas d’approche encyclopédique et exhaustive, mais un vrai guide d’achat »), un accès gratuit en ligne (les guides sont aussi imprimés dans un format poche et vendus 20 € en kiosque, puis en librairie)… Et surtout un parti-pris éthique.

Commentaires de non-sélection

Pour ne pas être soupçonnée de parti-pris, la Tulipe Rouge annonce ne pas accepter de publicités de producteurs de vin (sont à l’étude des réclames pour des caves, verres…), ne pas proposer aux sélectionnés de collerettes (ou macarons). « Il n’y a pas d’arrangements. Nous faisons paradoxalement payer les vignerons pour garder notre indépendance » indique Olivier Borneuf. Qui souligne qu’en cas de sélection les vins apparaissent dans le guide bilingue envoyé en PDF à une base de 45 000 adresses d’acheteurs (dont deux tiers à l’export), et qui ajoute qu’en cas de non-sélection, les cuvées sont commentées pour expliquer aux vignerons les critères de ce choix (défaut rédhibitoire, goût passé de mode…).

« On n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat. C’est un acte violent, qui n’est jamais agréable à dire. Mais faire le choix de recommandations avec un commentaire qui, entre les lignes, n’est pas flatteur, ce n’est pas rendre service aux vignerons » explique Olivier Borneuf, qui rapporte que certains vignerons ne comprennent pas leur non-sélection, alors sont primés dans d’autres guides : « des médias proposent des récompenses à chaque vin qui n’en trouve pas ailleurs. »

Taux de réussite

Avec 2 000 médaillés sur 8 000 candidats pour l’édition 2022, la Tulipe Rouge précise que le taux de réussite varie selon chaque région. Il est plus élevé dans les régions où les profils attendus étaient compris (comme Beaujolais et Sud-Ouest), mais plus faible là où certains pensaient obtenir une médaille d’office (comme Bordeaux et Languedoc). Il n’en reste pas moins que cette première édition est un succès inattendu pour le guide, qui visait 4 000 échantillons pour atteindre le point mort.

Prévoyant une hausse de 20 % des inscriptions en 2022, Olivier Borneuf compte s’ouvrir à l’Alsace (avec un soutien interprofessionnel), et pouvoir éditer des guides pour le Jura et la Savoie (le nombre d’échantillons ne l’a pas permis cette année). Une application gratuite doit être lancée en 2022, et le guide doit s’ouvrir aux vins au-dessus de 20 € à terme.

À noter que le nom de Tulipe Rouge vient du verre tulipe et de la couleur de la passion des amateurs pour le vin. « Je ne voulais pas d’une personnalité derrière [le nom du guide], cela représente une approche où les dégustateurs sont des guides » conclut Olivier Borneuf.

 

* : Beaujolais, Bordeaux, Bourgogne, Languedoc et Roussillon, Provence et Corse, Sud-Ouest, Vallée de la Loire et Vallée du Rhône.

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé