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Vini-Viti, Vici !

4 nouveautés du premier salon vigne et vin 2021

Mardi 13 juillet 2021 par Bertrand Collard/Claire Furet-Gavallet
Article mis à jour le 22/07/2021 16:13:10

C'est à Peyrole, dans le Tarn, que l'IFV V'innopole Sud-Ouest et ses partenaires ont organisé le premier évènement de ce début d'été avec 45 exposants, dont Greenshield (photo), et 280 visiteurs.
C'est à Peyrole, dans le Tarn, que l'IFV V'innopole Sud-Ouest et ses partenaires ont organisé le premier évènement de ce début d'été avec 45 exposants, dont Greenshield (photo), et 280 visiteurs. - crédit photo : Bertrand Collard
Le numérique s'implante de plus en plus dans le secteur viti-vinicole, avec des innovations techniques et pratiques toujours plus ambitieuses. Voici la sélection de la rédaction suite à la visite de l'évènement qui s'est tenu dans le Tarn.

Greenshield traite la vigne par motifs

 

Jusqu’ici, pour baisser les doses, on mettait moins de bouille à l’hectare à chaque traitement. Greenshield propose une toute autre approche : traiter seulement certains ceps, partant du principe qu’il n’est pas nécessaire de tous les protéger pour empêcher une épidémie de se propager. On appelle cela le traitement par motifs. C’est l’une de innovations les plus originales présentées au salon Vini Viti Vici, organisé par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) et différents partenaires ce 8 juillet, au V'Innopôle Sud-Ouest (à Peyrole dans le Tarn).

Greenshield mène un essai en bio à Cognac, son premier sur vigne. « Sur un rang, on ne traite pas les six premiers mètres, puis on traite les dix-huit mètres suivants et ainsi de suite, explique Lucile Verdoolaeghe ingénieure agronome au sein de cette start-up. Sur l’autre rang, on procède pareillement mais avec un décalage : on commence par traiter six mètres, puis on alterne six mètres non traités et dix-huit mètres traités. Ensuite, à chaque passage, on se décale de six mètres. De cette manière on réduit de 25 % la dose utilisée, alors qu’on applique toujours la pleine dose ».

L’essai porte sur la lutte antimildiou. Le 5 juillet, selon les notations de Lucile Verdolaeghe, la modalité traitée par motifs était aussi bien protégée que le témoin protégé classiquement alors que la pression mildiou était forte.

Greenshield développe aussi une tablette avec GPS RTK pour le suivi sanitaire du vignoble au centimètre près. « Les gens suivent des témoins non traités et ne font rien de ces informations, observe François Feugier, le fondateur de Greenshield. Avec notre tablette GreenEye, on comptabilise l’intensité et la fréquence des attaques dans un formulaire, au cep près. On sort des graphiques ». François Feugier prévoit de la commercialiser en mars 2022.

L’inventeur développe aussi un capteur pour le suivi sanitaire du vignoble. Cet instrument s’installera sur les tracteurs et prendra des photos géoréférencées des vignes, lors des travaux. Un algorithme détectera les anomalies du feuillage, dont certaines qu’il saura reconnaître comme du mildiou, d’autres que l’utilisateur devra identifier d’après les photos ou lors d’une visite sur le terrain. L’idée est que ce système génère des motifs de traitement en fonction de la distribution du mildiou dans une parcelle.

 

 

Dephyto attribue les bons points

 

C’est le Yuka des phytos. De même que cette célèbre application note les aliments et les cosmétiques, Dephyto note les produits phytos et les programmes selon leur impact sur la santé de l’applicateur et sur l’environnement. « Nous utilisons les indicateurs IRSA (indicateur de risque sur la santé de l’applicateur) et IRTE (indicateur de risque de toxicité pour l'environnement) de l’institut d’agronomie méditerranéenne de Montpellier pour analyser les itinéraires techniques » explique Julie Caubel, ingénieure agronome, chargée de projet.

Dephyto attribue une couleur verte, jaune, orange ou rouge à chaque produit selon leur note de toxicité (IRSA) et d’écotoxicité (IRTE). Plus intéressant encore, cette application évalue des programmes entiers en sommant les notes de toxicité d’une part et d’écotoxicité d’autre part de tous les produits phytos que l’on a utilisés ou que l’on prévoit d’utiliser durant une campagne. Dès lors on peut faire des simulations et des comparaisons en remplaçant des produits par d’autres.

 

 

Lowatt analyse les consommations d’énergie

Reprendre toutes ses factures pour tenter de voir quelles économies réaliser… un vrai casse-tête ! « Nous souhaitons améliorer la performance énergétique des caves en proposant de réaliser un suivi des consommations d’eau, d’électricité, de gaz, de carburant… en lien avec la loi énergie-climat, qui vise à baisser de 30 % la dépendance énergétique de bâtiments d’ici 2030 » explique Sylvain Thénault, PDG de Lowatt. Et parfois, des petits réglages et ajustements d’équipements, de la lumière au groupe froid, permettent déjà de diminuer de 10 à 15 % son énergie utilisée, et donc ses factures !

« Nous modélisons les consommations d’une année sur l’autre et proposons ensuite à la cave un plan d’action et un accompagnement pour changer ses appareils ». Dans les caves, les installations qui consomment particulièrement de l’énergie sont les groupes de froid et les compresseurs mais, selon la vétusté de la cave, d’autres postes peuvent être touchés, notamment l’eau pour nettoyer la réception vendange.

 

W Platform centralise les données viti-vini 

 

« Fini les cahiers ou les feuilles volantes ! Bienvenue dans Winery Platform ! Il s'agit d'un logiciel qui regroupera toutes les données techniques nécessaires à un domaine viticole, au chai comme à la vigne » explique Matthieu Planté, dirigeant de Clairéo. Associé à Jean-Philippe Ricard d’Alcion environnement, concepteur notamment du procédé Valecarb qui valorise le CO2 issu des fermentations, le logiciel permettra aux caves d’héberger les données de leurs stations météo, de la thermorégulation de leur cuvier, les différents stades phénologiques de leurs parcelles avec les dates correspondantes, les résultats des contrôles maturité, mais aussi le suivi de densité et le bilan des analyses œnologiques.

« Et on peut en ajouter ! L’idée est de s’affranchir de tous les tableaux Excel pour avoir à l’écran toutes les données via une seule platforme. On peut également comparer ces valeurs sur plusieurs millésimes » décrit-il. Son objectif final : prédire la date de vendange. « Pour cela, je suis en train de développer des partenariats avec des instituts scientifiques » laisse-t-il planner. Quatre domaines bordelais testeront ce logiciel pour les prochaines vendanges, le lancement commercial étant prévu pour fin 2021.

 

 

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