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Ce bassin de rétention capte 88 % des fongicides viticoles des eaux de ruissellement
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Mesures champenoises
Ce bassin de rétention capte 88 % des fongicides viticoles des eaux de ruissellement

Les bassins de rétention semblent très efficaces pour les fongicides. C’est ce qui ressort d’une étude menée par Béatrice Marin, professeur à l’université de Reims Champagne-Ardenne, après quatre années de prélèvements sur le bassin de la commune de Nogent-l’Abbesse dans la Marne.
Par Aude Lutun Le 25 mai 2021
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Ce bassin de rétention capte 88 % des fongicides viticoles des eaux de ruissellement
Aperçus du bassin de rétention étudié (vue aérienne à gauche et schéma à droite). - crédit photo : DR
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ans le cadre de la semaine de la Vitiforesterie, organisée par Arbre & Paysage en Champagne et le Grand Reims, Béatrice Marin, professeur à l’Université de Reims Champagne-Ardenne a animé un webinaire sur le thème « Comment réduire l’impact de la contamination en milieu viticole ? ». Cette scientifique s’est appuyée sur les résultats du projet TRAPEZE (financé par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie et la Région Grand Est), qui vise à évaluer l’efficacité d’un bassin de rétention situé à Nogent-l’Abbesse dans la Marne.

L’aire d’alimentation effective de ce bassin est de 176 hectares, dont 95 ha de vignes. Le bassin de rétention, construit en 1982 et rénové en 2015, comprend un module de décantation des eaux (5 000 m3), un module de photodégradation (3 000 m3), un module de phytoremédiation (3 000 m3) et un module d’infiltration (17 000 m3). Le bassin de phytoremédiation accueille différentes plantes : roseau commun, massette à feuilles larges, iris des marais, menthe aquatique et algues (spirogyre).

Efficacité satisfaisante

L’étude menée par Béatrice Marin a consisté, de 2016 à 2020, à mesurer les débits et les hauteurs d’eau en continu ainsi qu’à effectuer des prélèvements d’eau en entrée et en sortie de chaque module pendant des événements pluvieux ruisselants. Entre octobre 2016 et décembre 2020, 192 évènements ruisselants (sur 505 au total) ont fait l’objet de prélèvements. En période hivernale, environ 15 % des eaux précipitées arrivent dans le bassin, contre 4 % en été. Les eaux restent en moyenne 1,2 jour dans le bassin de décantation, 17 jours dans le bassin de photodégradation et 45 jours dans le bassin de phytoremédiation. Les concentrations des différentes molécules, mesurées à la sortie du bassin et avant de rejoindre les eaux souterraines, montrent que l’efficacité du bassin de rétention est satisfaisante.

Seuls 5 % des herbicides retenus

« Le bassin de rétention remplit bien son rôle puisque la concentration en pesticides dans les eaux à la sortie du bassin n’est qu’exceptionnellement supérieure à la norme européenne de 5 µg/L, précise Béatrice Marin. 88 % des quantités totales en fongicides qui arrivent dans le bassin n’en ressortent pas, ce qui est un bon résultat. En revanche, seuls 5 % des herbicides semblent être retenus dans le bassin. Ces résultats sont liés au comportement des molécules, notamment avec leur solubilité ». Béatrice Marin préconise l’augmentation de la taille des bassins les plus efficaces (décantation et phytoremédiation) mais conseille par ailleurs de ne plus installer de filtre à sable, « car ce dispositif est peu efficace et coûteux ».


 

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