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Vote cet été

Le débat sur les vignes semi-larges débute en Champagne

Mercredi 05 mai 2021 par Aude Lutun

Le syndicat général des vignerons champenois ouvre le débat sur les VSL, qui pourraient être mises en place dans l'AOC dès 2023 en cas d'issue favorable.
Le syndicat général des vignerons champenois ouvre le débat sur les VSL, qui pourraient être mises en place dans l'AOC dès 2023 en cas d'issue favorable. - crédit photo : SGV
Dix réunions se tiennent auprès des vignerons depuis ce 4 mai et jusqu'au 2 juin sur le thème des modes de conduite des vignes. Le vote du conseil d’administration du SGV se fera le 27 juillet.

C’est un sujet qui est devenu clivant en Champagne. Les Vignes Semi-Larges (VSL) sont au centre de bien des conversations. Après quinze ans d’expérimentations menées par le Comité Champagne sur ces VSL, le conseil d’administration du SGV votera le 27 juillet sur l’adoption ou non de nouveaux modes de conduite des vignes dans le cahier des charges de l’AOC Champagne.

La première des dix réunions organisées par le syndicat général des vignerons (SGV) se tient ce mardi 4 mai à Chouilly, avec visite sur les parcelles d’essai. « Mon objectif est que les vignerons s’approprient le dossier, se déplacent dans les vignes où les essais ont été menés et qu’ils échangent avec les vignerons qui ont participé aux essais, explique Maxime Toubart, président du SGV. Il faut que le débat ait lieu car c’est un sujet important. Mais il doit se faire sur des données objectives ».

Discours rassurant

Il précise que les VSL ne sont pas une étape vers l’introduction de la machine à vendanger en Champagne. Sur la question d’une éventuelle baisse du prix de raisin avec ce nouveau mode de conduite, Maxime Toubart répond que « ce qui fait le prix, c’est uniquement l’offre et la demande, et que l’organisation interprofessionnelle champenoise permet de garantir le partage de la valeur ». Si le conseil d’administration valide l’introduction de nouveaux modes de conduite dans le cahier des charges – il est également prévu d’autoriser les vignes en foule – ces premières vignes pourraient être plantées au plus tôt en 2023.

 

Deux autres avis sur les VSL

Jérôme Courgey, président de l’association Arbre et Paysage en Champagne : « Nous sommes favorables à l’introduction de VSL car ce mode de conduite respecte mieux la génétique de la vigne et limite les intrants. En réduisant l’empreinte au sol de la vigne, on augmentera la biodiversité. Les VSL permettront d’optimiser le machinisme, car le tracteur vigneron dispose de nombreuses fonctionnalités que n’a pas l’enjambeur. On pourra adapter différents outils quelle que soit la marque. On pourra travailler avec du matériel plus robuste et plus précis. Enfin, la gestion des couverts végétaux sera beaucoup plus facile. Certes, cela modifiera le paysage. Mais si on explique aux consommateurs et aux médias les atouts des VSL pour l’environnement, on trouvera un écho favorable auprès d’eux ».

 

Christine Scher-Sevillano, vice-présidente des Vignerons Indépendants de Champagne : « La fédération des Vignerons Indépendants n’est ni pour ni contre la modification du cahier des charges. Nous trouvons que la prise de décision est trop rapide et nous voudrions que les vignerons disposent d’une année de plus pour qu’un vrai débat ait lieu. Nos adhérents se posent des questions. Nous avons bien pris en compte les intérêts sur le plan environnemental, même si à notre sens, la problématique du stress hydrique n’est pas assez développée dans l’étude. Nous avons de grandes interrogations sur le volet qualité, ainsi que sur les conséquences pour l’emploi local. Le débat culturel, sur les paysages et sur le terroir, n’a pas eu lieu. Cela va trop vite ! »

 

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