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Gestion de crise
Bruxelles reste sourd aux demandes de fonds extraordinaires pour aider le secteur

A l'occasion d'une réunion informelle des ministres de l'Agriculture de l'Union européenne ce 26 avril en visioconférence, la Commission a indiqué qu'elle ne pouvait pas encore proposer de mesures pour venir en aide au secteur vitivinicole européen.
Par Sharon Nagel Le 28 avril 2021
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Bruxelles reste sourd aux demandes de fonds extraordinaires pour aider le secteur
Les organisations professionnelles déplorent que le programme d’aides au secteur baisse malgré la crise et les efforts demandés pour évoluer vers un nouveau cadre réglementaire. - crédit photo : Conseil européen
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e n’est pas faute d’avoir mobilisé les professionnels européens en amont. Le groupe de contact Espagne-France-Italie* s’était réuni le 23 avril en visioconférence pour établir une déclaration commune concernant « la situation compliquée du marché, les outils et moyens économiques mis à leur disposition par les pouvoirs publics pour aider tous les acteurs de la filière du vin, en lien avec les propositions législatives de la Commission européenne ». La déclaration demandait notamment un soutien plus ferme de la part de l’Union européenne et des Etats membres dans un contexte de crise généré par les tensions commerciales, la fermeture du secteur de la restauration hors domicile et l’annulation de l’événementiel ainsi que le gel dans de nombreux pays, cela sur fond d’une « forte demande sociétale de transition vers encore plus de durabilité ». Les fonds serviraient, non seulement à aider la filière à gérer la crise à court terme, mais aussi à « accompagner la relance dans une perspective à moyen terme, au niveau des investissements mais également de promotion ». La déclaration mettait, par ailleurs, l’accent sur l’urgence de mesures de flexibilité, « par exemple en matière de restructuration, investissement, promotion et de durée des autorisations de plantation, qui doivent être prolongées pour permettre aux producteurs de les utiliser quand la situation économique leur permettra de réinvestir ».

 

« La situation se dégrade, et de beaucoup »

En Espagne, le ministre de l’Agriculture Luis Planas était monté au créneau au nom des organisations professionnelles espagnoles pour réitérer la demande de fonds supplémentaires. La filière vitivinicole espagnole monte le ton au fil des mois. « Un peu plus de trois mois avant le début de la nouvelle campagne 2021/2022, l’OIVE s’attend à ce que lors du prochain Conseil des ministres de l’UE… les fonds extraordinaires soient activés et servent à appliquer des mesures extraordinaires pour la crise du Covid-19 », a insisté l’interprofession du vin espagnol. Et celle-ci d’invoquer les données diffusées dernièrement pour appuyer sa demande. « Au cours des sept premiers mois de la campagne 2020/21, les stocks finaux de vins et de moûts non concentrés se sont élevés à 58,97 millions d'hl (+15,5 %), soit 7,93 millions d'hl de plus que l'année dernière à la même époque, avant le début de la pandémie, et le chiffre le plus élevé des cinq dernières campagnes. En outre, la consommation nationale annuelle est passée de 11 millions d'hl au début de 2020 à 8,8 millions d'hl (-20,6 %) actuellement, soit le chiffre le plus bas depuis que les données INFOVI sont disponibles ». S’y ajoutent les conséquences financières du gel qui a frappé des producteurs situés dans le nord de la péninsule et les régions de Castilla y Léon et Castilla La Mancha sur une superficie d’environ 18 000 hectares. De son côté, le syndicat professionnel UPA a déploré ce 27 avril lors d’une conférence de presse à Madrid que, « loin de s'améliorer, la situation se dégrade, et de beaucoup, comme en témoigne le fait qu’en 2021, la valeur des exportations enregistre une baisse de 15%. De plus, les prix du raisin ont été entre 25 et 30% inférieurs à ceux de la récolte précédente… Les prix du vin sont inférieurs d'environ 25 % à la moyenne des cinq dernières années ». L’UPA estime qu’il faut éliminer environ 8 Mhl par la distillation et la vendange en vert en Espagne.

Malgré les demandes appuyées d’une quinzaine de pays producteurs européens, Bruxelles est resté campé sur ses positions, affirmant simplement qu’il « suivrait la situation de près ».

 

* Espagne : ASAJA, CECRV, COAG, Cooperativas Agroalimentarias, FEV, Interprofesional Vino de España, UPA, AEVE.

France : Confédération des Vins IGP de France, La Cooperation Agricole - Vignerons Coopérateurs, FNSEA, Vignerons Indépendants.

Italie : Alleanza delle Cooperative Italiane Agroalimentare, Assodistil, CIA, Confagricoltura, Coldiretti, Federdoc, Federvini, FIVI, Unione Italiana Vini.

 

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