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Enherbement
En quête des meilleurs couverts végétaux pour le vignoble méditerranéen

Un viticulteur bio et un technicien de la cave coopérative Arnaud de Villeneuve testent différentes espèces de couverts végétaux. Ils pèsent les bois de taille, la récolte, et vont réaliser des fosses pédologiques.
Par Marion Bazireau Le 21 avril 2021
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En quête des meilleurs couverts végétaux pour le vignoble méditerranéen
Le viticulteur Patrick Colmaire a déjà 10 ans d'expérience dans les couverts de la vigne - crédit photo : Thierry Beceiro
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iticulteur bio à Salses-Le-Château, dans les Pyrénées Orientales, Patrick Colmaire a testé tout un tas de couverts végétaux sur ses 9 hectares.

« Depuis 2010, j’ai tenté l’avoine avec la vesce, l’avoine avec l’orge et la gesse, l’avoine avec l’orge et la féverole, et le seigle, liste-t-il. Et finalement, c’est avec le seigle que j’obtiens les meilleurs résultats, avec une superbe masse et un très bon effet herbicide. Je l’achète chez un céréalier bio à 15 kms de mon exploitation entre 1 et 1,2 € le kilo, et j’en sème 50 kgs/ha ».

95% des adventices éliminées

D’après le viticulteur, le seigle élimine jusqu’à 95% des adventices comme le ray-grass ou du chiendent. « Sur les parcelles les plus sales on peut aussi mettre de l’avoine » précise-t-il, et pour ses arbres fruitiers il sème en plus de la féverole, une légumineuse qui restitue de l’azote au sol, et qui se détruit plus facilement que la vesce.

Dans ses vignes, après les vendanges, Patrick Colmaire réalise un sous-solage et travaille le sol sur 10 cm, avec un semoir automatique à air comprimé qu’il a monté sur un cadre de 1,2 mètre. Les couverts sont détruits au printemps, avant l’épiaison des graminées. « Ils sont broyés et je les laisse au sol pour former un mulch qui réduit l’évapotranspiration. Je passe un disque 15 jours plus tard pour les incorporer ».

Avant broyage, le seigle peut mesurer 60 cm. « J’en mets un peu plus dans les parcelles qui manquent un peu de matière organique pour former un épais tapis ». Les céréales conviennent également très bien aux parcelles humides, dont elles améliorent la portance. « Les tracteurs y rentrent beaucoup plus vite après de forts épisodes pluvieux ». Patrick Colmaire a aussi essayé le roulage au Rolofaca ou avec les nouveaux systèmes aux roues dentés « mais le matériel se comportait mal sur nos sols caillouteux » témoigne-t-il.

Dans le cadre du GIEE de la Cave Arnaud de Villeneuve, il fait d’autres essais sur deux parcelles d’un hectare de grenache noir. « Notre objectif est de trouver les espèces les mieux adaptées au climat méditerranéen » explique le viticulteur.

Des baies et des bois plus gros

La première parcelle, au sol homogène, a été divisée en deux. « Depuis 2018 nous laissons s’installer un enherbement spontané sur la moitié. L’autre partie est semée avec du seigle et de la féverole » relate Patrick Colmaire.

60 pieds ont été marqué dans les deux parties de la parcelle. « Nous comparons le poids des bois de taille et pesons les raisins, vendangés le même jour dans deux bennes différentes ». Le viticulteur note une légère différence à l’avantage de l’enherbement « dirigé ». « Le poids des bois est en général supérieur de 5%. D’ailleurs, mes tailleurs me disent qu’ils trouvent les bois plus gros du côté de l’enherbement dirigé ». Le poids de la récolte est quant à lui supérieur de 3 à 5%.

Meilleure humidité

Dans la deuxième parcelle, il a comparé deux mélanges, semé un rang sur deux de 2018 à 2020. « Sur les rangs pairs, on a un mélange d’orge, d’avoine, de vesce et de féverole, sélectionné par le CIVAM BIO chez des céréaliers régionaux bio » détaille Patrick Colmaire.

Sur les rangs impairs, il a tenté un mélange réalisé par la société Partner, avec 20% d’avoine amazone, 15% d’orge salome, 15% de seigle pérenne des forêts, 15% d’épeautre, 15% de tricale somtri, 10% de serradelle, 5% de gesse commune et 5% de Vesce d'été. « Ce mélange élaboré nous coûtait 8 à 10€/kg, nous avons donc arrêté pour repasser au seigle » reprend le vigneron.

Dans un mois, les partenaires vont réaliser des fosses pédologiques et mesurer l’humidité à 30, 50 et 80 cm de profondeur dans le rang. « Quand je laboure en juin j’ai l’impression que la terre est plus humide dans les rangs semés » assure Patrick Colmaire.

Il y retrouve aussi cinq à six fois plus de vers de terre quand dans les parcelles qu’il rachète à des exploitants en conventionnel. « J’aimerais pouvoir comparer la totalité des microorganismes mais cela coûte trop cher » regrette-t-il.

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