LE FIL

A contre-courant

Bruxelles prédit une amélioration spontanée des marchés des vins en 2021

Jeudi 08 avril 2021 par Sharon Nagel

L’Amérique du Sud pourrait bénéficier d’une tendance dans l’UE à boire des vins moins chers dans le contexte de la crise sanitaire
L’Amérique du Sud pourrait bénéficier d’une tendance dans l’UE à boire des vins moins chers dans le contexte de la crise sanitaire - crédit photo : Wikimedia Commons
Dans un climat globalement caractérisé par la stabilité – de la production et de la consommation de vin – les instances européennes s’attendent cette année à une hausse des échanges extra-communautaires et à une baisse significative des stocks.

Dans son bilan des perspectives à court terme publié fin mars, la Direction Générale de l'Agriculture prévoit une production stable de 158 millions d’hectolitres de vin pour la campagne 2020-2021 (5 % en dessous de la moyenne quinquennale), ainsi qu’une consommation par habitant de 24,8 litres (identique à celle de l’année précédente). En revanche, la DG Agri estime que la superficie du vignoble européen devrait régresser de 1 %, malgré l’augmentation des autorisations de plantations nouvelles, et que l’utilisation des vins à l’intérieur de l’Union européenne devrait croître de 2 % sous l’effet d’une hausse des « autres utilisations », y compris la distillation de crise.

Pour ce qui est des superficies, le recul pourrait s’expliquer par un simple délai de mise en œuvre, sachant que la Commission a prolongé la durée de validité des autorisations qui arrivent à terme en raison de la crise sanitaire. Concernant la distillation de crise, autorisée par la Commission à hauteur de 7 millions d’hectolitres, le rapport de la DG Agriculture affirme qu’il « n’est pas certain que le volume global sera distillé et la distillation pourrait s’étaler sur plusieurs campagnes ».

Evolution de la demande intérieure

Par ailleurs, la stabilité de la consommation par habitant masque une évolution du type de produits consommés, ce qui entraîne une modification des échanges. La DG Agriculture estime, par conséquent, que les importations de vins dans l’Union Européenne pourraient augmenter de 5 % en 2020-2021, le Chili et l’Argentine en étant les principaux bénéficiaires. « La fermeture des restaurants et la régression du nombre de rassemblements et de fêtes ont fait baisser la demande de vins dans les segments les mieux valorisés (souvent des vins européens) tout en faisant augmenter celle des vins relativement moins chers, dont les importations en provenance d’Amérique du Sud », note le rapport.

Dans le même temps, les vins européens devraient profiter notamment de la levée – certes temporaire pour l’instant – des droits additionnels aux Etats-Unis, et assister à une hausse prévue de 3 % de leurs exportations en 2020-2021 par rapport à l’année précédente. Enfin, cette évolution, si elle se concrétise, aurait logiquement un effet bénéfique sur les stocks, dont le niveau est actuellement élevé. La DG Agriculture estime que les stocks pourraient régresser de plus de 6 millions d’hl pour passer à 167 millions hl, soit une baisse de 1 % par rapport à la moyenne quinquennale, ce qui permettrait, bien évidemment, de parvenir à un meilleur équilibre du marché. Rappelons, toutefois, que ces estimations restent des projections macro-économiques de la part de la Commission, et que la situation demeure assez volatile…

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