LE FIL

Crise covid

Les vignobles qui empruntent un peu, beaucoup et désespérément

Mercredi 03 février 2021 par Alexandre Abellan

Les vignobles bordelais, champenois, languedociens, provençaux, alsaciens et bourguignons ressortent particulièrement.
Les vignobles bordelais, champenois, languedociens, provençaux, alsaciens et bourguignons ressortent particulièrement. - crédit photo : Création Vitisphere avec Info.gram
Les prêts garantis par l’État sont fortement plébiscités par les domaines viticoles les plus touchés par les difficultés commerciales et sanitaires actuelles. La Gironde en tête, le premier département viticole étant suivi par la Champagne, le Languedoc...

D’après les statistiques arrêtées au 15 janvier dernier, 642 694 entreprises ont contracté des Prêts Garantis par l’État (PGE) pour un encours global de 130,7 milliards d’euros. Soutenant les trésoreries mises à mal par la pandémie de coronavirus depuis avril 2020, cette enveloppe bénéficie en premier lieu aux commerces (24 % des PGE) et aux industries (16 %). La filière viticole ne représente qu’un pourcent de l’encours national d’après une extraction menée par la Banque de France et Bercy pour Vitisphere en date du 22 janvier (voir infographie ci-dessous).

Dans le vignoble, un PGE sur cinq est bordelais. Mis à mal par la crise covid, les tensions géopolitiques et les changements de consommation, la Gironde concentre 22 % des entreprises viticoles et 20 % des encours contractés par le vignoble. Vient ensuite la Marne, qui ne réunit que 9 % des entreprises viticoles ayant contracté un PGE, mais concentre 16 % des fonds avancés, ce qui témoigne des difficultés commerciales de la Champagne. Vient ensuite le Languedoc, avec l’Hérault qui pèse pour 5 % des PGE du vignoble. En vallée du Rhône, le Vaucluse en représente 4 %. Sortent également du lot les vignobles d'Alsace, de Bourgogne et de Provence.

TPE

Les entreprises viticoles bénéficient en moyenne de 170 900 € d’encours, quand les PGE sont en moyenne de 203 500 € pour les entreprises d’autres secteurs d’activité. Ce qui peut s’expliquer par la structure morcelée du vignoble. Les Très Petites Entreprises (TPE) représentant l’essentiel des demandeurs de PGE (90 %), mais une faible part des fonds débloqués (40 %).

Limités à 25 % du chiffre d'affaires annuel, les PGE peuvent être souscrits jusqu'au 30 juin 2021 sous la forme d'un prêt auprès d'une agence bancaire. Prévu sur quatre ans, leur remboursement commence un an après leur mise en place (avec une possibilité de prorogation d'un an en cas de difficulté économique).

"Dette supplémentaire"

« Amortir 25 % de son chiffre d’affaires en quatre ans, ce n’est pas possible. Nous demandons de pouvoir digérer le plus lentement possible cette dette sans surcoût, pour préserver notre capacité de rebond » explique Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants à Vitisphere, ajoutant que « le PGE est une véritable dette supplémentaire. Qui ne donne pas de capacité d’investissements, mais de la trésorerie pour couvrir les charges fiscales, sociales et salariales de nos entreprises. »

 

 

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