LE FIL

Anjou

Ivan Massonnat, combattif malgré la crise

Mercredi 14 octobre 2020 par Patrick Touchais
Article mis à jour le 15/10/2020 09:40:04

Ivan Massonnat a lancé officiellement son domaine Belargus (25 ha) à Paris ce 22 septembre.
Ivan Massonnat a lancé officiellement son domaine Belargus (25 ha) à Paris ce 22 septembre. - crédit photo : Patrick Touchais
Il a mis les pieds en Anjou à l’été 2018 en reprenant le domaine Pithon. Bousculé par la crise sanitaire, Ivan Massonnat affiche malgré tout sa sérénité. Il demande juste… du temps.

Deux ans après avoir signé le rachat du domaine de Jo Pithon en Anjou, ainsi que quelques ha supplémentaires alentours, Ivan Massonnat a lancé officiellement son domaine Belargus (25 ha) à Paris ce 22 septembre. Le nom du domaine est aussi celui d’un papillon bleu présent sur l’un des coteaux mythiques de l’exploitation. Dégustations libres, master-class devant un petit parterre d’invités : journalistes, cavistes, importateurs, quelques amis, pour une présentation de l’ensemble de ses cuvées 2018. L’investisseur – il continue à travailler comme associé dans une société de capital-investissement – a fait le choix avec ses équipes d’une sélection parcellaire, pour l’essentiel, débouchant sur des cuvées d’appellations en blanc sec (Anjou Blanc, Savennières) et de liquoreux, (Coteaux du Layon et Quarts de Chaume grand cru). Du chenin 100 % !

Désormais, place au commerce. Avec deux difficultés, une première conjoncturelle : pas facile de lancer la vente de ses vins, au moment même où tout s’est arrêté, pandémie mondiale oblige. “On a commencé à présenter nos 2018 en février dernier dans les salons professionnels à Angers. Les retours ont été très positifs, avec des commandes. Quelques semaines après, c’était la douche froide. J’avais notamment eu un très bon contact avec un importateur autrichien. La première commande était lancée ; elle n’est jamais partie”, raconte Ivan Massonnat.

La seconde difficulté est structurelle. “Les vins d’Anjou ne sont pas vendus très cher. J’ai volontairement choisi un positionnement haut de gamme, avec notamment une cuvée de blanc sec à 100 € (prix public), d’autres sont à 40. On a un vin d’assemblage à 18. Je voulais une gamme”, détaille le gérant.

10 collaborateurs

Toutes ces difficultés – sans parler du gel de 2019 qui a grillé 80 % de la récolte – n’entament pas la détermination du néo-vigneron, qui s’est entouré de 10 collaborateurs. “On a travaillé différemment, en envoyant des échantillons aux importateurs, et on a commencé à envoyer des vins en Suède, Allemagne, Norvège et en Californie. En France, on a déjà quelques références sur des belles tables et chez des cavistes, mais le travail commercial en est à ses débuts”, raconte celui qui, un pied à Paris, un pied en Anjou, assume deux journées en une, mais affiche sa sérénité, malgré le contexte. “Je sais depuis le départ que ça prendra du temps. J’ai conservé mon premier métier. J’essaie d’équilibrer ma vie professionnelle, ma passion pour ce domaine viticole et ma vie personnelle. Je ne suis pas un idéaliste. Je me donne 10 ans pour réussir”, répète Ivan Massonnat. “On me jugera à ce moment-là”, conclut celui qui ne veut pas être simplement assimilé à un investisseur. Vite adopté par les producteurs angevins qui l’ont propulsé co-président de l’appellation Quarts de Chaume grand cru. 

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