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Inflexion coronavirus

Cognac veut réduire de 10 % ses rendements et de 30 % ses nouvelles plantations

Vendredi 03 juillet 2020 par Alexandre Abellan

« Des besoins de production 2020 estimés à 860 022 hl AP » et « un projet de 2 306 hectares de plantations nouvelles pour 2021 » annonce le l'interprofession.
« Des besoins de production 2020 estimés à 860 022 hl AP » et « un projet de 2 306 hectares de plantations nouvelles pour 2021 » annonce le l'interprofession. - crédit photo : BNIC
Misant sur une relance rapide, le Business Plan de l’eau-de-vie charentaise a parlé : les besoins de commercialisation du négoce et les capacités de production du négoce orientent la filière vers un rendement de 12 hl AP/ha en 2020 et des demandes de 2 300 ha pour 2021.

860 022 hectolitres d’alcool pur doivent être produits ce millésime 2020 valide ce premier juillet l’assemblée plénière du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC), afin de répondre aux futurs besoins de ses marchés (calculés par le Business Plan). Soit un niveau « inférieur de 9,5 % aux prévisions d’avant crise » souligne un communiqué, précisant que la filière charentaise reste « confiante dans un scénario de rebond, conforté par des signes encourageants de consommation émanant de la Chine et de l’Asie, par la résistance du marché américain notamment sur la qualité VS ».

Concrètement, le BNIC évoque un rendement théorique de 10,77 hectolitres d’alcool pur par hectare d’AOC Cognac, qui serait dans les faits de 12,04 hl AP/ha d’après les capacités réelles de production du vignoble charentais (avec des parcelles touchées par le dépérissement, le vieillissement…). Ce rendement représenterait une baisse de 20 % par rapport aux 14,64 hl AP/ha du millésime 2019 (pour un rendement atteint de 10,55 hl AP/ha). Avec le plafond de 12 hl AP/ha, « on revient en fait à des niveaux historiques » explique Florent Morillon, suppléant du représentant des négociants au BNIC. Le directeur amont des cognacs Hennessy souligne que ces calculs de dispersion dépendent également des aléas climatiques (gel, orage de grêle…), qui augmentent mécaniquement le rendement autorisé pour compenser les baisses enregistrées. Chiffré ce début juillet avec un potentiel de production prometteur, le rendement doit être confirmé cette mi-août selon les relevés de la Station Viticole. Sachant que « tout ce qui serait au-dessus de la limite permettra d’alimenter la réserve climatique. Actuellement elle est en moyenne de 0,7 hl AP/ha (alors qu’elle peut monter à 10 hl AP/ha, l’équivalent d’une récolte » précise Florent Morillon.

+2 306 ha

Autre résultat des calculs du Business Plan, le vignoble de Cognac doit demander 2 306 hectares d’autorisations de nouvelles plantations en 2021. Moins que les 3 400 ha initialement prévus, en prenant « en compte la crise sanitaire Covid-19 avec un scénario de rebond à moyen terme » annonce le BNIC. « Ce fléchissement est une adaptation. Par rapport aux 10 000 ha sur ans annoncés en 2018, on sera à 9 000 ha au bout » note Florent Morillon, qui souligne la confiance du négoce dans son rebond commercial et son besoin d’eaux-de-vie. « Nous nous engageons par contrats pluriannuels sur les parcelles bénéficiant d’autorisations de plantation avant les plantations » rappelle Florent Morillon.

Alors que la majorité des vignobles envisagent une réduction de leur production à cause de la crise commerciale du coronavirus, Cognac s’attend à devoir expliquer et justifier son système de pilotage afin d’obtenir les surfaces demandées

 

* : Avec 250 ha demandés en 2016, 800 ha en 2017, 1 500 ha en 2018, 3 474 ha en 2019

 

 

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