LE FIL

Rentrée 2021

Rescapé, le diplôme d’œnologue rénové

Vendredi 26 juin 2020 par Alexandre Abellan

Evoquant la découverte du danger pesant sur le DNŒ, Didier Fages n’a qu’un mot à la bouche ce 25 juin : « la stupeur ».
Evoquant la découverte du danger pesant sur le DNŒ, Didier Fages n’a qu’un mot à la bouche ce 25 juin : « la stupeur ». - crédit photo : Visioconférence sur Zoom
Ayant manqué de disparaître des formations en 2022, le DNŒ profite d’une procédure administrative pour incorporer de nouvelles orientations dans sa formation, ainsi qu’une épreuve de contrôle national et une demande d’équivalence avec le grade master.

« Nous avons failli perdre le Diplôme National d’Œnologue » pose gravement Didier Fages, le président de l'Union des Œnologues de France, lors de son assemblée générale virtuelle ce 25 juin. Encore marqué par la stupeur et la frayeur de cette découverte au début de son mandat, il y a un an, l’œnologue champenois rassure ses 1 400 adhérents : la continuité du titre créé en 1955 est assurée par les négociations en cours avec les ministères de l’Agriculture et de l’Enseignement Supérieur.

Ce début juin, l’Union des Œnologues a proposé une première maquette de formation, avec l’objectif de l’ajuster cet été pour la valider d’ici la fin 2020, afin que le nouveau décret soit promulgué début 2021 et que le nouveau format du diplôme entre en vigueur à la rentrée 2021. Le groupe de travail de l’union profitant de cette urgence administrative pour dépoussiérer le DNŒ, intouché depuis 2007. L’absence de renouvellement du Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNSCP) menaçant la continuité du DNŒ après 2022*, les ministères de tutelle ont demandé le renouvellement du contenu de la formation pour la maintenir (en intégrant des référentiels métiers, en suivant l’employabilité de ses diplômés…).

Contrôle national, enseignements optionnels…

Répondant à ces demandes, l’Union des Œnologues de France en profite pour ajouter de nouvelles unités d’enseignement (par exemple en créant une unité dédiée à l’analyse sensorielle et à la dégustation, en appuyant les enjeux de développement durable…) y compris optionnelles dans les six centres (économie viticole durable à Montpellier SupAgro, connaissance du Champagne à Reims, biotechnologies œnologiques à Montpellier Pharma, éco-conception des vins à Dijon, produits fermentés et distillés à Toulouse et contraction des grands crus à Bordeaux), ainsi qu’un examen national en cours de première année (pour appuyer la vocation nationale du diplôme, avec un socle commun)… Toutes ces réflexions étant assorties de dix propositions aux chefs de centre (voir encadré).

Dans un deuxième temps, l’Union des Œnologues de France prévoit l’équivalence du DNŒ avec le grade de master. L’enjeu étant de faciliter la poursuite d’étude, d’accroître la reconnaissance à l’étranger de la formation et d’insérer plus facilement le titre dans les conventions collectives.

 

* : Ce danger faisant suite à la suppression de la commission consultative du DNŒ en 2013.

 

 

Les 10 propositions de l’Union des Œnologues de France aux responsables de centres de formation

1. Renforcer la formation professionnelle et l’enseignement scientifique et académique prenant en compte d’évolution climatique, environnementale, sanitaire et sociétale et développer les besoins en nouvelles compétences de l’œnologue.

2. Faciliter l’intégration des œnologues dans la poursuite d’études (en France ou à l’étranger) de troisième cycle ou de spécialisations en conférant le grade de Master au DNŒ et renforcer l’image d’excellence du diplôme : doctorat, recherches, grandes écoles, filières à l’étranger.

3. Renforcer l’enseignement de la viticulture et prendre en compte les risques liés au changement climatique tout au long des étapes de la chaîne œnologique.

4. Introduire les nouvelles tendances de production.

5. Intégrer les nouvelles tendances de consommation dans les enseignements.

6. Proposer des lignes guides communes à tous les centres de formation pour la sélection des futurs étudiants au DNŒ.

7. Renforcer la dimension nationale du diplôme.

8. Favoriser la mobilité des étudiants et enseignants des centres d’œnologie des différentes régions viticoles, en France et à l’étranger.

9. Ouvrir les possibilités de double-formation.

10. Renforcer les enseignements nécessaires aux besoins des entreprises de la filière viti-vinicole pour l’exercice de fonction d’encadrement.

 

 

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